lundi 18 avril 2022

Les dessous de la création du Wiki des ADN

 


Lors du plus récent Forum des innovations culturelles, qui s'est déroulé à l'occasion de la Semaine numériQC, j'ai eu l'opportunité de participer au panel de discussion « Wiki expérience : s'outiller pour être mieux représenté ». Marie-Hélène Raymond assurait l'animation des échanges. J'étais présente à titre de chargée de projets en transfert de connaissances pour le Réseau ADN. Jean-Robert Bisaillon, consultant en transformation numérique dans le secteur culturel, a présenté une initiative dans le secteur de la marionnette et Frédérique Dubé, responsable du développement numérique et wikimédienne en résidence chez Productions Rhizome, a présenté le projet Créer du lien pour une plus grande découvrabilité des arts littéraires québécois.

Je ne résumerai pas ici toute la discussion, qui a certainement permis de faire valoir la pertinence du wiki comme outil de transfert de connaissances, que ce soit à travers un wiki « privé » comme celui des ADN ou à travers les différentes instances de la Fondation Wikimédia (notamment Wikipédia et Wikidata).

Je vais juste saisir l'occasion de revenir sur la démarche de création du Wiki des ADN et de présenter les étapes qui ont conduit à sa mise en place.

En fait, en 2021, a débuté le déploiement de la Stratégie de transfert du Réseau ADN. Après 3 ans, il était temps d'identifier des apprentissages réalisés au sein de la communauté de pratique, de sélectionner des contenus développés en collaboration et de documenter le tout dans un lieu commun et facile d'accès. 

Dès le départ, il était clair que nous aurions besoin d'un « endroit » sur le Web pour déposer les contenus, les rendre publics et les partager (au sein de la communauté et plus largement aussi). Il s'agissait de créer une vitrine pour présenter l'apport des ADN à la transformation numérique des secteurs de la culture et des communications depuis 2019.

Bien honnêtement, il n'y avait tant de possibilités : le site Web ou le wiki. Le choix de l'outil final est documenté ici

Parmi les critères qui ont guidé le choix, on retrouve ceux-ci : 

  • Ne pas multiplier les plateformes (privilégier les outils déjà utilisés dans la communauté de pratique ou un outil gratuit)
  • Maîtriser l'hébergement
  • Contrôle et gestion des accès simple et centralisé
  • Maîtriser la publication de nouveau contenu (pour faciliter l'engagement)
  • Identifier aux couleurs du Réseau ADN (pour la pérennité)
  • Permet le partage de contenu facilement (URL, bouton de partage, RSS, etc.)
  • Permet la recherche de contenu selon certains critères (catégories)

Je dois dire que je ne connaissais pas grand chose à l'univers des wiki avant d'avoir à me pencher sur le choix de l'outil de transfert du Réseau ADN. Puis, je me suis mise à lire toute sorte de publications au sujet des wikis. J'en ai aussi discuté abondamment avec Annie Chénier, ma collaboratrice au Réseau ADN. J'ai consulté des experts du domaine. Plus j'avançais dans les échanges et la réflexion, plus je me disais que ce serait le meilleur outil pour donner vie à la Stratégie de transfert des ADN.

Parmi les lectures pertinentes, je retiens particulièrement celle-ci : Le wiki, un outil de travail collaboratif.

« ... il devient un outil de plus en plus utilisé en entreprise pour favoriser la collaboration, le suivi des dossiers et la créativité... »

Comme je l'ai moi-même écrit sur le Wiki des ADN :

« Le wiki est un outil de gestion et de transfert de connaissances reconnu dans les communautés de pratique. Il peut être à la fois utilisé pour publier du contenu plus statique ou du contenu destiné à évoluer dans le temps, du contenu public ou privé. Un grand nombre de contributeurs peut y adhérer et il peut être pris en charge par la communauté assez aisément. »

J'en suis donc venu à défendre la mise en place d'un wiki auprès des responsables au ministère de la Culture et des Communications, qui m'ont fait confiance et ont donné leur aval au projet. Merci Valérie et Mathieu.

Ce qui a guidé le choix final du wiki

  • Expertise existante au sein de la communauté (plusieurs ADN avaient déjà participé à des projets wiki)
  • Philosophie wiki (collaboration, partage) qui est en adéquation avec les valeurs de la communauté de pratique
  • Occasion de pousser plus loin les apprentissages au sein de la communauté
  • Potentiel de projet mobilisant qui deviendrait le leg des trois premières années d'existence de la communauté, tout en s'ouvrant sur l'avenir


C'est alors que j'ai fait un saut dans le vide dans l'univers wiki et je ne suis pas gênée de le dire. Je me suis sortie de ma zone de confort et j'ai participé à l'aventure avec les ADN. J'ai d'ailleurs commencé par me créer un compte sur Wikipédia, afin qu'il soit lié à notre wiki par la suite. Celui-ci a été bâti dans l'environnement logiciel MediaWiki afin de pouvoir s'arrimer avec l'univers de Wikipédia.

La première fois qu'on publie dans un wiki, on a peur de tout briser. Après, on essaie et on se rend compte que rien n'explose. Ça va et on y prend goût. J'ai abondamment publié sur le Web dans ma vie et je connais les bases du codage mais j'avais quand même une hésitation. Avec le temps, ça a passé.  Frédérique Leclerc a qualifié cet état de « wiki gêné » lors du panel de discussion. C'est un terme qui va rester!

Une bonne partie de l'automne 2021 a été consacré à la conception et la création du Wiki, par les ADN, avec le soutien de Jean-Robert Bisaillon et d'Antoine Beaubien, de moi-même et d'Annie Chénier. Plusieurs rencontres et ateliers pratiques ont permis de définir, puis d'alimenter l'outil. Je remercie tous les ADN qui ont contribué. J'ai préparé de nombreux contenus ainsi que la politique éditoriale, qui définit l'utilisation de l'outil, les contributeurs et les droits associés. C'est finalement au début février 2022 que nous avons pu le dévoiler publiquement et je surveille la fréquentation depuis. C'est assez satisfaisant.

On dit que ce wiki est « privé » parce que les contributeurs qui se créent un compte doivent être approuvé par un modérateur. Pour le moment, ce ne sont que les ADN qui ont des droits de publication.

Parmi les grandes sections, on retrouve :
Ce n'était pas si naturel de mettre en place un nouvel outil dans le contexte où la reconduction du Réseau ADN n'était pas encore annoncé (ce fut finalement fait en février 2022). Ce n'était pas si évident de mobiliser tout le monde autour de ce projet alors que tous les échanges se déroulaient en mode virtuel. Au final, je crois qu'on est arrivé à créer un lien commun et rassembleur pour les ADN. Il met en valeur leurs réalisations, permet de mieux expliquer en quoi consiste le rôle de l'ADN et la dynamique derrière la communauté de pratique, notamment ses valeurs. Il n'aurait pas pu voir le jour sans l'engagement des ADN qui y ont cru aussi.




Aujourd'hui, le travail de diffusion est en cours. À chaque semaine, une publication est faite dans le groupe Facebook Les arts, la culture et le numérique. C'est pourquoi j'ai participé au panel de discussion du Forum des innovations culturelles. Le Wiki des ADN est définitivement un lieu pour garder des traces des apprentissages au sein de la communauté et les faire connaître dans le secteur culturel. 

Mon travail de chargée de projet en transfert de connaissances s'achèvera dans les prochaines semaines. J'ai encore des contenus à documenter. Je me suis attachée à cette petite bête qu'est le wiki! J'espère que la mobilisation demeurera autour de cet outil et que les ADN continueront de le documenter, d'inscrire leurs réalisations, de mettre en valeur leurs apprentissages. L'ensemble de la communauté culturelle pourra ainsi en bénéficier. 
 


Crédit-photo : Fabrice Marcoux. Merci pour la superbe photo!




vendredi 15 avril 2022

Se voir (en vrai)



Je viens de passer deux semaines absolument surréalistes. Deux semaines à côtoyer des humains en chair et en os. La semaine dernière, dans le cadre de la Semaine numériQC, présentée par Québec numérique et ses collaborateurs, et cette semaine, dans le cadre du colloque de l'Association québécoise des utilisateurs des outils pédagogiques et sociales, communément appelée l'AQUOPS.

J'avais juste envie d'écrire un petit mot pour garder des traces de ces moments et de mes impressions après plus de deux ans à se voir à travers un écran, à limiter les contacts et à respecter différentes mesures de distanciation.

Premièrement, avouons-le, la première journée, ça demande un effort de se lever plus tôt pour se préparer (allô mon linge de job au fond du garde-robe!) et prendre la route (allô le trafic et, ça, je ne m'en ennuyais pas vraiment). On a quand même eu le temps de se créer de nouvelles habitudes de vie en deux ans. Mais, après, dès qu'on arrive sur place, oh que ça fait du bien! Une véritable bouffée d'air frais pour l'âme!

C'est vrai qu'à prime abord, on ne sait plus trop. On se salue de la main? On se fait un « coude à coude »? Un câlin? Disons que je suis rapidement allée comme je le sentais selon les personnes que je rencontrais et la situation. Et puis, le masque dans le visage, on l'oublie rapidement. L'émotion est bien là. On est juste content de se voir. Par contre, il y a des situations où ça devient presque risible, on l'enlève, on le met, on l'enlève à nouveau, on le replace et ainsi de suite, mais bon, ça fait partie de l'époque. Et toujours, on se lave les mains et abuse du Purell, mais ça, je pense que c'est une bonne habitude d'hygiène qui devrait rester.

C'est donc avec bonheur que j'ai retrouvé des amis, collaborateurs et autres contacts de longues dates dans un contexte professionnel. On a jasé comme si le temps ne s'était pas arrêté depuis deux ans. J'ai aussi pu rencontré « en vrai » plusieurs personnes avec qui j'ai travaillé au cours de ces années. Des personnes que je n'avais jamais rencontré hors d'un écran avant... Et puis? Ben, c'était comme si on se connaissait depuis toujours! 

Je me demandais quel effet ça ferait de rencontrer ces personnes. De la gêne? Une certaine retenue? Et puis, non, finalement, c'était juste naturel et ça m'a rassuré. L'humain est un être de relation. Quand le contact est établi, vrai, sincère et authentique, qu'il soit en ligne ou physique, la relation est créée.

Par contre, après la première journée, j'étais vidée de mon énergie. On n'est comme plus habitué d'être en mouvement constamment et d'interagir autant en « live ». Soyez sans crainte, cela s'est replacé par la suite. Mais c'est la preuve que l'humain a besoin de ses périodes d'adaptation face à tout changement de contexte.

Comme je l'ai déjà écrit sur ma page Facebook, pendant la Semaine numériQC, j'ai porté plusieurs chapeaux : « animatrice, conférencière, responsable de programmation (Initiatives numériques gouvernementales), membre du conseil d'administration de Québec numérique, et bien sûr simple participante amoureuse de l'effervescence des écosystèmes, du choc des idées et des rencontres improbables ». J'étais dans mon élément!

Je reviendrai plus précisément sur mon expérience de conférencière, panéliste pour être plus exacte, afin de présenter le Wiki des ADN sur lequel j'ai travaillé depuis l'automne dernier. Mais ce fût définitivement un beau moment.

Cette édition de la Semaine numériQC a fait du bien. Elle a permis des retrouvailles, des découvertes, des échanges et fait émerger de nombreuses idées pour les prochaines éditions. Elle a confirmé l'importance du mélange des genres, du maillage entre les secteurs, le besoin de provoquer des rencontres, de briser les silos. Et ça, il faut continuer de le faire!

À l'AQUOPS, j'étais présente à titre de rédactrice en chef de l'École branchée, avec le reste de l'équipe qui tenait kiosque pour présenter les produits et services, donnait des ateliers, ou présentait des conférences éclairs (nommées « emballe-moi » et à l'image d'un pecha kucha). Pour ma part, j'ai assisté à plusieurs ateliers et conférences (blitz de rédaction d'articles en cours depuis!), en plus de prendre part à de nombreuses discussions de corridor.

Je m'étais fait une petite liste de personnes à qui je voulais parler. Rachelle que j'avais connu dans ma vie chez Québec numérique et que je retrouve avec bonheur chez Google Education. Alexandra de l'équipe pédagonumérique du Centre de services scolaire de Laval qui devient une collaboratrice régulière. La gang du RÉCIT DP avec qui j'ai collaboré l'an dernier sans jamais les rencontrer. J'ai finalement vu Alexandre, Jérôme et Marie-Claude (une pensée pour Annie qui avait la Covid). Julie de l'Association Edteq qui met tellement d'efforts pour faire connaître les entreprises québécoises en technologie éducative. Je pourrais en ajouter d'autres et c'est sans compter toutes les autres rencontres imprévues (allô les Belges du EduLab!).

Et puis, nous avons lâché notre fou lors d'une soirée thématique années 80 et 90. La piste de danse était pas mal occupée, mais dans le respect de la bulle de tous et chacun. Personnellement, ça ne me tente pas trop de me retrouver en sardine dans un groupe que je ne connais pas tant, comme avant. Mais juste l'ambiance festive, ça a tellement fait de bien au moral. Juste retrouver une certaine spontanéité.

Tout ça semble maintenant une interlude dans un monde virtuel. Aujourd'hui, j'étais de retour derrière mon écran. La semaine prochaine, ce sera la même chose. Mais je recommence à avoir des activités et rencontres en personne. Il faut maintenant jongler avec les agendas hybrides, prévoir des déplacements entre les rencontres, trouver un nouvel équilibre dans tout ça. Réapprendre la vie mais autrement.

D'ici là, je savoure le bonheur d'avoir côtoyer toutes ces personnes merveilleuses au cours des dernières semaines. L'humain est un être de relation. Ce blitz m'a fourni une bonne dose d'énergie pour les prochaines semaines. 

En terminant, quelques photos :

De la Semaine numériQC




De l'AQUOPS







lundi 11 avril 2022

Les cancres numériques

 


La pandémie aura définitivement rehaussé les (mes) attentes en matière de service à la clientèle numérique. J'étais déjà impatiente face à un service à la clientèle mal adapté. À force de se tourner vers le Web pour toutes sortes de services, et après deux ans de monde virtuel, disons qu'aujourd'hui, mes standards sont encore plus élevés. Je ne crois pas me tromper en affirmant que je ne suis probablement pas la seule à être dans cette situation. On s'attend à ce que le monde soit numérique... mais ce n'est pas encore le cas.

Et je ne parle pas ici de commerce électronique. Oui, je sais Amazon est en train de prendre tout l'espace disponible. Mais ce n'est pas encore peine perdu pour les commerces québécois. Nous pourrions en parler longtemps. Du reste, l'avenir et la prospérité des commerces locaux ne dépend pas uniquement du commerce en ligne, ne l'oublions pas.

Bref, revenons à ce qui m'amène à écrire ce billet aujourd'hui. J'ai vécu quelques expériences au cours des dernières semaines que je souhaite partager avec vous. Elles démontrent selon moi tout le chemin qu'il reste à parcourir en lien avec la transition numérique, mais également, l'importance d'amener les organisations à s'ouvrir les yeux sur l'importance d'offrir un bon service à la clientèle (que ce soit en ligne ou non, d'ailleurs). 

L'idée n'est pas de critiquer des entreprises en particulier mais juste de souligner des situations qui ne devraient plus exister en 2022. 

Ma laveuse fait un vacarme épouvantable lors du « spin ». Je vais sur le site Web d'une entreprise que je connais pour avoir déjà fait affaires avec elle dans le passé. Je clique sur le bouton Prendre rendez-vous et je rempli un formulaire très complet avec marque, numéro de série, modèle, date d'achat, etc. de mon appareil. Le lendemain, je reçois un courriel m'informant qu'il y aura des frais pour le déplacement et que, si cela me convient, je dois appeler pour prendre un rendez-vous. J'appelle donc pour prendre un rendez-vous.... en me demandant pourquoi j'ai cliqué sur un bouton Prendre rendez-vous la veille si je dois finalement utiliser le téléphone. Je parle à la réceptionniste très sympathique, mais elle n'a visiblement aucune idée des informations que j'ai laissé dans le formulaire, même après que je lui ai donné mon nom. Bref, aucun lien entre les différents canaux. 

Pour la petite histoire, j'ai finalement contacté une autre entreprise par téléphone parce que la date de visite était trop loin à mon goût. Ma laveuse aurait coûté trop cher à réparer pour sa valeur et j'ai acheté en ligne un nouveau duo laveuse-sécheuse chez un marchand bien connu à Québec (en espérant ne pas vivre de péripétie à la livraison comme certains, allô @cfd!).

Dans une autre situation, je reçois une lettre par la poste concernant le renouvellement de la carte d'assurance-maladie de ma fille. Puisqu'elle a maintenant plus de 14 ans, nous devons nous déplacer pour prendre une photo. Nous avons le choix entre des points de service du réseau de la santé de type CLSC et les bureaux de la Société de l'assurance-automobile du Québec. Pour les CLSC, il faut d'abord aller prendre une photo dans un autre point de service de type pharmacie avant d'y aller. Donc, deux déplacements. Et disons que l'information n'est pas super clair sur les différents sites que j'ai consultés.

Pour les SAAQ, les points de service sont ouverts de 8h30 à 16h30 du lundi au vendredi et il faut prendre rendez-vous en ligne. Où est ma fille dans cette plage-horaire? À l'école, bien sûr! Exception du midi, mais évidemment, ce sont les plages-horaires les plus populaires et il faut pouvoir se libérer du temps. Bref, une planification est vraiment nécessaire pour une simple photo. La prise de rendez-vous en ligne sur le site Web de la SAAQ est très conviviale avec suivi courriel de confirmation, ajout à l'agenda et rappel la veille. Par contre, en 2022, il devrait être possible d'envoyer la dite photo par voie numérique... non? Nous avons tous (ou presque) un appareil photo dans nos poches.

La nouvelle carte d'assurance-maladie a bel et bien été reçue par la poste la semaine dernière.

Finalement, j'ai choisi une école de conduite pour fille au cours des dernières semaines (oui, je suis rendue là!). J'avais le choix entre trois écoles près de chez moi. J'appelle une première. On me dit de remplir le formulaire en ligne. Donc, je remplis le dit formulaire. Aucune confirmation d'envoi, aucun suivi pendant plusieurs semaines/mois (une chance que j'étais en avance). Finalement, je rappelle et on me dit que si j'ai déjà rempli le formulaire, je dois simplement patienter. 

Alors, je passe à la prochaine école. Je cherche d'abord sur le Web. Sur le site Web, on dit de communiquer via la page Facebook, donc Messenger pour des questions. Après avoir posé une question sur Messenger, on me répond de communiquer par téléphone. J'appelle. Prochaine disponibilité pour une nouvelle inscription : dans 6 mois!!! 

Je passe à ma dernière option et priant pour que ce soit la bonne.... et là, j'ai un véritable coup de coeur! Wow, eux, ils ont compris. Superbe expérience, inscription sur le champ en ligne, paiement sécurisé ET prise de rendez-vous personnalisé pour chacun des cours dans l'espace client. En quelques minutes, un mardi soir à 21h30, tout était réglé avec confirmation par courriel et tout. (Ma fille était un peu découragée devant ma joie un peu trop débordante pour une simple expérience en ligne!)

Elle a son premier cours théorique ce soir. Elle et moi (en tant que répondante) avons reçu un rappel par texto (parce que nous avons consenti à ce mode de communication). Pour les cours pratiques, elle pourra prendre tous ses rendez-vous en ligne directement. 

La semaine dernière, j'ai assisté à une conférence de Daniel Lafrenière sur l'expérience client qui est attendu en 2022. Il s'adressait à des commerçants et les invitait à repenser leur service à la clientèle pour le rendre plus fluide, plus efficace, peu importe le canal utilisé par le client. Je ne peux que souhaiter qu'ils seront de plus en plus nombreux à suivre ses conseils.

À quoi devrait ressembler un bon service à la clientèle numérique?

Je me lance avec mes 4 incontournables. 

  • Simple à comprendre et cohérent (ex. formulaire minimaliste, demande des informations qui seront vraiment utilisées)
  • Facile d'accès (ex. bouton évident sur la page d'accueil d'un site Web)
  • Suivi de la demande (ex. confirmation par courriel, rappel)
  • Lien entre les différents canaux (ex. téléphone et Web unifié)

En avez-vous d'autres à ajouter?

Ah j'oubliais, au moment où j'écris ces lignes, je suis en train de compléter l'achat d'une nouvelle porte-patio... le représentant me téléphone pour que je passe au bureau signer le contrat. euh.. non. envoyez-moi le pour signature électronique, monsieur... Donc, je viens de recevoir le « scan » d'un contrat papier que je dois signer pour approuver les mesures que le technicien est venu prendre chez moi pour être certain d'avoir les bonnes mesures...

Décidément, il y a encore du chemin à faire....


mardi 22 mars 2022

Connaître et reconnaître 3 ans de pratique ADN

 


Le Réseau des agents de développement culturel numérique (ADN) souligne ces jours-ci son troisième anniversaire. Trois ans à construire ce nouveau rôle dans les organismes du secteur culturel et des communications. Trois ans à mettre en place des projets en concertation, en collaboration. Trois ans de réseautage et de partage. En présence et beaucoup en virtuel, parce que les agents sont éparpillés sur le territoire québécois et que la période de « non-déplacement », comme le dit Sarah de la SODEC, a apporté des contraintes.

Une bonne nouvelle a été annoncée dans la discrétion en fin de semaine dernière. Le soutien financier au Réseau des ADN par le ministère de la Culture et des Communications du Québec est renouvelé jusqu'en 2024. L'aventure de la communauté de pratique se poursuivra donc.

Le « timing » était très bon puisque je préparais, avec ma collègue Annie Chénier, la 8e Rencontre nationale (RN) du Réseau. Tout comme à l'automne lors de la 7e Rencontre nationale, l'événement se tient en virtuel. On aurait préféré se voir en chair et en os, mais la richesse des partages compensera. Le coup d'envoi a été donné ce matin avec la tenue du premier atelier.

Avant de parler du contenu de ce matin, je tiens à souligner que :

- la programmation est disponible sur le Wiki des ADN et ajustée au fur et à mesure qu'elle se construit (vive l'agilité du numérique participatif!);

- en plus des ADN et de leurs gestionnaires, les membres des équipes de travail des organismes étaient invités pour la toute première fois à participer à une Rencontre nationale du Réseau (vive l'ouverture et la diffusion!);

- l'ensemble de la programmation et de l'organisation de cette 8e RN s'inscrit directement dans la mise en application de la Stratégie de transfert de connaissances du Réseau sur laquelle je travaille depuis l'été dernier (vive les communautés de pratique émergentes!).

Faire connaître des réalisations ADN

La 8e RN s'est donc ouverte ce matin avec une succession de mini-conférences de 10 minutes. Six ADN avaient répondu à mon appel et accepté de présenter un projet porteur, réalisé dans leur organisation, au cours des trois dernières années. Elles ont offert des partages généreux, transparents et emprunt de réalisme. Je les en remercie. 

Les enregistrements de chaque conférence seront rendus disponibles sur le Wiki des ADN dans les prochaines semaines. Je me suis aussi engagée à produire un compte-rendu écrit pour chacune. Je vous dévoile quand même un petit aperçu tout de suite.

Gisèle Henne de Culture Laurentides a présenté la première édition de La brigade numérique, un nouveau service visant à rehausser la littératie numérique sur le territoire couvert par son organisme. Alors que le service d'accompagnement personnalisé a été un succès et qu'une nouvelle communauté Slack a vu le jour, la plateforme d'autoformation mise en place n'a pas attiré les foules. Comme quoi, il n'y a rien comme un soutien individualisé. Oui, parfois, cela demande plus d'efforts mais les résultats sont décuplés.

Bianca Cadieux d'Action patrimoine a présenté une vaste démarche visant à dresser un état des lieux sur les données du patrimoine bâti au Québec. Celle-ci aura permis de sensibiliser des agents culturels et de développement des MRC et municipalités du Québec sur les bonnes pratiques en matière d'utilisation des données à l'interne, de diffusion à l'externe et de mise en valeur numérique des inventaires. Elle a déjà documenté la phase 1 et la phase 2 sur le site de son organisation. J'ai hâte de découvrir la phase 3! (Ajout du 29 mars : le texte qui présente la phase 3 est maintenant disponible.)

Sarah Shoucri, attitrée aux dossiers internationaux à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), a présenté trois projets numériques visant à soutenir le développement international d'entreprises culturelles québécoises pendant la période de « non-déplacement » vécue depuis mars 2020. Des projets qui ont mis en valeur le contact humain même si le tout se déroulait en mode virtuel et qui a permis de tisser des liens solides entre certains participants. Elle est convaincue que le contexte a favorisé la tenue de certaines rencontres, qui auraient été impossibles autrement. Je suis d'accord avec elle!

Caroline Marcel de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean a présenté l'évolution au fil des années de l'événement Numérique 02 porté par son organisation. L'événement de maillage régional a donné lieu à des rencontres intersectorielles qui n'auraient probablement pas eu lieu autrement, favorisant le mélange des genres sur un même territoire. L'an dernier, Numérique 02 s'est transformé en programme d'incubation virtuel et pourrait encore évoluer cette année, en s'intéressant aux saines habitudes de vie et au bien-être numérique. J'ai aimé entendre parler d'un événement qui se module selon les besoins de son milieu.

Claire Dumoulin de Conseil québécois du patrimoine vivant a présenté en primeur un aperçu de la stratégie numérique qu'elle prépare pour les membres de son organisation. Elle a fait la démonstration que la mise en place d'une stratégie numérique peut être un processus tout simple, sans prétention, que la stratégie peut se bâtir à partir d'observations et de discussions avec les équipes, le conseil d'administration et les membres. J'ai apprécié son partage authentique qui fait la démonstration que la transition numérique est à la portée de tous. Keep it simple, comme on dit!

Catherine Chagnon de Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches a présenté la démarche de renouvellement de la plateforme QuébecSpectacles, lancée en 2015. Connu comme un agrégateur de l'offre de spectacles à billetterie, la plateforme se voulait une action collective pour compléter la promotion effectuée par les organismes membres. La démarche de renouvellement technologique de la plateforme est devenue l'occasion d'élargir la portée des actions et d'autres disciplines artistiques s'ajouteront. Ainsi, bientôt, si vous consultez la fiche d'un spectacle, vous pourriez vous faire suggérer des livres, une pièce de théâtre ou autre production sur le même thème ou avec les mêmes artistes. Intéressant, non?

Après l'avant-midi, j'étais sous le charme. Imaginez, ce ne sont que six projets sur les centaines qui ont été mis en place dans les dernières années dans le Réseau ADN. On comprend vite sa pertinence.

Dans le sondage de satisfaction sur la rencontre, quelqu'un a écrit que les présentatrices étaient « engagées, motivées, brillantes et inspirantes ». Je partage cet avis. J'ajouterai que la concertation, la collaboration, le contact humain et les synergies sont au coeur des projets présentés et sont identifiés comme des conditions gagnantes.

La 8e Rencontre nationale se poursuivra le 30 mars avec un panel de discussion sur la pratique ADN, qui sera animé par Annie Chénier. On ne peut cacher que nous avons tiré quelques inspirations d'une récente causerie sur les communautés de pratique présentée par le Réseau d'enseignement francophone à distance (REFAD). C'est aussi ça la force des réseaux et du partage, quand tout s'entrecroise et se mélange.

À suivre...

lundi 7 mars 2022

(Ne pas) trouver les mots



Il y a quelques jours, j'ai écrit : « Ce qui se passe ces temps-ci dans notre monde est inquiétant, que ce soit ici ou ailleurs ». J'ai aussi écrit : « Nous ne sommes jamais très loin de la dérive et des extrêmes ». On dirait que cela fait une éternité.

Depuis, le monde tel que nous le connaissions a cessé d'exister. L'impensable est arrivé. Nous avons rêvé de paix, de justice, de fraternité et de solidarité pendant des décennies. Nous avons dit que nous ne voulions plus la guerre. Nous avons ignoré les signaux parce que nous voulions tellement croire que tout peut s'arranger par la négociation, le dialogue et les compromis.

Depuis, la triste réalité nous a rattrapé. L'Histoire se répète... encore.

Depuis, les mots me manquent. Comment trouver des mots pour nommer ce qu'on ne veut pas nommer? Comment trouver des mots pour expliquer l'inexplicable? 

« Le pire est à venir », « Des civils sont la cible des militaires », « Des centrales nucléaires sont sous haute surveillance », « Des écoles et des hôpitaux sont détruits par des missiles »... Les mots utilisés, je ne voudrais pas les lire ou les entendre. Ils me vont directement au coeur. Les images qui les accompagnent, je ne voudrais pas les voir. Elles me donnent envie de pleurer.

Mais, je tourne les pages du journal (oui, je reçois encore un journal papier chez moi à chaque jour). Je défile mon fil Twitter à la recherche des dernières nouvelles. Je regarde assidûment les bulletins de nouvelles à la télévision. Je vois, le lis, j'entends. J'ai des frissons. Je veux tout fermer mais je regarde quand même. J'ai besoin de savoir ce qui se passe à l'autre bout du monde, même si je me sens totalement impuissante, même si tout ça me dégoûte complètement.

Je ne sais plus si ce que je lis est vrai, si ce que je vois est réel. Est-ce que ce sera identifié comme faisant partie de la catégorie désinformation dans quelques minutes, heures, jours? Qui croire?

Je voudrais ignorer ce qui se passe à l'autre bout du monde, mais je n'y arrive pas. Faire comme si de rien n'était? Me dire que, de toute façon, je n'y peux rien?

Moi, ça va. Je me fais une carapace (j'écris ça comme si c'était normal!). Mais quand ma fille me demande, inquiète, ce qui va se passer... ensuite, après... je ne sais pas. Je n'ai pas de réponse. Je lui dit qu'il faut garder confiance, qu'il faut avoir de l'espoir. Je cherche mes mots. Je lui dit de ne pas regarder mais je lui résume en gros les dernières nouvelles. Je ne fais pas exprès pour lui en parler, mais je réponds à ses questions. Elle a le droit de savoir aussi. Cela fait partie de notre monde. En plus, tout ceci survient juste au moment où elle étudie la Deuxième Guerre Mondiale dans son cours d'histoire. Impossible de ne pas voir les similitudes, de ne pas comparer, de ne pas craindre l'horreur la plus atroce.

Soudainement, le confort dans lequel nous vivons n'est plus tout à fait autant acquis qu'auparavant. TOUT peut arriver. Le bien comme le mal. Le meilleur comme le pire. On pensait avoir vécu l'impossible avec la pandémie. Et si... nous aussi... que ferions-nous?

Juste de l'écrire, ça me fait mal. Mais, en même temps, j'ai besoin de trouver des mots pour me sortir du malaise qui m'envahit depuis des jours. Je pense à ces gens, j'écoute les témoignages. J'ai mal.

Ce n'est pas fini, ça ne fait que commencer. La destruction, la misère...

Il est encore temps de se serrer les coudes, même si nous sommes épuisés des deux dernières années. 


En complément :





dimanche 20 février 2022

Les dérives du passé

 


Tout n'est jamais noir ou blanc. Notre monde est fait de gris. Les extrêmes sont difficiles à comprendre, mais il faut pourtant s'y attarder.

Ce qui se passe ces temps-ci dans notre monde est inquiétant, que ce soit ici ou ailleurs. Qu'avons-nous retenu du passé? Nous en souvenons-nous vraiment? En avons-nous une image déformée? Comment faire pour ne pas oublier? Comment éviter de reproduire les dérives du passé?

Il y aura toujours des politiciens avides de pouvoir qui souhaitent dominer le monde. Ils sont persuadés qu'ils détiennent la vérité et c'est leur façon de voir les choses qui est la bonne.  Il y aura toujours des groupes plus marginaux que se placeront en dehors de la société, du système établi. Ils sont bruyants, mais ils ne représentent pas la majorité. Il ne faut pas les ignorer, mais il ne faut pas leur accorder trop d'importance non plus. Comment les prendre en considération? Comment les ramener vers le centre? Les écouter certes, mais quand il n'y a pas de dialogue possible... 

En 2018, j'étais en mission pour Québec numérique à Aix-en-Provence, avant de quitter, je suis allée visiter le Site-mémorial du Camp des Milles. Vous ne connaissez probablement pas ce lieu. C'est un lieu avec une histoire très particulière. Il rappelle que la France a collaboré avec l'Allemagne Nazi pendant la Deuxième Guerre Mondiale. 

Le Camp des Milles a été un centre d'internation et de déportation des « étrangers » et des Juifs à cette époque. Plus de 10 000 personnes, dont beaucoup d'artistes et d'intellectuels qui avaient fui l'Allemagne, s'y sont retrouvés prisonniers. C'était un lieu de transit vers la liberté ou vers la mort, selon votre destinée.

Depuis 2012, ce lieu est devenu un Monument historique et un Mémorial. Parce qu'il ne faut pas oublier. Il faut se souvenir de ces événements du passé. L'un des objectifs derrière est de chercher à mieux comprendre les mécanismes qui mènent au racisme, à la xénophobie et au génocide, chercher à les reconnaître pour éviter de les reproduire encore.

Je me souviens que, pendant la visite, on présente les étapes qui peuvent mener vers les extrêmes... C'est tout simplement fascinant de constater que nous sommes toujours à risque aujourd'hui, que la nuance, le discernement ne sont jamais acquis.

En 1996, j'étais en 5e secondaire, j'étais en voyage étudiant en Alsace, en France, toujours. Nous avons visité le Centre européen du résistant déporté, soit l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Vous ne sortez pas indemne d'une telle visite. Porter un masque, ce n'est peut-être pas naturel, mais ce n'est certainement pas inhumain. Nombre d'expériences pseudo-médicales ont été menées dans ce lieu de l'horreur.

Les traces de la Deuxième Guerre Mondiale sont encore bien présentes en Europe. Ici, dans notre Amérique douillette, cela peut sembler lointain. Réalisons-nous vraiment ce que cela fût? Ne devrions-nous pas célébrer la démocratie dans laquelle nous vivons? Et encore, on se dit que là-bas, ils se souviennent, mais il faut répéter et rappeler encore et encore pour éviter d'oublier... Parler de tolérance, de diversité, d'ouverture à l'autre, de compromis, etc.

Aujourd'hui, nous prétendons vivre dans un monde plus humains, mais nous ne sommes jamais très loin de la dérive et des extrêmes. Je n'ai pas de réponse, mais juste d'en être conscient, je pense que ça peut déjà être un élément de réflexion...

Ce matin, j'ai vu ce gazouillis du Musée de l'Holocauste de Montréal. C'est ce qui m'a convaincu d'écrire ce texte auquel j'avais pensé toute la semaine. Cette semaine, j'en avais parlé avec ma fille parce que dans son cours d'histoire, elle voit la Deuxième Guerre Mondiale en ce moment. Elle m'a dit : « C'est complètement dégueulasse ce qui s'est passé à ce moment. Le pire, c'est qu'on dirait qu'on n'a rien compris de tout ça! ». Parlons-en pour ne pas oublier et tirer des apprentissages. Ce sera au moins ça!



dimanche 16 janvier 2022

D'un bord ou de l'autre

 


Savez-vous pourquoi le lapin est vert?
(réponse à la fin de ce texte)

Je débute par une blague, décidément la blague de la semaine, avec laquelle l'enseignante de sciences de ma fille a débuté un cours en ligne. Je l'ai partagé avec l'équipe de l'École branchée, puis Audrey l'a partagé dans la Salle des profs de l'École branchée sur Facebook.

Avouez qu'on a besoin d'un peu de légèreté en ce moment. L'atmosphère est lourde. La fatigue s'accumule. C'est insidieux et ça attaque notre mental à tous, qu'on le veuille ou non. On ne sait plus comment prendre les choses. Avec optimisme, avec découragement, avec espoir, avec désespoir, fatalisme ou frustration.

On fait notre temps mais le temps devient long. 

Je suis bien chez moi et je m'en accommode très bien. Mais j'aimerais ça aussi sortir au restaurant, aller jaser avec des amis, voir du monde un peu, en dehors des écrans. L'automne passé, on avait commencé à reprendre vie. Là, je me dis que nous ne saurons plus comment vivre en société.

On ne sait plus trop à quoi s'attendre. On a l'impression d'être dans un cul de sac, que c'est toujours du pareil au même. Mais non, le temps passe. Ça peut aller d'un bord comme de l'autre. Et on n'a plus aucun contrôle. 

Ben, on a le contrôle sur la façon dont on vit les choses, mais même pour moi, cela devient de plus en plus difficile d'être zen. Le début de l'année 2022 (deux semaines à peine!) a déjà mis notre quotidien à rude épreuve : la conciliation télétravail / téléécole, la course pour faire les courses le samedi parce que tout est fermé le dimanche, la course pour trouver des tests rapides en pharmacie (ça existe vraiment ces trucs-là?), le dilemme « j'ai eu la COVID, je me fais vacciner quand finalement pour la 3e dose » (jamais, ou maintenant, ou dans quelques semaines?).

Nous sommes tous épuisés par deux années d'adaptation. On se demande si on est encore capable de vivre un autre revirement de situation. Et vlan, c'est reparti! On se prépare pour une autre rentrée scolaire qui sera tout sauf normal. 

Déjà vendredi, ma boîte courriel se remplissait : un message concernant le retour à l'école, un erratum concernant le message concernant le retour à l'école, une précision concernant l'erratum concernant le message concernant le retour à l'école... 

« Il va sans dire que ce retour en classe ne se fera pas sans quelques ajustements. », écrit la directrice générale du centre de services scolaire. C'est sûr et je m'y attends. Pour l'instant, j'ai l'impression qu'on fait un saut dans le vide.

Dans le même message, la directrice générale demande « à tous les parents d’élèves utilisant le transport scolaire de surveiller leur enfant à l’arrêt d’autobus désigné, jusqu’à l’arrivée du transport ». D'un coup que le chauffeur ait la Covid et ne puisse pas passer ce matin-là. 

Elle écrit aussi : « Nous aurons, plus que jamais, besoin de votre collaboration et de votre souplesse pour que nos environnements demeurent des lieux où les apprentissages foisonnent et où les liens sociaux favorisent, entre autres, le maintien d’une bonne santé mentale ». Évidemment que vous aurez ma collaboration.

Je comprends pourquoi on tient mordicus à réouvrir les écoles. Je comprends que dans certains milieux l'enseignement à distance n'est tout simplement plus acceptable, parce que le temps a fait son temps et que la santé mentale de tous en souffre au plus au point. Mais je comprends aussi qu'on ne sait pas trop dans quoi on s'embarque avec cette nouvelle rentrée. Et je me dis que, rendu là, une semaine ou deux de plus...  On aurait peut-être même pu se rendre jusqu'au 2 février (jour de la marmotte, t'sé). Si la marmotte voit son ombre, on retourne à l'école. Si non, on continue en ligne.

Je sais que l'ensemble du personnel dans les écoles est bien intentionné et surtout très dévoué. Tout le monde souhaite que tout se passe bien pour les élèves (et pour le personne aussi). On a beaucoup parlé du personnel dans les hôpitaux, mais dans les écoles aussi, les employés sont au front. Un autre front. Celui du maintien d'un semblant de vie normale pour nos enfants et nos adolescents. Pour qu'ils continuent d'apprendre malgré tout, qu'ils ne soient pas trop pénalisé dans l'avenir, qu'ils aient une vie sociale minimale.

J'ai quand même l'impression qu'on roule sur le pilote automatique. La progression des apprentissages, l'évaluation et les bulletins, je veux bien. Mais là, je pense qu'on a juste besoin d'un gros câlin collectif, juste être ensemble et jaser un peu. La fatigue mentale est bien installée pour tout le monde. Pouvons-nous revoir nos attentes un peu? Personne n'est à son meilleur dans le contexte actuel. On parle de bienveillance constamment, mais le mettons-nous en pratique pour vrai?

Il ne faudrait pas oublier de tirer des apprentissages de ces deux années. La performance et la normalité à tout prix, ça a un prix justement!

Bon après toute cette lourdeur, rions un peu...


Savez-vous pourquoi le lapin est vert?
Réponse : Parce qu'on l'a peint ! 😂