dimanche 10 octobre 2021

Techno et développement durable

Au fur et à mesure que l'on s'intéresse à la lutte aux changements climatiques et au développement durable, les regards se tournent sur les impacts du numérique sur notre planète et notre société. La pandémie a particulièrement mis ses préoccupations en exergue. 

Aujourd'hui, des études révèlent que le secteur des technologies est responsable de 3% (certains disent 4%) des émissions mondiales de carbone, ce qui équivaut aux émissions du secteur aérien. De ce 3-4%, plus de 15% seraient attribuables uniquement aux centres de données informatiques (le fameux « cloud »). Quand même, hein?!

Cet automne, je suis inscrite au cours Les SIO et le développement durable à l'Université Laval. Je crois que c'est le « timing » parfait pour suivre ce cours. Alors qu'il y a quelques années, ceux qui parlaient de GreenIT se faisaient regarder un peu bizarrement, le terme ecoTIC (belle traduction) a maintenant fait son apparition dans le vocabulaire. De plus, les projecteurs se tournent de plus en plus vers les 17 objectifs du développement durable de l'ONU (vous savez, la petite épinglette multicolore du Dr Aruda?).


Et puis, l'actualité est riche en sujets à aborder à chaque semaine sur tous les aspects (économique, social et environnemental) de l'impact des technologies dans notre société. Google a annoncé la semaine dernière qu'il allait offrir l'option du trajet le plus écolo aux utilisateurs de son service d'itinéraire. L'Union européenne voudrait imposer un port de chargement unique pour l'ensemble des appareils électroniques. La multiplication des centres de données amène des questionnements sur l'utilisation de l'énergie et suscite la recherche d'une infonuagique plus responsable (le « fog » ou le « edge » computing). Et même l'éthique des travailleurs du numérique devient préoccupant (lire ici, les Facebook files). Cela va bien au-delà de l'obsolescence programmée dont on parle aussi depuis quelques temps.

Chaque discussion pendant le cours, et aussi sur le forum entre les étudiants, ramène inévitablement à l'importance d'être dans la nuance. Tout n'est jamais noir ou blanc. Pour chaque décision que l'on prend (effet direct), il y aura un effet pervers ou un contre-coup (effet indirect). Les technologies peuvent faire à la fois partie des solutions et des problèmes.

J'aime l'idée que le numérique peut faire partie des solutions pour un développement plus durable. Mais il faudra l'utiliser de manière plus réfléchie, plus stratégique. Il faudra prendre le temps de se poser les bonnes questions et d'y répondre en pesant tous les aspects. À chaque époque ses enjeux éthiques!

Gilles Babinet du Conseil national du numérique en France, abonde dans ce sens aussi. Il cite l'exemple de l'optimisation des chaînes de transport logistique, mais aussi celui du chauffage intelligent que nous pouvons installer chez soi. Ce ne sont que deux propositions parmi tant d'autres. Les exemples sont nombreux.

La mi-session arrive bientôt. Et l'examen, en présentiel! Je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre comme examen. Ce que je sais, c'est que ce cours est riche en réflexion et qu'il démontre l'omniprésence du numérique dans nos vies, ses multiples facettes et la nécessité (l'urgence?) de se questionner sur nos usages et nos comportements. Je vous en reparle bientôt!




dimanche 3 octobre 2021

La revanche du numérique mais...

 


La dernière année et demie a été un peu comme la revanche du numérique pour ceux qui n'y croyait pas vraiment, qui tardaient à emboîter le pas, qui essayait encore de se mettre la tête dans le sable. Que cela leur déplaise ou non, le numérique a fait en sorte que la planète n'a pas arrêté de tourner et que la vie a pu continuer d'une certaine façon.

Nos enfants sont « allés » à l'école, nous avons acheté des biens essentiels (ou non) en ligne, nous avons gardé le contact avec nos parents et amis, nous avons travaillé (beaucoup trop) derrière nos écrans, etc. 

Il faut parfois un électrochoc pour entraîner le changement. Celui-là en a été tout un.

Finalement, certaines personnes se sont rendues compte que ce n'est pas si pire que ça, le numérique, et elles ont appris à vitesse grand V. En un an et demi, on a gagné un bon dix ans d'évangélisation pro-numérique.

Maintenant, un effet pervers nous guette. Celui de prendre pour acquis que, désormais, TOUT le monde est numérique et comprend comment ça marche.

C'est ici que la notion de compétences numériques entre en ligne de compte et qu'il faut faire quelques nuances.

Bien avant la pandémie, on parlait de fracture numérique - entre les utilisateurs et les non-utilisateurs de technologies, entre les branchés à Internet à basse ou à haute vitesse. La fracture numérique se dessine aussi de plus en plus parmi les utilisateurs du numérique eux-mêmes.

« Le fossé numérique continue de se creuser en raison de la pandémie, et les "maîtres du changement" définiront l'avenir », lit-on dans un communiqué de presse de l'entreprise de services-conseils Accenture.

Bref, ceux qui avait une longueur d'avance continuent de progresser. Pour les autres, ce n'est pas parce que tu as un téléphone mobile entre les mains que tu es compétent numériquement. Ce n'est pas parce que tu as un compte Facebook que tu es nécessairement un utilisateur avisé du Web. Ce n'est pas parce que tu as commandé des biens sur Amazon que tu es à l'abri des cyberfraudeurs.

La compétence numérique se décline de multiples façons. Au Québec, le ministère de l'Éducation la segmente en 12 dimensions : habiletés technologique, pensée critique, culture informationnelle, collaboration, production de contenu, etc. J'ai récemment publié sur le site de l'École branchée un article qui présente 3 outils pour évaluer sa compétence numérique.

Bref, la compétence numérique, c'est quelque chose de complexe et cela demandera qu'on s'y attarde... et pas seulement auprès des jeunes. Lorsqu'on pense à la compétence numérique, on pense tout de suite aux écoles et aux jeunes. Mais, il y a des adultes, des travailleurs, des personnes âgées qui ont tout à gagner à mieux saisir les subtilités de cet univers. 

Pour le moment, les initiatives sont éparses et souvent fragiles, dépendantes de financement public non-récurrent. Communautique offre des formations pour les personnes en situation de pauvreté. Alphanumérique offre des formations en ligne et dans les bibliothèques. D'ailleurs, une bonne partie des activités de littératie numérique passe par les bibliothèques, principalement dans les grandes villes. En région, c'est plus difficile. 

On aurait tout à gagner à mieux organiser et à pérenniser ces initiatives. Autrement, tout le monde apprend sur le tas, comme on dit, et pas toujours de façon adéquate.

Les jeunes

Je dis qu'il ne faut pas seulement parler des jeunes, mais il faut bien sûr en parler. L'un de mes cheval de bataille, depuis plusieurs années, c'est d'ailleurs le développement de la compétence numérique chez les jeunes.

Je fais notamment partie de la Table de concertation intersectorielle et interrégionale en littératie numérique au Québec. Il s'agit d'une initiative du Secrétariat à la jeunesse du gouvernement du Québec, qui est piloté par le Printemps numérique. J'y suis à titre de représentante de l'École branchée. J'y suis aussi par intérêt personnel. Nous nous rencontrons périodiquement pour partager des réflexions et actions potentiels. 

Plusieurs adultes croient, à tord, que les jeunes natifs du numérique sont des supers utilisateurs des technologies. Oui, ils savent « gamer » pendant des heures, publier des statuts sur des réseaux sociaux, se connecter en réseau avec leurs amis. Mais...

Savent-ils compléter un formulaire administratif en ligne? Savent-ils utiliser un logiciel de traitement de texte pour écrire leur CV, par exemple? Savent-ils rechercher des informations de façon structurer sur le Web? Tout ceci doit s'apprendre.

Des auteurs parlent aujourd'hui de jeunes analphabètes numériques. Le professeur français Jean-François Cerisier écrivait récemment dans un article : « Il faut reconnaître que les pratiques intensives et la dextérité dont la plupart d'entre eux font preuve dans l'utilisation de leurs smartphones nourrissent efficacement une illusion d'expertise ».

Accompagner les jeunes dans leur utilisation des technologies n'aura jamais été aussi nécessaire. Je ne pense pas que c'est en instaurant une semaine sans réseaux sociaux qu'on arrivera à quelque chose de concluant. Il faut d'abord accompagner les enseignants et les parents afin que ceux-ci se sentent mieux outillés et comprennent un peu mieux de quoi il en retourne avec les enjeux et les défis du numérique, et aussi avec toutes ses possibilités.

Cette semaine, lors de la Consultation sur la santé des jeunes et l'utilisation des écrans, on a dit que « les parents d'aujourd'hui seraient "démunis", déboussolés et en quête de balises » au sujet de l'utilisation des appareils technos par leurs enfants. On a aussi dit : « Les professeurs ont besoin d'informations et de ressources pour utiliser judicieusement la technologie ». C'est révélateur. 

La pandémie a forcé tout le monde à prendre l'autoroute du numérique. Maintenant, nous devons prendre le temps de lire le manuel de l'utilisateur et le code de conduite pour être certain de ne pas faire trop d'accident et de poursuivre notre chemin en toute confiance.

La pandémie a mis en lumière l'importance cruciale de la littératie numérique dans notre société. Saisissons l'occasion pour favoriser l'apprentissage pour tous et ne passons pas à côté de ce moment historique.



vendredi 3 septembre 2021

Organisation 101 (ou à peu près)

 

Il y a quelques semaines, j'ai publié un billet que je concluais en disant que j'étais à la recherche de suggestion pour mieux organiser mon temps, pour mieux me concentrer sur des tâches à réaliser et pour avoir un horaire de travail moins éclaté.

Quelques personnes m'ont fait des suggestions et j'ai commencé à expérimenter quelques trucs. Je tenais donc à faire un retour afin de garder des traces de ma démarche. Qui sait, cela pourra peut-être aider d'autres personnes? L'organisation du temps et du travail semble quand même une préoccupation pour plusieurs personnes. 

D'ailleurs, je remercie Stéphanie Paquet, Audrey Miller, Mélanie Jacob et David Lessard, qui m'ont répondu sur LinkedIn et qui m'ont inspiré.

Alors, voici mon humble contribution au temple de l'organisation :

- Faire une liste des  choses à faire pour la semaine : Le dimanche soir, je fais une liste de choses à faire. Je vide mon cerveau de tâches autant personnelles que professionnelles. Un peu comme le suggérait Mélanie Jacob. Je les coche au fur et à mesure qu'elles sont réalisées. Pour le moment, je les mettais en désordre. Une amie me suggère de faire un autre tri et de les classer par « urgent » et « important » ou non. 

Au fur et à mesure que la semaine avance, je refais la liste avec des tâches plus micro qui s'ajoutent et je me fixe des objectifs à atteindre pour la fin de la semaine. Le vendredi, j'ai une liste précise de tâches à faire et quand je les ai accomplies, je me permets d'arrêter, quitte à reprendre quelques trucs le samedi matin (mais pas plus). Je dois décrocher après.

- Définir des plages horaires et se concentrer : Le dimanche aussi, je revois mon agenda de la semaine. Je bloque des cases dans mon agenda (matinée ou après-midi) pour des clients et des tâches spécifiques (rédaction, recherche, appel, etc.). Et surtout, je m'en tiens à cela! Cela m'aide vraiment à garder le cap sur un mandat précis à la fois.

Lorsque j'embarque sur un bloc, je me donne un objectif en fonction des tâches à réaliser et je me concentre là-dedans. Lorsque je vois que mon esprit divague, je prends une pause, normalement après 45-50 minutes, comme dans la méthode Pomodo, suggérée par Audrey, qui semble se faire naturellement.

- Fermer les notifications : Ah ces fameuses notifications. Elles proviennent de partout et peuvent concerner autant le perso que le pro. Pour certaines périodes de la journée, il faut mieux les fermer complètement ou les ignorer. J'y arrive plutôt bien jusqu'à maintenant. Lorsque l'heure du dîner approche, je me permets de jeter un regard et en milieu d'après-midi. Mais je me rends compte que c'était devenu une source importante de distraction pour moi.

Même pour le « petit coup d'oeil » qu'on jette aux médias sociaux. Je limite vraiment mon temps et quand je vois des articles intéressants, je les enregistre pour plus tard. Une fois par semaine, je refais le tour de mes enregistrements et je lis ce qui m'intéresse encore puis j'annule les enregistrements.

- Utiliser la fonction Programmer l'envoi pour les courriels : Je regarde moins mes courriels en cours de journée. Je ferme même complètement mes Gmail (oui, oui, mes!) à certains moments. Je fais un blitz de suivi en fin de journée ou le soir (oui, je n'y échappe pas) mais je programme les envois pour le lendemain. (Si vous recevez des messages de moi, le matin, je suis démasquée, je les ai peut-être rédigés en soirée.)

- Utiliser une étiquette « En attente d'un retour » dans ma boîte de courriels : À la suggestion de Stéphanie Paquet, j'ai créé un dossier « En attente ». Je dépose tous les courriels que j'envoie et pour lesquels j'attends une réponse. Je vais prendre l'habitude d'y jeter un oeil régulièrement afin de relancer les destinataires au besoin. Cela aide grandement à alléger la charge mentale.

- Prendre une vraie pause le midi : Pendant longtemps, je me suis entraînée le midi pour décrocher. Depuis que je travaille de la maison à temps plein, j'ai plus de difficulté à arrêter le midi. Pourtant, ça me fait tellement de bien! J'ai essayé l'entraînement le matin, mais je préfère le midi, car ça permet vraiment de couper la journée en deux. Certains jours, il faut que je me parle fort pour arrêter pour vrai. Autrement, je continue à travailler mais à 15h, je suis creuvée.

- Arrêter en fin de journée (quitte à reprendre un peu plus tard) : Lorsque la journée a été productive, je dois arrêter de me sentir coupable d'arrêter à 16h de travailler. Généralement, je continue quand même jusqu'à 17h environ, quand ma fille revient de l'école. Là, je ferme l'ordi (pour vrai), quitte à reprendre plus tard en soirée, mais pas sans avoir été prendre une marche à l'extérieur après le souper. Je me rends compte que cette coupure franche fait terriblement de bien à mon cerveau.

- Se donner le droit à l'erreur : Par-dessus tout (et cela devrait probablement être le premier point), je me donne le droit à l'erreur. Ce ne sont pas toutes les journées qui se déroulent comme prévu. Parfois, tout fout le camp pour X raisons. Pis, c'est ben correct, il faut l'accepter. Il y a aussi des journées où je suis plus fatiguée et donc moins productive, mais elles sont plus rares, depuis que j'ai aussi repris le contrôle sur mes heures de sommeil (ce serait une autre histoire à raconter).

Je suis encore en expérimentation. Je le serai probablement toujours de toute façon. Mais au moins, depuis quelques semaines, j'ai l'impression d'avoir repris le contrôle, d'être moins éparpillée et d'arriver à être plus productive. C'est un gros plus pour moi. Je continuerai de rester à l'affût de nouveaux trucs, mais je crois avoir déjà trouvé une formule pas pire gagnante pour quelque temps.

Continuez de partager vos trucs et, si vous essayez les miens, vous m'en donnerez des nouvelles!


mardi 31 août 2021

Une rentrée pas comme les autres

 



Hier était jour de rentrée scolaire. Nouvelle école. Nouveau programme. Cela annonçait donc de nouvelles péripéties. Il n'en fallait pas plus pour que j'ai envie de reprendre le clavier pour vous raconter quelques anecdotes croustillants en lien avec le retour à l'école de ma fille.

La rentrée scolaire est toujours un moment de fébrilité. C'est stressant et enthousiasmant en même temps.  Une rentrée sous la pluie, fait plutôt rare, disons-le, cela ne pouvait pas être une journée comme les autres.

Dès que ma fille a commencé à me raconter sa journée à son retour, j'ai été propulsé dans une sorte de « flashback ». Je suis dit que, finalement, le secondaire, c'était pas mal pareil qu'il y a 25 ans!

Depuis trois ans, elle évoluait dans un programme avec iPad. Le seul objet qu'elle transportait à tous les jours. Le choc a été intense pour elle, lorsqu'elle s'est rendue compte qu'elle aurait besoin d'un « énorme » cartable par matière. Moi, j'étais utopiste (comme toujours) et je me disais que ça ne serait pas si pire que ça de revenir à un mode plus traditionnel. Mais disons que le papier a encore un bel avenir dans nos écoles. Surtout avec un agenda où la moitié des pages sont des règlements et consignes.

Au-delà du papier, ce qui me renverse, c'est l'attitude de certains enseignants qui entrent en classe et « embarquent » dans le programme, sans même demander « Comment ça va? » à leurs élèves. Des élèves qui entrent dans une nouvelle école pour la plupart, qui sont donc dans un nouvel environnement et qui viennent de sortir d'une année scolaire chaotique, soit dit en passant. Un peu d'empathie pourrait être de mise au lieu du « pilote automatique », parce que « nous avons beaucoup de choses à voir et il ne faut pas perdre de temps ». Ces prof ont l'air hyper organisés, mais sont-ils en contrôle de leur classe? Sauront-ils entretenir la flamme chez leurs élèves?

Et puis, il y a les groupes d'élèves qui sont formés de façon aléatoire par la direction. Comme ma fille qui se retrouve dans une classe, pour une seule matière heureusement, composée presque exclusivement d'élèves ayant échoué cette matière l'année dernière. Elle y trouvera sa place, mais elle a d'abord fait demi-tour en entrant dans le local, ne reconnaissant aucun élève, elle était convaincue qu'elle s'était trompée de lieu.

Finalement, impossible de passer sous silence, le fameux code vestimentaire qui prend (trop) de place dans nos écoles secondaires. On ne règlera pas ce débat ici. Je suis d'accord pour dire qu'il faut des limites, mais il ne faut pas en faire une fixation pour autant. Rappel des enseignants, gardiens de codes dans les corridors, rappel à l'intercom. Cacher ce ventre, cette épaule ou ce genou que je ne saurai voir. D'ailleurs, « vous savez les gars, ce n'est pas pour vous le code, c'est pour les filles. Alors, les filles, écoutez bien, vous êtes mieux de le respecter, car je vois tout », dixit une enseignantE. 

25 ans plus tard, même discussion, même combat. 

Tout ceci me porte à poser 4 constats, qui sont aussi des évidences : la transformation numérique est loin d'être terminée, l'effet enseignant est tellement important, déterminant même, il suffit de peu pour démotiver un élève, pourrions-nous en finir avec le code vestimentaire une bonne fois pour toute.

La fin du secondaire, ce qu'on appelle « high school » en anglais, c'est une période tellement déterminante pour nos jeunes. Ils se forgent une identité, ils devront faire des choix de carrière, basés sur leurs intérêts personnels. Mais ce choix de carrière dépendant souvent de leurs résultats scolaires. La personnalité d'un enseignant peut faire tout basculer pour certains élèves. L'organisation de la vie dans l'école aussi.

Je peux tellement comprendre que certains jeunes ne cadrent pas du tout dans le modèle qu'on entretient année après année dans certaines écoles, rigide et non adaptatif. S'ils ne sont pas bien soutenus par leurs parents, ils doivent décrocher assez vite. 

On ne le répétera jamais assez, l'école devrait être un lieu de découvertes et d'apprentissages. Cela doit aussi et surtout être un lieu pour avoir du plaisir, s'accomplir, grandir. 

Je ne suis pas négative face à cette première journée d'école. C'était une première, justement. Je suis convaincue qu'il y a du beau dans chaque journée. Je dis à ma fille : « Amuse-toi! » à chaque matin lorsqu'elle quitte pour prendre le bus. Il y a toujours une façon de se faire une place et de réussir, même si le système ne nous facilite pas toujours la vie. On entreprend donc cette nouvelle année avec optimisme.

La deuxième journée est en cours. Je sais seulement que le cours d'anglais est « chill ». S'il le faut, je reprendrai le clavier pour vous ce soir ou demain. En attendant, j'essaie de me faire à l'idée que je dois recommencer à faire des lunchs!

Bonne rentrée!




mardi 10 août 2021

Ralentir ou arrêter?

 


Parfois, il ne suffit pas de ralentir, il faut arrêter. C'est le constat que j'ai fais au milieu de l'été.

La dernière année et demie m'a rappelé l'importance de trouver l'équilibre et de me concentrer sur l'essentiel. Et pourtant, c'est tellement facile de dire « oui » à tout et de se laisser encombrer par toute sorte de tâches ou de projets superflus. Il faut dire que la dernière année et demie a aussi été un défi d'organisation et de gestion des priorités. Bonjour la fatigue mentale!

Dans ces moments, il faut refaire le focus sur ce qui compte vraiment, garder le positif avec soi, mettre de côté le négatif. Cela a toujours été important pour moi.

Facile à dire, moins facile à faire. Surtout que je suis de celles qui ont beaucoup de difficulté à tout fermer, même en vacances. Et puis, il y a du négatif qui ne s'efface pas, même avec un « effaceur magique ». Et, bien sûr, il y a les aléas de la vie auxquels il faut bien faire face (un peu trop nombreux à mon goût ces temps-ci).

Au début de l'été, mon cerveau avait définitivement besoin d'une pause. Il était surchargé, encombré. 

Parfois, ralentir ne suffit pas, ne suffit plus.

Il faut arrêter. Prendre le temps de fermer quelques onglets qui restent ouverts de façon perpétuelle dans son ordinateur, mais surtout dans sa tête. Faire un bon ménage.

Je suis une passionnée. Je voudrais tout faire. Mais je ne peux pas. Je dois faire des choix. 

Dans un courriel, au début de l'été, Leticia Lacroix, du Printemps numérique, écrivait: « Le temps passé en dehors du travail stimule la créativité et les vacances favorisent la santé mentale ». C'est tellement vrai!

Mon cerveau carbure à la productivité et aux idées. Il a besoin de repos pour refaire le plein d'inspiration. Si non, il se fatigue vite et les idées ne viennent tout simplement pas.

J'ai pris des vacances, j'ai même arrêté quelques jours de plus. J'aimerais réapprendre à faire le vide, pour vrai, à me reposer. Prendre le temps d'arrêter au lieu de juste ralentir. 

Les spécialistes le disent : « Il faut décompresser tous les jours ». Ce sera mon défi de l'automne : réapprendre à fermer des onglets le soir pour ne les réouvrir que le lendemain matin, faire le vide pendant la fin de semaine pour revenir en meilleure forme le lundi matin.

Je vois la rentrée qui arrive. Le rythme au ralenti de l'été tire à sa fin. Tous les beaux projets passionnants sur lesquels je travaille reprendront de la vigueur. J'ai hâte, mais en même temps, je suis à la recherche de suggestions pour mieux organiser mon temps, pour mieux me concentrer sur des tâches à réaliser, pour avoir un horaire de travail moins éclaté. Bref, pour permettre à mon cerveau d'être plus efficace et d'avoir des pauses plus régulières.

Je dois partager mon horaire entre rencontres, réunions d'équipe et périodes de rédaction. Vous faites quoi, vous? Est-ce que vous concentrez toutes les rencontres la même journée? En après-midi seulement? Le matin? Partagez-moi les trucs qui marchent pour vous. Cela pourrait sans doute m'inspirer quelques essais dans les prochaines semaines. Je vous en redonnerez des nouvelles.



dimanche 25 juillet 2021

Une démarche pour l'innovation

 



J'ai déjà cité sur mon blogue la première phrase du livre Innover à tous les coups de Fred Colantonio :  « Innover. Il ne s'agit pas d'imiter le déjà vu, encore moins de rompre avec l'essentiel. Il s'agit de changer le monde et de l'écrire au futur, durablement. »

Selon ce livre, pour innover, il faut savoir « Oser, Investiguer, Expérimenter, Visualiser, Naviguer, Négocier et Recycler ».

Ce discours me parle beaucoup. Faire les choses autrement, ça peut parfois donner des résultats surprenants. La dernière année et demi nous l'aura certainement prouvé encore plus, faut-il le répéter.  

Je suis engagée dans la transformation numérique depuis de nombreuses années. Innover, ce n'est pas nécessairement en lien avec le numérique, mais ça l'est beaucoup quand même. 

Pourquoi je vous parle de ça aujourd'hui?

Tout simplement parce qu'un grand mouvement de l'innovation semble se mettre en place au Québec. Le Conseil de l'innovation du Québec a été créé en décembre 2020 et un Innovateur en chef a été nommé. Le ministère de l'Économie et de l'Innovation du Québec progresse dans la préparation de la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation 2022. 

Parallèlement au Conseil de l'innovation, un Off-Conseil a été formé. Celui-ci vise à permettre à un plus grand nombre de leaders innovants de se faire entendre, de discuter et d'échanger entre eux. J'ai eu le bonheur d'être approché pour faire partie du Off-Conseil.

En mai, nous avons eu une première rencontre. Une activité de discussion et de réseautage en ligne, qui a (à ma grande surprise) passé très vite et a été des plus agréables. Après une introduction en grand groupe, nous avons été placé en sous-groupe selon des thématiques : Recherche et institut du savoirs, Startups, Innovation sociale et durable, Culture de l'innovation. Je faisais partie d'un groupe sur l'innovation sociale et durable.

Dans les documents, celle-ci était définie comme suit: « Une innovation sociale répond plus adéquatement et plus durablement, que les solutions existantes, à un besoin social bien défini. Sa portée est transformatrice et systémique. Elle constitue, dans sa créativité inhérente, une rupture avec l’existant ». Cela est pas mal en phase avec la définition énoncée ci-haut.

Au cours de l'atelier de travail, nous avons dû nous projeter dans l'avenir afin d'imaginer un Québec plus innovant. 


À la fin de l'exercice, nous avons proposé cette idée : « Le Québec devient la 1re province canadienne à se doter d'une politique d'innovation pour atteindre les 17 objectifs de développement durable des Nations Unis ». (vous savez la petite épinglette que portait le Docteur Arruda pendant les points de presse et qui a fait jaser.)

Ces 17 objectifs contiennent à peu près tout ce qu'il faut pour remettre l'humain au coeur des décisions et des discours. L'innovation aura beau être techno et économique, elle doit être humaine avant tout. La bienveillance doit occuper une place centrale dans notre société (encore une chose que la dernière année et demie nous aura rappeler). Une plateforme de concertation sociale devra voir le jour.

Un des éléments qui est ressorti lors de nos échanges est l'importance à accorder à l'éducation. Au Québec, il y a encore 42% d'analphabètes fonctionnels et seulement 25% de diplômés universitaires. Et dès qu'on parle de numérique, la littératie numérique est mentionnée comme devant devenir prioritaire. Ce n'est pas parce que tu as un téléphone « intelligent » entre les mains que tu es compétent numériquement. Beaucoup de boulot de ce côté-là. Je vous en reparle dans un prochain billet. Promis!

Les autres enjeux qui nuisent, limitent, empêchent l'innovation sont aussi nombreux et bien connus. Plusieurs sont tannés de les répéter constamment (avec raison). Les silos (intersectoriels, inter-régionaux, intra-régionaux même), les critères des programmes gouvernementaux qui relèvent parfois d'une autre époque, la multiplication des structures, la pérennité des stratégies qui dépend des élus en place et non des réels besoins du terrain, etc.

Une fois qu'on a dit ça, il faut reconnaître que chacun peut faire sa part, se mettre en action et influencer les autres. C'est comme dans tout : si on attend après les autres, on risque d'attendre longtemps. Vaut mieux s'organiser que se faire organiser.

Bref, l'expérience a été satisfaisante pour une première. 

Une deuxième activité de type table ronde a été organisée au début juillet. En plein coeur de l'été, cela n'était pas évident de rallier les innovateurs du Off-Conseil, mais nous étions encore nombreux. Dans le groupe avec qui j'étais cette fois, nous avons parlé de l'importance de mobiliser les communautés et d'entretenir des liens informels et formels. L'importance d'avoir des animateurs de communauté dédiée qui permettent de provoquer des rencontres et discussions est alors ressorti des échanges. Sans eux, on se laisse emporter par le quotidien et on manque des occasions. ll faut prendre le temps, mais ce n'est vraiment pas évident! 

La suite de cette démarche n'est pas connu encore. On discute mais il faudra aussi tomber dans l'action. On verra la suite. 

Finalement, tout ceci me rappelle que l'innovation peut prendre de multiples visages et qu'elle doit être présentes dans toutes les sphères de la société, à tout moment. Eh oui, ça peut sembler un « buzzword » de parler d'innovation parce que ce mot est sur toutes les lèvres, mais avouons qu'on en a bien besoin. C'est pour ça que je continuerai de participer à cette démarche avec intérêt et enthousiasme.

Il faut sortir de la boîte, comme on dit. Et si on réussissait à imaginer un monde sans boîte, tout simplement? Méchant défi!


mercredi 16 juin 2021

La fin des classes

 



Ainsi, parents, enfants, enseignants et tout le personnel scolaire auront réussi à passer au travers de la dernière année scolaire. Depuis plus d'un mois, je sens l'essoufflement. Tout le monde semble juste avoir hâte que ça finisse. Et pour cause! 

Des revirements de situation, il y en a eu plus d'un depuis septembre dernier. Pour moi, tout a commencé par l'annonce du « un jour sur deux » pour les élèves de 3e secondaire jusqu'à l'annonce du retour à temps plein, il y a environ un mois. Ce retour en classe à temps plein aura été le coup final de l'épuisement familial. Encore un changement de routine à vivre. 

On aura beau dire que les ados ont besoin de socialiser et c'est vrai! Et ils en ont tellement été privé au cours de la dernière année et demi que la socialisation est plus que nécessaire. Cependant, cet autre changement de routine aura simplement contribué à mettre encore plus en évidence « l'écoeurite aigue » de la pandémie. C'est du moins ce que j'ai observé chez moi (et je m'inclus là-dedans).

À partir de ce retour en classe à temps plein, les jeunes de mon entourage semblaient juste vouloir enfiler les journées les unes après les autres. La motivation n'y était plus. Ils s'étaient habitués à leur nouvelle routine. Cette semaine, on a beaucoup parlé du retour possible des travailleurs au bureau et du fait qu'il ne faut pas rappeler tout le monde à temps plein tout d'un coup. Pour moi, c'est un peu ce qu'on a fait vivre aux jeunes de 3e, 4e et 5e secondaire.

Étant en fin d'année scolaire, les enseignants avaient cessé de leur donner de la nouvelle matière. Tous en étaient à l'étape de la révision finale avant les examens de fin d'année. L'horaire était assez allégé, disons. Pis, c'était ben correct. Bref, ils ont eu l'impression de perdre du temps en classe, ce précieux temps dont ils veulent tellement disposer à leur guise. 

Je sais que la situation n'est pas été vécue de la même façon dans tous les milieux. Comme d'habitude, je ne fais que témoigner de ma réalité. Au fil des derniers mois, j'ai vu une équipe-école extraordinaire, qui s'est « revirée de bord » à plusieurs reprises, qui s'est adaptée, qui a été compréhensive avec les élèves et présente lorsqu'il le fallait. J'ai vu des jeunes qui ont été résilients (plus résignés parfois), qui ont appris à travailler en équipe à distance, qui ont gagné en autonomie, qui ont été débrouillards et créatifs. J'ai vu des parents jongler avec leurs enfants pendant des séances de vidéoconférence (plus ou moins officielles), rattraper des heures de travail en soirée, manquer de sommeil et de patience.

Maintenant, tout le monde a besoin d'une pause pour reprendre son souffle. Au printemps 2020, le Québec était sur pause. De septembre 2020 à juin 2021, le milieu scolaire a parcouru une véritable course à obstacle. Cela n'a pas été sans conséquence sur la santé mentale de tous. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout le monde aura besoin de l'été pour s'en remettre. Il n'y a pas eu de Gala Méritas à l'école cette année. Selon moi, tous les élèves, le personnel et les parents en méritaient un!

Et déjà, je pense à septembre. L'année scolaire reprendra à temps plein pour tous. J'espère qu'on ne reprendra pas tout simplement « comme si de rien n'était ». N'oublions pas que, depuis mars 2020, certains jeunes n'ont pas eu de véritable routine scolaire, surtout ceux de la fin du secondaire. Leur cerveau aura besoin d'un peu de remise en forme pour reprendre le rythme. Ils se sont aussi habitués à un enseignement plus actif où on les laissait un peu plus gérer leur horaire de travail et l'ordre dans lequel ils complétaient leurs travaux. 

Ne pensons pas tout de suite à septembre. Prenons le temps de célébrer la fin des classes. Félicitons-nous pour la dernière année. Prenons le temps de le dire à nos enfants. Puis, profitons de l'été pour relaxer, faire le vide, apprécier les petites choses de la vie alors qu'on retrouve un peu de liberté.