Il faut résister. J'ai envie de rebondir sur ce court texte (mais oh combien pertinent et nécessaire) de Clément Laberge, publié cette fin de semaine... parce que j'avais essentiellement le même état d'esprit que lui la semaine dernière.
Alors que tout nous pousse à voir le noir et à imaginer des catastrophes, on ne peut pas se laisser emporter par la vague. On ne doit surtout pas garder notre regard fixé sur le laid et sur ce qui va mal en ce moment. On peut le regarder du coin de l'œil, mais certainement pas y accorder toute notre attention. Autrement, on perdra de vue l'espoir et le beau. On perdra de vue l'essentiel sur lequel on devrait se concentrer.
Il faut continuer d'avancer vers le monde que l'on rêve de créer, même si une ombre nous suit sur le côté et d'autres de derrière. Il faut continuer d'imaginer un futur qui sera beau. Il faut continuer de bâtir des projets rassembleurs et innovants, même si on sait que ce ne sera pas facile (j'en sais quelque chose!). Le monde ne peut pas être que désastres économiques, politiques, environnementaux et sociaux.
Autrement, comment garder espoir?
Je me disais ça en voyant plusieurs personnes quitter Facebook dans les dernières semaines. Personnellement, je n'ai pas envie de quitter cette plateforme. Parce que malgré les algorithmes et son propriétaire, j'ai réussi à y cultiver des bouts de vie qui valent la peine d'être partagé à cet endroit. À travers le petit groupe de personnes qui participent à l'exercice des obsessions du moment, je trouve qu'on crée quelque chose de bienveillant en ce moment. On ne pourrait pas recréer cela ailleurs.
C'est aussi parce que je crois qu'il vaut mieux occuper l'espace plutôt que de laisser à d'autres le soin de les envahir. Autrement, tout partira à la dérive. Créer le beau. Forçons la résilience des plateformes et la nôtre en même temps!
J'avais déjà envie d'écrire sur la résistance. Sur l'espoir qu'il faut entretenir, pour nous et pour nos enfants.
Ce matin, en ouvrant mon cellulaire, je suis tombée sur ce texte absolument merveilleux et bouleversant : Les derniers témoins des camps de la mort, jusqu'au bout contre l'oubli. Au moment où on souligne les 80 ans de la libération d'Auschwitz et dans la mouvance mondiale actuelle, le message de ces « derniers témoins » est plus pertinent que jamais. Ne fermons pas les yeux sur le passé. Transmettons ce passé pour qu'il ne soit pas oublié.
J'ai moi-même visité un camp de concentration en 1996. Je m'en souviens encore. L'ambiance brumeuse de cette journée. Le silence. Le besoin de recueillement. Pour ceux qui n'ont pas vu, pas entendu parler de ces camps, ils peuvent sembler surréalistes.
Dans l'article, la petite-fille d'une survivante demande : Quand il n'y aura plus de témoins, est-ce qu'on croira encore à ce qu'ils ont raconté? Moi, je dis qu'il faut tout faire pour ne jamais oublier.
Et c'est pourquoi nous avons un devoir de mémoire. C'est avec la mémoire que la résistance devient encore plus forte. En apprenant du passé, il est possible de regarder vers l'avenir.
Oui, il faut résister. C'est plus important que jamais d'imaginer un monde meilleur et de poser des actions pour qu'il devienne réalité.
*Photo prise en 1996 lors d'une visite au camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Alsace).