mercredi 29 août 2018

L'éducation fait son chemin comme priorité


En fin de semaine dernière, j'ai été agréablement surprise de constater que plusieurs chroniqueurs du Journal de Québec, appelé à commenter la campagne électorale, avait choisi le thème de l'éducation comme point central de leur texte respectif.

Je place ici les liens comme référence et je vous invite à les lire:
L'éducation a souvent eu de la difficulté à se frayer un chemin dans l'actualité. Écoles en ruine, conflits syndicaux, manque de leadership, critiques des programmes, des contenus, etc., les sujets abordés étaient plus souvent qu'autrement négatifs. 

Au pays de l'éducation, les gérants d'estrades sont nombreux. Chacun a son histoire à raconter à propos du système scolaire, son avis à donner. C'est facile, nous y sommes tous passé et nous pouvons témoigner de notre expérience personnelle comme si elle était généralisable!

Au cours de la dernière année, particulièrement, je dois dire que j'ai senti une sorte de changement. L'éducation a fait plus souvent la manchette pour des bonnes raisons. Lab-école, rénovations, plan d'action numérique... Bien sûr, il y a encore des critiques et il en aura toujours mais je trouve que la perception est meilleure. 

Est-ce que c'est le signe que l'éducation deviendrait finalement une vraie priorité au Québec?

Il faut dire que, dans la société numérique dans laquelle nous vivons, la notion d'éducation devient de plus en plus importante et prend une multitude de sens. 

Oui, il y a la formation initiale au primaire et au secondaire. 

Le milieu de vie doit y être riche et stimulant, offrir des défis actuels et à la mesure des talents des jeunes, présenter des opportunités de grandir et d'acquérir des valeurs solides (engagement citoyen, saines habitudes de vie, etc.). 

On peut en appeler à une meilleure intégration des outils technologiques en classe comme outils d'apprentissage, à une meilleure éducation à la citoyenneté (civique et numérique), à des enseignements pratico-pratiques (sexualité, économie, etc.), une plus grande ouverture des écoles dans leur communauté (accessibilité, services en-dehors des heures de classe, etc.).

L'école primaire et secondaire devrait être le lieu pour apprendre à apprendre, pour s'ouvrir à la découverte, développer sa créativité, son sens de l'innovation et l'entretenir.

Lorsqu'on parle d'éducation, il y a aussi le post-secondaire (formation professionnelle, collégiale et universitaire). Ce passage plus ou moins long où l'on fait l'apprentissage d'un métier, tout en s'alimentant de connaissances générales, est déterminant pour chaque étudiant. 

Ici, je crois qu'un effort de mise à niveau des programmes devra être fait au cours des prochaines années, un effort d'attraction et de rétention des étudiants aussi, car ils ont maintenant la planète comme lieu potentiel de formation.

Je suis moins familière avec le post-secondaire, mais je crois qu'une part du défi est de maintenir une adéquation entre les besoins du marché du travail et les formations (tant au niveau de l'offre que des contenus), tout en n'étant pas à la solde des employeurs. La formation de type « culture générale » aura toujours sa pertinence. L'offre régionale et la formation à distance seront certainement des sujets d'actualité également.

Et finalement, il y a surtout l'apprentissage tout au long de la vie. Il ne suffit plus d'avoir acquis un diplôme pour cheminer le reste de ses jours sur le marché du travail. L'acquisition de connaissances et le développement de nouvelles compétences doivent devenir des automatismes. 

C'est pour ça que je dis que l'école primaire et secondaire doit apprendre à apprendre, à développer des réflexes dignes des compétences du XXIe siècle (travail de collaboration, recherche d'innovation, partage de connaissance, esprit critique, etc.).

Et pour les autres qui sont déjà passés par l'école et qui n'y sont plus depuis belle lurette, il devient primordial de poursuivre des apprentissages, de se tenir à jour. Cela est aussi vrai au travail que dans la vie personnelle. Et là, je pense particulièrement aux changements liés au numérique. Trop de gens se font berner, arnaquer sur le web parce qu'ils l'utilisent à tâtons. Trop de gens se retrouvent démunis lors de transformation technologique au travail (implantation d'un nouveau logiciel par exemple). 

L'éducation ne doit plus être perçue comme une activité temporaire de notre existence. Comme si on faisait son temps sur les bancs d'école pour passer à autre chose par la suite. L'éducation doit devenir une activité permanente dans notre existence.

Nous ne pouvons plus vivre dans une société où avoir « juste un secondaire cinq » est acceptable. Malheureusement, je connais encore des jeunes qui se sont arrêtés là dans les dernières années. Mais heureusement, je connais aussi des adultes qui ont décidé d'aller chercher un deuxième ou troisième diplôme après des années sur le marché du travail.

L'éducation n'est pas encore assez valorisé au Québec, mais j'ai comme un pressentiment que cela change rapidement. La génération de jeunes parents actuels est la plus éduquée de l'histoire du Québec. Leurs enfants devraient l'être encore plus et ainsi de suite.... 

Avec la valorisation devrait venir l'accélération dans la modernisation des programmes et du système tout entier, l'ouverture vers de nouvelles possibilités, le développement de nouveaux savoir-faire, etc.

Bref, il faut continuer d'en parler, de dire que l'éducation, c'est important. Il faut continuer de l'écrire et de le répéter à nos enfants, mais aussi à nos parents. L'éducation, c'est une richesse à entretenir!

dimanche 26 août 2018

Quatre ans plus tard... une autre campagne.


Il y a quatre ans, à l'aube de la dernière élection provinciale, j'écrivais un billet pour exprimer à quel point je me sentais orpheline politiquement. Je me désolais devant le fait que « mis à part le poids des médias sociaux, une campagne électorale se déroule en 2014 comme elle se déroulait au siècle dernier ».

La semaine dernière, une nouvelle campagne électorale a été lancée au Québec. Elle sera la plus longue de l'histoire de la province. Il faut dire, malheureusement, qu'en quatre ans, les choses n'ont pas beaucoup changé...

Pendant que le cynisme et l'indifférence gagnait les citoyens, les médias se délectaient d'un scandale après l'autre n'offrant pas toujours un portrait réel de la situation et entretenant le cynisme. Dans ce contexte, il devient de plus en plus difficile de s'intéresser à la chose politique et de penser faire les choses autrement.

Au cours des dernières années, je me suis quand même pas mal intéressée à la politique provinciale. J'ai pris part, pendant 52 semaines, au mouvement du Sandwich du vendredi devant l'Assemblée nationale. Un rendez-vous hebdomadaire réunissant des intéressés de la politique désireux de trouver une solution au cynisme ambiant.

Après un an, nous n'avions toujours pas trouvé de véritables pistes de solution mais chacun continue de cheminer et nous aurons d'autres rencontres. C'est le signe évident qu'il ne sera pas facile de faire bouger les choses et de renverser la vapeur. D'ailleurs, le même constat que nous faisons est régulièrement écrit dans les journaux. Quand réussirons-nous à passer à l'action?

Il y a quelques jours, Clément Laberge, instigateur des Sandwich du vendredi, écrivait ceci:
Je fais aujourd’hui l’hypothèse que c’est notre pratique de la démocratie qui est à la source du problème (de ce que je perçois comme tel). En effet, notre pratique n’a presque pas changé, alors que tout le reste de nos interactions sociales a profondément changé, notamment à travers le développement des technologies. L’interaction est partout, simple, rapide, avec des rétroactions quasi instantanées.  Dans ce contexte, une politique aussi lourde, lente, unidirectionnelle, fermée, et trop souvent basée sur les privilèges plutôt que sur la légitimité ne peut que paraître de plus en plus déconnectée de la réalité et inapte à répondre aux enjeux du moment. Je pense que c’est ça qui me tue.
Je dois dire que je partage tout à fait sa lecture de la situation. Bien des choses ont changé dans notre société, mais on fait de la politique « comme dans l'temps ». Il y a quarante ans, on a terminé la construction du Québec moderne. Puis, il est resté figé comme un ouvrage achevé. Au contraire, il aurait fallu poursuivre son développement (et ce n'est pas faute de défis à relever!).

Alors que les interactions sociales se sont simplifiées, accélérées, la structure politique s'est alourdie, complexifiée. L'appareil politique est devenu un simple outil de gestion de l'État plutôt qu'un outil pour nous propulser en avant, développer de nouvelles idées, des projets porteurs. Il faut dire que la puissance et l'influence des lobby, de même que la rectitude politique poussée à l'extrême n'ont pas aidé et ont probablement nuit au déploiement de certaines bonnes idées.

Et si le modèle politique que nous connaissons avait fait son temps? Et si les chicanes entre partis politiques n'avaient plus leur raison d'être? Et si on ne devrait pas plutôt essayer de faire avancer le Québec tous ensemble? Pourrions-nous réinventer la façon de faire de la politique?

Dans l'immédiat, non... mais avec conviction, j'en suis convaincue, même si le modèle politique persistera.

Comme l'écrit aussi Clément: voter une fois tous les quatre ans, c'est bien, mais ce n'est plus suffisant.

Dans le fond, la solution ne se trouve peut-être pas dans l'implication politique mais dans une implication citoyenne constante et consciente. S'exprimer sur la place publique n'a jamais été aussi facile, rallier des gens autour de projets communs également. Oui, la vie va vite et on manque souvent de temps. Et si on décidait de prendre le temps? Regardons autour de nous au lieu de regarder constamment notre nombril. Le Québec, c'est moi, c'est toi, c'est chacun de nous. Il revient à chacun d'entre nous de faire une petite différence au quotidien. Parfois, cela n'a l'air de rien, mais qui sait?

Il ne faut pas se décourager, ça, c'est certain et il faut continuer de croire que le Québec peut être mieux que ce qu'il est aujourd'hui.

Il serait facile de se boucher les yeux et les oreilles pendant la campagne électorale et d'émerger le 1er octobre. Je ne ferai pas ça. J'ai envie de suivre et analyser la campagne pour pousser ma réflexion plus loin. Le Québec de demain commence aujourd'hui.

À venir: Éducation et numérique au coeur de la campagne.

dimanche 29 juillet 2018

Partager des instants avec le numérique

Parfois, on me demande à quoi ça sert de faire des missions à l'international dans le cadre de mon travail chez Québec numérique... Je vais vous raconter ce qui aurait pu être une anecdote et qui est devenu une aventure pour de jeunes entrepreneurs français. Cet exemple est très probant pour moi et j'en suis assez fière!

Septembre 2017: Je participe à la journée Innovation Day à la IOT Valley de Labège, en banlieue de Toulouse en France. Alexis et Jiri, les deux jeunes entrepreneurs dont il sera question dans ce texte, repèrent Québec numérique dans la liste des participants et me convient à une rencontre dans l'espace B2B.
 Ils me font découvrir le Familink, leur cadre connecté qui permet à plusieurs membres d'une famille d'envoyer des photos à un aîné qui n'est pas branché ni abonné aux médias sociaux de ce monde. L'objectif: rester en contact, faire vivre des moments, partager des photos, des souvenirs.

Wow! J'ai un coup de coeur instantané pour ce cadre. Il va plus loin que le traditionnel cadre numérique que nous connaissons tous. Il permet d'envoyer à distance, via une application, des moments captés sur le vif. Plusieurs membres d'une même famille peuvent contribuer, peu importe le lieu où ils trouvent. Dans l'application, tous voient les photos des autres. Une légende peut être ajoutée. L'application permet de savoir si l'image a été reçu ou non, par qui elle a été envoyé.

L'aîné qui les reçoit peut réagir en « aimant » la photo. Une notification est alors envoyé à l'expéditeur. Le cadre peut fonctionner sur un réseau wifi ou via le réseau cellulaire avec la carte sim qui est intégré à l'intérieur, donc même si la personne n'a pas Internet à la maison, ça fonctionne.

Alexis et Jiri voulait me présenter leur produit et me parler d'une possible commercialisation au Québec. Je les ai encouragé à joindre la délégation française de l'OFQJ qui se préparait pour la Semaine numérique de Québec 2018. Je crois que, lorsque l'appel de candidature a été lancé, ils ont été parmi les premiers à s'inscrire!

Avril 2018: Mes deux amis de Familink prennent part à la Semaine numérique de Québec. Puisque leur objet connecté s'adresse à un public d'aîné, je les invite à venir faire un tour au WAQ Sénior, événement présenté par Québec numérique afin de mieux outiller les aînés à utiliser les technologies.

C'est ainsi qu'ils rencontrent le ministre canadien de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, qui vient aussi faire son tour et qu'ils leur présentent leur cadre. Ils rencontrent aussi des participants et des animateurs d'ateliers, comme Christian Dumont.


Ils me laissent aussi un cadre afin que je puisse en faire l'expérimentation pour vrai. À l'occasion de la fête des Mères, je l'offre à la grand-mère de mon conjoint. Elle est tellement fière d'avoir le premier Familink au Canada (enfin, je crois que c'est ça.). Plusieurs membres de la famille sont alors réunis et se créent un compte pour lui envoyer des photos. Nous sommes une bonne dizaine.

Depuis, il ne se passe pas une semaine sans qu'elle reçoive des photos. Sa petite-fille en voyage en Grèce, son petit-fils qui habite Vancouver, ma petite famille en week-end au chalet, mon chum qui lui montre un patio qu'il a construit, quelques membres de la famille réunis pour un souper, des moments croqués sur le vif qui n'auraient pas été partagés autrement.

Un soir, mon chum a même reçu un appel téléphonique de sa grand-mère qui souhaitait lui parler de la photo qu'il lui avait envoyé dans la journée. Jamais sa grand-mère ne l'avait appelé avant.

Bref, le Familink permet d'entretenir des liens et de créer des souvenirs d'une façon nouvelle! La preuve de concept est faite. J'étais déjà convaincue, je lui suis encore plus!

Juillet 2018: Je ne connais pas tous les détails de ce qui s'est passé depuis le passage de Alexis et Jiri au Québec. Je sais seulement qu'ils m'ont envoyé un courriel cette semaine. Le Familink fera son entrée au Canada. Ils débutent la commercialisation sous peu. Une conférence de presse est organisée à Québec le 14 août. Christian Dumont les accompagne dans leur démarche.

Ça me fait chaud au coeur de voir le chemin parcouru depuis un an. Cela permet de constater qu'au fil de rencontres, tout est possible!

Je ne connais pas encore le lieu ni l'heure de la conférence de presse. À mon plus grand désespoir, je ne pourrai y être, car je serai en vacances en Gaspésie, ce qui était prévu depuis des semaines.

Par contre, j'espère que la communauté numérique de Québec, et tout autre personne s'intéressant à ce produit innovateur visant à briser l'isolement chez les personnes âgées, seront présentes pour l'événement!

vendredi 8 juin 2018

La veille du départ


Ce soir, j'ai bouclé ma valise. Demain, je pars. Je vais vivre une aventure de groupe, retrouver des amis, je vais découvrir de nouveaux projets à saveur numérique, faire de nouvelles connaissances, m'inspirer, me ressourcer.

J'ai définitivement besoin de ce moment d'évasion que notre mission économique, numérique, à Angers et Nantes, me permet. Sortir de la routine pour voir la vie autrement, les projets différemment et pouvoir me préparer un plan de match clair et précis pour le reste de l'année 2018.

Je sais déjà que ce genre de mission peut être très positif pour faire naître des collaborations, pour favoriser le partage et faire émerger des projets.

L'an dernier, à Angers, j'ai rencontré Guillaume Carpentier, chargé de mission Santé pour Angers Loire Développement (ALDEV, pour les intimes!). Cette année, il était conférencier lors de la journée Santé + Numérique à Québec. Lors de la visite de la Cité de l'objet connecté, plusieurs participants sont littéralement tombés en amour avec la Love Box. Celle-ci était présentée au Musée de la Civilisation de Québec pendant l'événement Les objets du futur en avril dernier.

En 2017, à Nantes, pendant le Web2Day, j'ai fait la connaissance de Sandrine Théard, de la Source humaine. Cette année, Sandrine était conférencière au WAQ. Une collègue a rencontré le conférencier Fred Colantonio et l'a invité à présenter une conférence inspirante lors du Forum des innovations culturelles 2018.

Les autres participants de la mission 2017 ont probablement des histoires semblables à raconter.

Cette année, je suis fébrile de vivre cette nouvelle expérience de groupe et j'ai hâte de voir les nouvelles découvertes que je pourrai faire pendant ma semaine française. Une mission, ce n'est pas des vacances! Je garderai donc l'oeil et les oreilles attentives à toute possibilité.

Une mission, c'est l'occasion idéale de multiplier les rencontres. Je sais que je me répète mais le numérique ne remplacera jamais le contact humain, le plaisir d'être ensemble, de discuter, de fraterniser. Le numérique vit au rythme des humains qui l'imagine et le conçoive. Le fait de prendre part à une mission internationale permet d'élargir ses horizons et d'apprivoiser de nouvelles façons de faire.

En même temps, je souhaite profiter de la mission pour prendre le temps de respirer un peu et voir plus clair dans certains dossiers. Prendre un moment pour moi, terminer mon bilan personnel et professionnel de la première moitié de l'année (pas déjà!) et orienter la suite. Les derniers mois sont allés vite, trop vite par moment, et rien n'indique un ralentissement. Alors, il faut apprendre à mieux contrôler la vitesse, à maîtriser les situations pour ne pas se perdre, perdre le contrôle, perdre son identité et ses valeurs.

Au moment où j'écris ces lignes, je me dis justement que parmi mes valeurs fondamentales, il y a la famille. Et pourtant, en ce moment, il y a toute ma famille qui est réunie à Rimouski pour souligner un autre genre de départ. Le départ de ma tante, si vivante, si chaleureuse, parti trop jeune, trop vite. Autant j'ai hâte de partir pour la mission en France. Autant, ce soir, j'aurais préféré être avec eux.

Demain, c'est le grand départ.

mardi 24 avril 2018

Savourer l'instant et marcher la tête haute


Ce soir, j'ai repris la course après avoir hiberné tout l'hiver. Après avoir fait le bilan de la Semaine numérique de Québec avec l'équipe de Québec numérique ce matin, c'est ce qu'il me fallait pour reprendre mon souffle et trouver les mots pour décrire ce que j'ai vécu pendant cette incroyable semaine. 

Ce grand rendez-vous du numérique a rassemblé à Québec tellement de gens provenant d'horizons différents. Des passionnés, des curieux, des habitués, des néophytes. Travailleurs et familles étaient invités à en apprendre un peu plus sur l'univers des technologies, à parfaire leurs connaissances, à découvrir de nouvelles possibilités.

La Semaine numérique aura été...

  • Un tourbillon d'événements;
  • Des rencontres plus riches les unes que les autres;
  • Des partages tout aussi incroyables;
  • Des apprentissages tellement nombreux.

Ce que j'en retiens...

  • L'immense travail d'équipe derrière le succès de l'événement;
  • L'implication inestimable des nombreux bénévoles;
  • Le leadership nécessaire de Québec numérique;
  • La vitalité de la communauté numérique de Québec.

Pour moi, cette Semaine aura été particulièrement riche en émotion. Pour la première fois, j'étais à la tête de Québec numérique, à la tête de cette grande réalisation. La programmation était chargée, mais nous l'avons livré. Les événements étaient pratiquement tous à guichet fermé. Un mot ici: Fierté.

Du début à la fin, je me suis laissée transporter par la vague des rencontres et des événements. J'étais en confiance que tout se déroulerait bien. Mon souhait était d'en profiter au maximum et de ne pas laisser le stress l'emporter. Au final, je crois que j'ai réussi.

Le numérique, les technologies, l'informatique, le web ou appelez-le comme vous voulez mérite encore d'être expliqué, décortiqué, présenté. Les activités grand public sont plus nécessaires que jamais pour permettre à toutes les générations de vivre le numérique positivement. Dans notre monde en transformation, même les travailleurs doivent continuellement mettre leurs compétences à jour afin de suivre la parade, se renouveler, découvrir de nouvelles applications dans leur domaine.

À travers les activités de la Semaine numérique, mon objectif demeurait le même: que chacun puisse trouver en quoi le numérique peut lui être utile et qu'il puisse l'utiliser à bon escient, de multiples façons.

Mais la Semaine numérique, c'est aussi et surtout de favoriser les rencontres et le partage pour que les gens se côtoient, se découvrent des atomes crochus et des projets communs. L'humain doit demeurer au centre de toute l'effervescence numérique en tout temps!

Aujourd'hui, je retombe sur mes pattes après avoir survolé le temps l'espace de dix journées incroyables et plus, le temps de m'en remettre. L'impressionnante couverture médiatique témoigne qu'il s'est réellement passé quelque chose à Québec! J'ai aussi reçu des témoignages par courriel ou sur les réseaux sociaux tous plus élogieux les uns que les autres.

L'heure est au bilan. Je crois que nous avons réussi à faire la démonstration que la Semaine numérique est réellement devenue un incontournable de l'agenda printanier à Québec, qu'il y a une communauté forte et dynamique qui ne fait pas les choses comme les autres à Québec (t'sé le mystère Québec), qui est capable de collaborer et de s'engager activement dans le changement.

Reste maintenant à poursuivre dans cette voie. Des choix s'imposeront dans les prochaines semaines. Ce sera à moi, à l'équipe, de décider ce que nous voulons faire de ce rendez-vous annuel, à la lumière de nos moyens et de nos ambitions.

Il est facile de s'emporter et de vouloir tout faire. Ma devise sera maintenant: n'oublions jamais l'essentiel, respectons nos valeurs profondes et notre capacité d'action. Mais, en même temps, affirmons notre leadership et marchons la tête haute!


jeudi 8 mars 2018

Dans les coulisses de la Semaine numérique de Québec

Aujourd'hui, tout le monde vous a parlé de la Journée internationale de la Femme.... Moi, j'ai envie de vous parler d'autre chose. J'ai envie de vous parler du grand tourbillon dans lequel l'équipe de Québec numérique est plongée. Nous sommes à 28 jours du début de la Semaine numérique de Québec et ça avance vite, de plus en plus vite. 

La Semaine numérique de Québec, c'est le grand projet annuel de Québec numérique. Une vingtaine de collaborateurs, des dizaines de partenaires, des bénévoles indispensables, 25 événements qui se tiendront du 5 au 15 avril. Donc, 10 jours de conférences et d'activités pour les professionnels et le grand public qui permettront de « décoder la technologie », de rendre le numérique plus concret.

L'éducation, la santé, la réalité augmentée, le web, la culture, l'intelligence artificielle, la mobilité, le commerce électronique, la sécurité informatique, tous ces secteurs d'activités sont transformés par le numérique. Et il y en a d'autres. Le numérique est partout et c'est ce que nous voulons refléter dans la programmation.

Les objets du futur s'inviteront au Musée de la civilisation. Les 10 à 14 pourront s'initier à la programmation et apprendre quelques bons trucs d'utilisation de YouTube lors du WAQ Junior. Le WAQ Sénior offrira aux personnes âgées de 50 ans et plus des pistes et des outils pour que le numérique contribue à leur qualité de vie. Une foule d'autres activités seront offertes dans le réseau des bibliothèques de la Ville de Québec.

La Semaine numérique, c'est une des raisons pour laquelle j'ai joint l'équipe de Québec numérique l'année dernière. Le désir de partager les avantages du numérique, de faire découvrir ses multiples possibilités, de pouvoir avoir un impact dans la communauté pour encourager ses usages...

Ça fait un an à peine. On dirait que ça fait beaucoup plus longtemps! Ça a été vite, très vite, au cours de la dernière année. Heureusement que je suis entourée d'une superbe équipe, qui a aussi heureusement grandi au cours des derniers mois! Une équipe de passionnés qui se rallient à l'effervescence numérique!

Martin, le maître d'orchestre de la Semaine numérique. Marine, la passionnée de culture numérique. Claudine, la jongleuse professionnelle entre tous les projets de communication. Mathieu, l'assistant qui a permis à Martin de respirer un peu. Marion, notre stagiaire française, qui découvre le Québec à vitesse grand V. Christine, qui seconde Marine dans l'organisation du Forum des innovations culturelles (FIC). Annie, madame Stratégie numérique pour le FIC, jamais très loin pour m'épauler. Samiha, nouvellement en poste comme chargée de projet Accompagnement en culture numérique, qui découvre une faune grouillante de projets.

À eux, je dois ajouter tous les bénévoles qui s'activent pour le WAQ, l'ensemble des collaborateurs qui contribue de près ou de loin à la Semaine numérique de Québec, le CA de Québec numérique aussi qui nous donne pratiquement carte blanche pour avancer. Je ne nommerai pas tout le monde de peur d'en oublier.

Sans vous, les dernières semaines n'auraient pas été les mêmes. Alors que j'étais malade (et vraiment pas forte!), vous avez assuré! Certains d'entre vous ont été malades aussi. Bref, on ne l'a pas eu facile! Mais, on travaille en équipe et on va livrer une super Semaine numérique, à la hauteur de ce qu'on avait imaginé. Au début de l'année 2018, je faisais le souhait de ne pas perdre la magie. Cela demeure ma priorité!

Donc, je voulais vous dire « Merci! ». Les prochaines semaines vont passer rapidement. Le tourbillon va s'accélérer. Et le 5 avril, on va être prêt pour ce grand moment de l'année, j'en suis convaincue!

dimanche 7 janvier 2018

Le numérique aura la vie dure

Le Québec a lancé sa première Stratégie numérique avant Noël (Enfin!)... mais tel que prévu, sa concrétisation ne sera peut-être pas si simple.... La résistance prendra toute sorte de forme et proviendra de différents endroits. Il faudra que les convaincus soient plus convaincus que jamais pour avancer vers une meilleure intégration du numérique dans la société québécoise et chez les Québécois eux-mêmes.

L'année 2018 est à peine débuté que les signes de résistance refont surface: nostalgie du livre papier par rapport au livre numérique, place des technologies dans l'enseignement au secondaire et au collégial remise en question, etc.

Concernant le livre papier, je rappellerai seulement que celui-ci ne doit tout simplement pas être placé en opposition au livre numérique puisque les deux médiums existent en complémentarité. Clément Laberge fournit une réponse très complète sur son blogue.

Je citerai ce passage:
«... le livre numérique ne se développe pas dans le but de remplacer le livre imprimé, mais plutôt pour répondre à des besoins auxquels le livre imprimé ne répond pas adéquatement.»
Et surtout n'oublions pas le fait que le livre imprimé a aujourd'hui grandement besoin de l'environnement numérique pour se faire connaître et qu'il fait partie d'un univers culturel où le numérique est omniprésent.

Ensuite, concernant la place du iPad dans les écoles du Québec, celui-ci est de plus en plus utilisé par des élèves du primaire et du secondaire. Par contre, lorsque ceux-ci arrivent au Cégep, ils retrouvent un environnement d'enseignement plutôt traditionnel où le iPad et les technologies en général sont peu utilisés.

Selon une étude de Patrick Giroux, « ces finissants du iPad constatent une "cassure" lorsqu'ils arrivent au cégep, ce qui "soulève des questions" ». Face à cette situation, le pdg de la Fédération des cégeps se contente de mentionner que les cégeps ne doivent pas être considérés comme étant en retard et que l'autonomie professionnelle des enseignants priment dans le choix des moyens d'apprentissage. Hum... hum...

Et face à cet enseignant dans un cégep qui ne disposerait « d'aucune autre alternative pour obtenir l'attention de ses étudiants » que son tableau vert et sa craie, Mario Asselin propose une réponse très efficace à laquelle j'adhère.

Il se dit déçu de constater que des profs tombent dans le piège de se mettre en compétition avec les écrans de leurs élèves alors qu'ils pourraient tout simplement les utiliser comme source d'apprentissage. Il soutient aussi que l'activité d'apprendre est « transformée par le numérique » et qu'il serait temps d'en prendre conscience.

Le réseau collégial aura certainement du rattrapage à faire dans les prochaines années, surtout alors qu'on sait déjà que le taux de décrochage y est en hausse.

Tout ceci pour dire que, dans plusieurs sphères de la société, il existe encore énormément de résistance face au numérique.

Pourtant, il est plus que temps d'arrêter de se mettre la tête dans le sable. Le numérique avance et avance de plus en plus vite. Si, pour certaines personnes, il est encore acceptable que le virage numérique ne se fasse pas. Pour d'autres, cela deviendra complètement inacceptable. Pour ceux-là, si vous ne vous situez pas par rapport au numérique, vous n'existerez tout simplement pas.

Je pense ici principalement aux jeunes (et moins jeunes) qui préfèrent commander aux bornes automatiques du McDo plutôt que d'avoir à parler à un caissier, qui passent des commandes mobiles pour éviter les files d'attente pour un café au Tim Hortons, qui n'hésitent pas à utiliser les caisses libres-services au Wal-Mart, qui s'auto-forment sur différents sujets avec des vidéos sur YouTube, qui ne savent même pas qu'avant, on achetait des albums musicaux de 12 pièces plutôt qu'à l'unité dans des «playlists» suggérés par un algorithme, qui sont convaincus que la plupart des voitures seront conduites de façon autonome dans 5-6 ans.

Pour ces jeunes-là et les autres, vous aurez beau résister face au numérique tant que vous voudrez, eux, ils continueront d'avancer et vous ne ferez pas partie de leur monde.

La Stratégie numérique du Québec a été lancée. C'est la pointe d'un iceberg qui sera probablement difficile à manier, surtout si aucun leadership politique ne se fait entendre. Elle symbolise l'ampleur du travail à accomplir pour transformer des façons de penser, des façons de faire, tout un système.

Lancée à l'aube d'une année électorale qui pourrait venir changer la donne, la Stratégie pourrait bien avoir la vie dure et sa mise en application de façon claire et définitive n'est pas assurée. D'autant plus qu'on note généralement un « manque d'intérêt pour les enjeux liés à l'avènement des technologies numériques » de la part des politiciens et de leur parti, comme l'écrit Clément Laberge. Pourtant, eux aussi auraient tout avantage à se positionner face au numérique.

Soyons optimiste! 2018 ne fait que commencer. Personnellement, je reprends mon bâton de pèlerin et je repars pour une année de partages et de découvertes numériques.