mercredi 16 juin 2021

La fin des classes

 



Ainsi, parents, enfants, enseignants et tout le personnel scolaire auront réussi à passer au travers de la dernière année scolaire. Depuis plus d'un mois, je sens l'essoufflement. Tout le monde semble juste avoir hâte que ça finisse. Et pour cause! 

Des revirements de situation, il y en a eu plus d'un depuis septembre dernier. Pour moi, tout a commencé par l'annonce du « un jour sur deux » pour les élèves de 3e secondaire jusqu'à l'annonce du retour à temps plein, il y a environ un mois. Ce retour en classe à temps plein aura été le coup final de l'épuisement familial. Encore un changement de routine à vivre. 

On aura beau dire que les ados ont besoin de socialiser et c'est vrai! Et ils en ont tellement été privé au cours de la dernière année et demi que la socialisation est plus que nécessaire. Cependant, cet autre changement de routine aura simplement contribué à mettre encore plus en évidence « l'écoeurite aigue » de la pandémie. C'est du moins ce que j'ai observé chez moi (et je m'inclus là-dedans).

À partir de ce retour en classe à temps plein, les jeunes de mon entourage semblaient juste vouloir enfiler les journées les unes après les autres. La motivation n'y était plus. Ils s'étaient habitués à leur nouvelle routine. Cette semaine, on a beaucoup parlé du retour possible des travailleurs au bureau et du fait qu'il ne faut pas rappeler tout le monde à temps plein tout d'un coup. Pour moi, c'est un peu ce qu'on a fait vivre aux jeunes de 3e, 4e et 5e secondaire.

Étant en fin d'année scolaire, les enseignants avaient cessé de leur donner de la nouvelle matière. Tous en étaient à l'étape de la révision finale avant les examens de fin d'année. L'horaire était assez allégé, disons. Pis, c'était ben correct. Bref, ils ont eu l'impression de perdre du temps en classe, ce précieux temps dont ils veulent tellement disposer à leur guise. 

Je sais que la situation n'est pas été vécue de la même façon dans tous les milieux. Comme d'habitude, je ne fais que témoigner de ma réalité. Au fil des derniers mois, j'ai vu une équipe-école extraordinaire, qui s'est « revirée de bord » à plusieurs reprises, qui s'est adaptée, qui a été compréhensive avec les élèves et présente lorsqu'il le fallait. J'ai vu des jeunes qui ont été résilients (plus résignés parfois), qui ont appris à travailler en équipe à distance, qui ont gagné en autonomie, qui ont été débrouillards et créatifs. J'ai vu des parents jongler avec leurs enfants pendant des séances de vidéoconférence (plus ou moins officielles), rattraper des heures de travail en soirée, manquer de sommeil et de patience.

Maintenant, tout le monde a besoin d'une pause pour reprendre son souffle. Au printemps 2020, le Québec était sur pause. De septembre 2020 à juin 2021, le milieu scolaire a parcouru une véritable course à obstacle. Cela n'a pas été sans conséquence sur la santé mentale de tous. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout le monde aura besoin de l'été pour s'en remettre. Il n'y a pas eu de Gala Méritas à l'école cette année. Selon moi, tous les élèves, le personnel et les parents en méritaient un!

Et déjà, je pense à septembre. L'année scolaire reprendra à temps plein pour tous. J'espère qu'on ne reprendra pas tout simplement « comme si de rien n'était ». N'oublions pas que, depuis mars 2020, certains jeunes n'ont pas eu de véritable routine scolaire, surtout ceux de la fin du secondaire. Leur cerveau aura besoin d'un peu de remise en forme pour reprendre le rythme. Ils se sont aussi habitués à un enseignement plus actif où on les laissait un peu plus gérer leur horaire de travail et l'ordre dans lequel ils complétaient leurs travaux. 

Ne pensons pas tout de suite à septembre. Prenons le temps de célébrer la fin des classes. Félicitons-nous pour la dernière année. Prenons le temps de le dire à nos enfants. Puis, profitons de l'été pour relaxer, faire le vide, apprécier les petites choses de la vie alors qu'on retrouve un peu de liberté.



vendredi 30 avril 2021

Un épisode sur la langueur

 


Depuis quelques jours, j'ai l'impression d'être dans une sorte de « no man's land », entre deux mondes, en flottement. Et puis, j'ai vu passer, probablement comme plusieurs d'entre vous, cet article qui parlait du nouveau terme à la mode: la langueur.

C'est l'émotion dominante depuis le début de l'année. C'est « un état de fatigue, de lassitude, un manque de motivation et de concentration ». On vit dans l'attente que « ça finisse ». On n'ose plus faire de projets à moyen et long terme. On ne sait pas ce qui nous attend demain même si ce sera probablement la même chose qu'aujourd'hui. En fait, contrairement au dicton, les journées se suivent... et se ressemblent toutes.

Personnellement, c'est comme si j'étais sur une sorte de « pilote automatique ». J'ai arrêté de penser à demain tout simplement. Je me lève, je travaille, j'accompagne ma fille dans ses apprentissages à distance, je jase avec mon chum, j'appelle ma mère, je vais prendre une marche... C'est comme si j'avais oublié que la vie, ça pouvait être autre chose que ça. 

Ça pouvait aussi être de prendre une pause de l'ordinateur, aller marcher au bord du fleuve, aller passer un après-midi à magasiner à Place Laurier, aller voir la dernière exposition au Musée, manger au restaurant, prendre une bière dans une microbrasserie, (enfin) aller voir La déesse des mouches à feu au cinéma et quoi d'autres encore. Il y a tant de choses qui commencent à nous manquer, plus fort que d'habitude.

C'est comme si j'étais enfermée dans une sorte de monde parallèle où tout semble désormais irréel. Plus capable d'en sortir. Mais je n'arrête pas de me répéter qu'il faut garder le moral, que « ça achève ». Je dois me convaincre que « ça finira pour vrai un jour ».

Et là, je pèse sur « Pause ». La langueur m'a gagné depuis quelques jours mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de « beau » autour de moi. Depuis un an, je répète à tout le monde qu'il y a quelque chose de beau dans chaque journée. Ça devient peut-être plus difficile de le trouver, mais il est là quand même. 

Alors, je pèse sur « Pause ». Je prends un temps d'arrêt pour regarder derrière moi, jeter un regard sur ce que j'ai accompli au cours des derniers mois. Je prends le temps de réaliser qu'il y a bien du positif pour moi professionnellement et personnellement. Ces mois n'auront pas été vainc. 

Je suis retournée à l'Université. Ça faisait longtemps que je voulais m'inscrire à une nouvelle formation. J'ai trouvé le DESS en gestion des affaires numériques à l'Université Laval. J'ai fait la demande et j'ai été accepté (le contraire m'aurait surprise, mettons!). 

Je viens de terminer le cours sur les systèmes d'information. Je commence le cours sur les technologies futures en affaires. Un cours par session, c'est réaliste pour moi. Je le fais pour moi, parce que j'ai toujours aimé apprendre. Parce que j'ai un bacc en communication mais que le numérique fait partie de ma vie. Je le fais pour montrer à ma fille qu'on n'a jamais fini d'apprendre dans la vie. 

J'ai coordonné la réalisation d'un numéro spécial du magazine École branchée, destiné aux parents. Ce fût un retour à l'édition pour moi. Un véritable projet coup de coeur, centré sur le bien-être des familles en cette période trouble. Je l'ai voulu utile pour les parents. J'ai voulu qu'ils y trouvent une source de réconfort pour passer à travers la tempête. Des auteurs extraordinaires ont contribué à ce magazine. 

Je n'ai jamais perdu de vue ce message que je voulais transmettre tout au long de la production : « L'usage accru du numérique suscite bien des inquiétudes, mais offre certainement la possibilité de développer de nombreuses habiletés et compétences. L'enseignement à distance devient source de stress, mais représente aussi l'occasion de revenir à l'essentiel dans les relations enfants-enseignants, parents- enfants, parents-enseignants. »

Justement, pour moi, l'enseignement à distance m'a permis de « booster » ma relation avec ma fille. Oui, je ne suis pas autant productive quand elle est là. Mais, que ces moments passés avec elle me sont chers. Nos fous rires sont devenus mémorables. Notre complicité me rend fière. Et puis, ma présence l'aide grandement à garder sa motivation à l'école. Je fais le choix de la placer en priorité. Après un mois d'enseignement à distance, le moral de certains élèves doit être au plus bas. Ça, ça m'inquiète.

J'ai aussi coordonné la réalisation d'une première série de balado, avec l'équipe du service national du RÉCIT, domaine du développement de la personne (le RÉCTI DP, pour les intimes!). Le balado Les Temps modernes vise à prendre le temps de discuter sur des enjeux autour de l'univers du numérique (équilibre, temps d'écran, droit à la déconnexion, multitâche, jeux vidéo). Un autre sujet que j'ai grandement à coeur. L'éducation à la citoyenneté à l'ère du numérique devient un thème central dans notre société.

Ici encore, j'ai collaboré avec des gens extraordinaires et généreux qui ont accepté de participer aux épisodes. Je suis sortie de ma zone de confort en animant deux épisodes. J'ai apprivoisé le balado comme médium. Pour une fille de l'écrit comme moi, ce fût formateur.

Je regarde derrière et je vois d'autres « beaux », comme l'événement Initiatives numériques gouvernementales de la Semaine numériQC. Et comme l'équipe a travaillé fort pour rendre l'événement complet de la Semaine numériQC accessible en ligne!

Je regarde devant moi maintenant et je vois de l'espoir. Les projets emballants se poursuivent avec l'École branchée et le RÉCIT DP, avec d'autres à venir aussi. Je me répète que cette pandémie ne va pas tuer ma passion pour faire vivre le numérique, ma passion pour l'écriture, les communications. Elle ne va pas tuer le plaisir que j'ai à côtoyer des gens de tous les horizons, mon désir de contribuer à la société. 

Il faut que je combatte cette langueur parce que le « beau » est toujours là. Il faut que je m'arrête un peu plus souvent. 

Cette semaine, j'ai participé à plusieurs conférences dans le cadre du Sommet du numérique en éducation. Je retiens deux citations qui m'ont fait du bien.

« Le monde dit normal que nous connaissions était la somme de nos décisions du passé. Nous avons la chance aujourd'hui de créer une nouvelle normalité selon nos désirs et à notre image. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette opportunité. »

« Dans les cours de secourisme, on nous répète qu'il faut prendre soin de soi avant de prendre soin des autres (ex. mettre son masque à oxygène en premier en avion). Car si on est mal en point, on ne pourra pas aider les autres. C'est d'autant plus vrai en ce moment. »

Alors, je m'en vais relaxer et prenez soin de vous! 









dimanche 4 avril 2021

Les écoles ne sont pas fermées.

 

J'avais commencé à écrire un billet pour souligner la fin du 1 jour sur 2 à l'école. Je ne l'avais pas terminé, à peine commencer même. Je pense que, dans le fond de moi, quelque chose me disait que c'était prématuré, que le vent allait tourner dans l'autre sens.

Depuis le retour du congé des Fêtes, ça allait bien. On continuait notre routine. Ma fille s'était fait à l'idée que le « 1 jour sur 2 » allait continuer jusqu'à la fin de l'année scolaire. L'enseignement et les évaluations allaient bien, autant à distance qu'en présence. Je sais que je suis quand même privilégiée: milieu scolaire pro actif et progéniture qui réussit facilement et s'adapte à tout. 

Puis, il y a eu une lueur d'espoir. Même si ma fille me disait tout le temps: « c'est correct, je suis bien comme ça », quand je lui ai annoncé qu'elle allait retourner à l'école à temps plein avec tous les jeunes de 3e secondaire, j'ai vu son regard s'illuminer. 

Et à son retour, après la première journée avec tout le monde, elle m'a juste dit :« Ça fait du bien! ». J'ai senti que c'était comme une renaissance pour elle. 

En même temps, c'était une nouvelle routine à laquelle s'habituer. Il ne faut pas se le cacher, une journée en classe, c'est plus fatiguant qu'une journée d'école à la maison. Pour les jeunes, chaque période de transition est susceptible de créer une rupture. J'aurai aimé que les enseignants prennent le temps de demander: « Comment ça va? », « Qu'est-ce que ça vous fait de revenir à l'école à temps plein? », « Y a-t-il des choses que vous avez aimé de l'enseignement à distance qu'on devrait garder pour le reste de l'année? ». Honnêtement, je ne sais pas si ça a été fait, dans mon milieu ou dans les autres. 

Il y a longtemps qu'on devrait avoir compris que l'école, ce n'est pas juste courir pour supposément rattraper les retards et passer le programme, surtout depuis un an. L'école, c'est un lieu de vie et de bien-être, une bouffée d'air et l'espace de socialisation par excellence pour les jeunes. 

Quoi qu'il en soit, ce retour en classe à temps plein était synonyme d'espoir. Il y avait même le cheerleading qui était sur le point de recommencer, en groupe restreint, mais quand même. Je sais que le personnel de l'école travaillait fort pour rendre le tout possible. En plus, le printemps arrive, les journées allongent, on a rangé les vêtements d'hiver. Mes parents ont pris leur rendez-vous pour aller se faire vacciner. Ma fille s'est même trouvé un emploi dans un restaurant. La vie semblait plus douce.

Il y avait juste moi qui trouvait la maison bien vide, une journée sur deux, tellement habituée depuis 5 mois à avoir mon ado avec moi (Je sais, je suis un peu bizarre). 

Et puis, le ciel nous est encore tombé sur la tête. On s'est senti comme si on retournait à la case Départ d'un mauvais jeu de société. Paraît que c'est pour dix jours, mais... C'est un autre bouleversement pour les jeunes. Alors qu'ils suivront leurs cours en ligne cette semaine, ils ne pourront s'empêcher de se demander si ça va continuer comme ça dans les semaines à venir. Alors qu'ils sont dans le dernier droit de l'année scolaire, dans l'étape qui va compter le plus à la fin de l'année, ils ne seront pas pleinement concentrés.

Moi, je fais comme si tout allait bien. Je me dis que ce n'est pas grave si je dois rester à la maison, ne pas voir mes amis, limiter mes déplacements, etc. Je me dis que l'important, c'est que ma fille puisse avoir une vie un peu décente. Je ne commencerai surtout à pas à critiquer les annonces gouvernementales. 

Il y a juste une chose qui me dérange. De grâce, arrêtez de dire que les écoles ferment quand la situation devient critique. Les écoles ne ferment pas, elles basculent en enseignement à distance. Les écoles sont encore ouvertes. Les enseignants sont accessibles. L'enseignement se poursuit.

Tout est une question de mots et de perception. Ce n'est pas anodin. Fermeture, ça laisse croire qu'il n'y aura pas d'enseignement ou que c'est moins important. Ce n'est pas vrai. L'école continue. Le lien doit être maintenu et c'est essentiel pour les jeunes. L'éducation est une priorité.

Un an après le début de la pandémie, on n'a plus le droit de dire que les écoles ferment quand elles basculent vers l'enseignement à distance. C'est sûr que ce n'est pas pareil comme être physiquement en classe. Mais il ne devrait plus y avoir d'excuse. Tout devrait être en place pour poursuivre l'enseignement et maintenir le lien. Même pour un élève qui s'absente pour des raisons médicales, même lors d'une journée de tempête. Les écoles ne devraient jamais être fermées. Aux yeux des élèves, ça démontrerait toute l'importance qu'on accorde à l'éducation.

Je sais que je vois un peu la vie en rose en écrivant cela, mais disons que c'est mon monde idéal à moi.

Maintenant, les paris sont ouverts sur le retour en classe et sous quelles conditions. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Au jour le jour. C'est comme si j'avais pris l'habitude de ne plus rien planifier. On verra. Demain est un autre jour. Je sais qu'on trouvera le moyen de passer au travers de tout ça, seul, ensemble et  collectivement. 

Pour les parents qui se sentent un peu dépassés par les événements, j'ai produit un numéro spécial du magazine École branchée avec une fabuleuse équipe. Il est gratuit en format numérique. Avec ce magazine, je voulais surtout rappeler qu'il faut prendre soin de soi avant toute chose. 

En ce moment, le bien-être est plus important que le reste. 

On garde espoir! 


Crédit photo: Geoffroy Delobel, Unsplash



lundi 15 février 2021

Repenser nos milieux de vie : la ville de demain

 


Habiter notre territoire. Un concept qui suit l'histoire du Québec depuis la Nouvelle-France. Les seigneuries ont été créées pour « habiter le territoire ». Puis, il y a eu toutes sortes d'initiatives à travers les époques, jusqu'à la plus récente, lancée la semaine dernière, par la ministre des Affaires municipales: une conversation nationale pour mieux « habiter le territoire » (initiative que je salue en passant).

Il faut dire que malgré les siècles qui ont passé, nous ne sommes pas encore arrivés à vivre pleinement notre vaste territoire. Mais l'occasion est belle de le repenser en ce moment. Pourquoi? Parce que la pandémie crée un contexte social différent et hautement propice.

En novembre dernier, à l'invitation de K2 Géospatial, j'ai participé à un panel de discussion qui portait justement sur le thème de la ville de demain et de notre approche envers les milieux de vie. J'ai tardé à écrire un compte-rendu de cette expérience, mais au fil des mois qui ont passé, le sujet est devenu de plus en plus important à mon sens et il mérite d'être discuté et rediscuté.

Je ne reproduirai pas en détail les propos tenus lors du panel mais l'enregistrement est disponible en ligne pour les intéressés. Je tiens à remercier Jacques et Claudia pour l'invitation ainsi que Pascal pour l'animation, de même que les autres invités pour les échanges.

Dans un premier temps, il faut dire que la pandémie a mis énormément de pression sur les municipalités. Les villes de banlieue, parfois qualifiées de villes dortoirs, se sont retrouvées du jour au lendemain avec des citoyens qui y vivent toute la journée, qui y habitent réellement. Leurs infrastructures ont certainement été mises à l'épreuve, les services de proximité (restauration, essence, etc.) ne sont pas toujours vraiment à proximité (pas à distance de marche en tout cas). Comme les gens peuvent travailler de n'importe où maintenant et que la tendance se poursuivra même après la pandémie, elles devront certainement repenser leurs services à la population, l'aménagement de leur territoire en conséquence.

De même, un engouement pour les zones rurales se fait sentir. L'attrait des grands espaces était déjà en vogue. Aujourd'hui, on peut dire qu'il est à son apogée. Mais encore là, les défis sont nombreux pour les municipalités rurales. On l'a entendu à quelques reprises alors que certaines n'avaient pas de couverture internet convenable, ce qui nuit grandement à leur taux d'attraction.

À l'inverse, les centres-ville ont été désertés et pratiquement laissés à l'abandon. Les grandes villes devront elles aussi reconsidérer leur façon de développer leur territoire; l'emplacement des parcs et installations sportives par exemple. Le transport en commun se retrouve marginalisé. Qu'adviendra-t-il des immenses tours à bureaux?

« La pandémie a permis de constater à quel point les embouteillages, la pollution et le manque d’espaces verts peuvent être dommageables [pour les citadins]. Cette période offre l’occasion d’améliorer la vie en ville », lit-on dans un article publié sur La conversation. L'article relate un projet de revitalisation d'un des quartiers centraux de Barcelone. L'un des objectifs du projet est de garantir qu'aucun résident ne se trouve à plus de 200 mètres d'un espace vert.

Bref, « l'expérience ville » était importante, elle devient déterminante.

L'un des principaux sujets de discussion du panel concernait le numérique et les possibilités qu'il représente pour les villes peu importe leur taille. Comment les villes peuvent-elles créer un écosystème gagnant, autour du numérique, pour le bien commun? 

Vous avez sûrement déjà entendu l'expression « ville intelligente ». Personnellement, je préfère dire « territoire connecté » puisque cela m'apparaît plus englobant. Mais peu importe le nom qu'on lui donne, le phénomène était déjà enclenchée avant la pandémie et elle ne fera que s'accélérer, avec les possibilités du numérique présentes et à venir.

Au fil de la discussion, nous avons abordé des opportunités offertes par le numérique pour les municipalités : communication bonifiée avec les citoyens, accroissement de la participation citoyenne, services publics en ligne, services optimisés en temps réel, inclusion sociale, etc.

Le numérique ouvre la porte à un véritable dialogue entre les citoyens et les administrations publiques, à plus de transparence, à l'émergence de communautés de partage plus actives. L'un des objectifs dans l'utilisation accrue du numérique au sein des municipalités doit certainement être de rapprocher les citoyens des paliers décisionnels pour qu'ils puissent contribuer au développement de leur territoire et se l'approprier un peu plus. 

Des défis et enjeux se posent, bien sûr. À commencer par le développement des compétences numériques chez les citoyens. Oui, la presque totalité des citoyens est maintenant branchée à Internet et un rattrapage certain a été fait chez les plus âgés au cours de la dernière année. Mais branché ne veut pas nécessairement dire compétent. Éviter les fraudes en ligne, reconnaître les fausses nouvelles, utiliser de façon éthique les médias sociaux, etc. Il y a des apprentissages qui doivent pouvoir se faire. 

Présentement, la prise en charge du développement des compétences numériques relève de tous et de personne en même temps au Québec. Il n'y a pas de vision à ce sujet, excepté dans le milieu scolaire. Mais qu'en est-il de ceux qui ont quitté les bancs d'école? La ville de demain devrait pouvoir s'attarder à ce défi.

Un autre enjeu a été abordé au cours de la discussion et il représente en même temps un objectif à atteindre: briser les silos pour se transformer « pour vrai ». Ce n'est pas en se campant dans nos rôles traditionnels, en agissant chacun pour soi que l'on pourra exploiter au maximum le potentiel du numérique et créer des écosystèmes ouverts et innovants. 

Briser les silos, ça veut dire s'engager dans de véritables démarches de collaboration et d'écoute. Collaborer, ça veut dire construire avec les autres, pas seulement montrer à la fin pour approbation. Écouter, ça veut dire faire un effort pour comprendre l'autre, pas seulement sonder pour récolter des opinions. Se transformer « pour vrai », c'est revoir ses façons de faire et accepter de changer et de se placer en situation d'inconfort.

Puisque la pandémie nous force à faire les choses autrement, puisqu'un mouvement nouveau et très dynamique d'occupation du territoire se concrétise, le moment semble idéal pour s'inspirer les uns des autres, pour partager un peu plus les expériences vécues et porteuses de succès, pour s'engager dans des dialogues régionaux et territoriaux. Tout pourrait être remis sur la planche à dessin pour créer les milieux de vie de demain. 

Les enjeux du numérique sont avant tout relationnels et humains. Les technologies sont là. Il nous faut maintenant revoir notre posture pour tirer pleinement profit des possibilités et véritablement repenser notre relation avec le territoire, de façon durable cette fois.

Bernard Vachon, professeur retraité de l'UQAM et spécialiste en aménagement et en développement local et régional, écrivait récemment dans Le Devoir: « Nous entrons dans une étape charnière des relations entre les grandes villes et les régions. Le Québec est en voie de réoccuper ses régions, après des décennies d'abandon, par un processus de redistribution de ses forces démographie et économiques ». Cela semble ambitieux et fort comme affirmation, mais j'ose croire que c'est possible d'y arriver.


lundi 8 février 2021

1, 2, 3, 42... Plongez!


Ce matin, j'étais très fébrile. C'était le début de la première Piscine du campus 42 Québec. La première quoi?, diront ceux qui ne connaissent pas le concept de 42. Il s'agit de l'accueil de la première cohorte d'étudiants qui, pendant 26 jours consécutifs, doit réaliser des projets informatiques en vue d'être finalement admis « pour vrai » au programme de formation de 42. 

42, c'est un centre de formation unique en son genre, qui s'appuie sur un apprentissage autodidacte secondé par les pairs, qui a vu le jour à Paris et qui se déploie maintenant en réseau un peu partout à travers le monde

Pourquoi cette journée est si spéciale pour moi? Je veux vous expliquer. Car derrière cette première Piscine, cette ouverture officielle du campus 42 Québec, il y a toute une histoire. Une histoire d'humains qui ont cru très forts en ce projet et qui y ont déployé des efforts énormes pour le mener à bien.

Pour moi, cette aventure a débuté à l'automne 2017 alors que je venais d'être nommée directrice générale de l'organisme Québec numérique. Il y avait, dans les cartons, le projet de doter Québec d'un lieu de formation aux métiers du numérique, inspiré de 42. Malgré tous les autres projets qui étaient déjà route chez Québec numérique (WAQ, Semaine numériQC, etc.) et tous ceux qui étaient en émergence (100% numériQc, Culture/NumériQC, etc.), j'étais convaincue qu'il fallait mener ce projet à bien.

Parce que l'éducation doit être une priorité sociale. Parce que le monde du numérique a désespérément besoin de main d'oeuvre qualifié. Parce qu'il faut savoir penser en-dehors de la boîte pour créer de nouveau modèle. Parce que l'apprentissage, c'est quelque chose qui se vit pendant toute la vie, souvent en-dehors des murs des établissements d'enseignement. Parce que Québec a été le berceau de l'éducation en Amérique du Nord (c'est symbolique).

Le 16 novembre 2017, je me souviens d'une première rencontre (allô Carl Frédéric, Éric, Audrey et Maxime!), où nous avons échangé sur les formes et les prémisses qui devraient guider le projet, à quoi devrait ressembler ce lieu de formation. Puis, les mois ont passé et le temps manquait. Un matin de février, j'ai pris le téléphone (quand c'est vraiment important, on n'envoie pas un texto, on appelle!) et j'ai appelé Éric. Je lui ai dit: « Embarques-tu, on se fait un document fondateur et on avance. Il faut le faire ce projet». 

Et on l'a fait! 

Je ne décrirai pas la suite en détails mais... Le conseil d'administration a embarqué dans le projet. Des ponts ont été établis avec le 42, qui devait être une source d'inspiration au départ, puisqu'aucune franchise n'était autorisée. Des recherches de financement ont été faites. Le ministère de l'Éducation du Québec a accordé une somme de 75 000$ pour réaliser une étude d'opportunité. Des visites ont été réalisées au 42 Paris, dont l'une avec le maire de Québec. Nous avons même rencontré Nicolas Sadirac, qui est celui qui a pensé le modèle pédagogique de l'institution. Sophie Viger est arrivée à la tête de 42 Paris. Tout à coup, la porte s'est ouverte pour un réseau mondial de campus 42. Nous avons invité Sophie à Québec comme conférencière pour le WAQ. 

Puis, j'ai quitté Québec numérique, mais l'histoire ne s'est pas arrêtée. Dominic Goulet, le nouveau directeur général, a repris le flambeau et il a poursuivi les démarches. Il était maintenant décidé que Québec aurait SA franchise de 42. Certaines embûches se sont présentées sur le chemin, mais Dominic et l'équipe ont persévéré. Recherche de financement, recherche de partenaires, visite du ministre du Travail à 42, visite du ministre de la Transformation numérique aussi, recherche d'un local, etc.; les conditions gagnantes se mettaient en place. 

Et... il y a eu une pandémie mondiale... ça vous dit quelque chose?

Le calendrier a été bouleversé mais l'équipe a persévéré encore. Ce projet devait absolument voir le jour. On était si prêt du but.

Nous arrivons à ce matin. À l'invitation de Carl Frédéric (Merci tellement!), je suis entrée dans les locaux de 42 Québec. C'est indescriptible. Magique. J'avais peine à croire que c'était bel et bien réel. Il y avait là, les 40 premiers participants à la Piscine de 42 Québec. Des gars et des filles, motivés, qui ont répondu à l'appel et ont eu envie de s'investir dans une formation hors de l'ordinaire, une formation qui bouscule les façons de concevoir l'éducation. Des gars et des filles qui ne se reconnaissent peut-être pas dans le monde scolaire traditionnel et qui souhaitent néanmoins acquérir de nouvelles compétences en informatique. 

WOW! J'étais émue. Je le suis encore.

Je ne peux nommer tout le monde qui a cru au projet et qui l'a fait avancer, ne serait-ce que de quelques centimètres. Ces personnes se reconnaîtront et je vous salue tous. Je vous dis Merci d'être embarqué dans l'aventure, d'avoir permis la concrétisation de ce grand rêve pour Québec. Un rêve dont certains doutaient, mais on l'a fait. Tous ensemble!

Une page d'histoire s'est tournée ce matin, mais l'histoire ne fait que commencer. 42 Québec existe pour vrai maintenant, avec sa première cohorte. Une deuxième est déjà prévue en mars et ça continuera.

Dans chaque jour, il y a du beau. Aujourd'hui, c'était particulièrement beau!



mardi 2 février 2021

Les médias pourraient faire partie de la solution

 


Les médias du Québec sont « en train de perdre pied. Le lien qui les rattache à leur société s'effiloche ». Ce n'est pas moi qui le dit. C'est Marie-France Bazzo qui l'écrit dans un essai plus que pertinent qui vient d'être publié chez Boréal.

Quand elle parle des médias, Mme Bazzo le fait au sens large et ne se limite pas uniquement à leur fonction d'information. D'ailleurs, elle reproche à la télé de chercher presque uniquement à nous faire garder le moral avec légèreté, sans chercher à alimenter les débats et à élever les discussions.

Dans l'essai, « Nous méritons mieux, Repenser les médias au Québec », l'animatrice et productrice jette un regard dur mais juste sur les médias québécois. Complaisance, conservatisme, peur des débats, emploi de l'humour pour éviter les réels discussions, nivellement vers le bas, polarisation des positions, non-représentativité.... les médias ne sont plus ancrés dans leur époque alors que leurs publics s'étiolent. (Ce n'est pas uniquement le propre des médias québécois, dirons-nous, mais regardons d'abord dans notre cour.)

Mais, en fait, les médias ne sont même pas ancrés dans leur territoire alors qu'ils oublient (ou ignorent volontairement ou involontairement) des portions de notre histoire qui pourraient aider à contextualiser certaines informations. Et ils se limitent souvent à présenter la métropole et ses environs. Les régions étant généralement mises de côté. Et pourtant... habiter le territoire, n'est-ce pas quelque chose qu'on a entendu souvent au Québec... On n'y est visiblement pas encore. 

Je cite ce passage avec lequel je suis particulièrement d'accord: « Plus que jamais, nous avons besoin de balises, de profondeur de champ, de temps de digestion des événements, et on nous donne à la place du bruit et de la fureur. Nous assistons à un net recul de la pensée critique, à ne pas confondre avec la surabondance des opinions. La pensée critique n'a rien à foutre de l'opinion. Elle se base sur les faits. Elle ne jaillit pas au milieu de commentaires unanimes. Elle requiert du recul, des discussions nourries d'arguments solides et diversifiés, de culture et d'expérience... »

Bref, en ce moment, beaucoup d'opinions sont publiés un peu partout, mais on retrouve peu de mise en relief, d'analyses, qui permettraient de faire du sens dans « ce bruit ambiant ».

De plus, « on se prive de beaucoup en ayant peur de débattre. Le débat est essentiel pour asseoir une démocratie. [...] Une société qui en a peur témoigne de sa frilosité. »

Donc, puisqu'on ne veut pas débattre (pour toutes sortes de raison bonnes et moins bonnes), on se change les idées avec des émissions à saveur humoristique...

Tout ceci n'est probablement pas étranger au fait que l'art rhétorique, le développement de l'esprit critique sont trop peu (voire absents) de nos écoles. Mme Bazzo y fait mention et j'y crois également.

Mais surtout elle marque un point en écrivant: « On pourrait [...] défricher des pistes de solution plutôt que de se lamenter tous sur le même ton ». Effectivement, les médias se font fatalistes et rapporteurs d'info, mais on ne peut pas dire qu'ils soient en mode solution pour regarder devant et proposer de nouvelles avenues collectives.

Cela me ramène à un texte publié récemment par mon ami Clément, justement au sujet des médias: « Tout a l'air d'être devenu grave, irréversible ou catastrophique ». Je me suis beaucoup reconnue dans son texte.

Il écrit: « J’aimerais voir à la une des journaux des textes nuancés. Des textes qui engagent les lecteurs au lieu de leur faire baisser les bras. Des textes qui donnent envie de poser des gestes, au lieu de se dire que ça ne sert à rien. Des textes qui font des lecteurs des acteurs sociaux à part entière au lieu d’en faire des spectateurs-commentateurs des décisions prises par d’autres ».

J'ai déjà écrit que j'avais mal à mon diplôme (étant diplômée de journalisme). Il y a 5 ans déjà et ça n'a pas changé, mais je garde espoir que de nouvelles formes de journalisme, de divertissement prendront forme et seront un peu plus synonyme d'ouverture, de réflexion et porteur de solutions. Je me dis que de nouvelles voix pourront s'élever, même si elles n'auront jamais aussi d'impact que les médias de masse. Je sais qu'il est possible de faire du journalisme positif, car c'est ce que nous faisons à l'École branchée.

Personnellement, ce que je déplore le plus des médias québécois, c'est:

  • De verser dans la nouvelle éphémère: La nouvelle d'aujourd'hui sera vite oubliée demain et on n'aura plus jamais de suivi alors que cela pourrait être pertinent.
  • De manquer de profondeur: En étant dans l'éphémère, on ne creuse pas les nouvelles, on ne met pas en contexte, en perspective. Il y a tellement de nuances et d'angles différents pour chaque nouvelle.
  • De ne pas être représentatif: Je suis une fille de région et je défendrai toujours le droit des régions d'être visibles, d'exister pour vrai dans les médias. Ce n'est pas le cas présentement.
Et puis, comme d'autres, je m'éloigne des médias, lentement mais sûrement. Je m'informe de moins en moins. Je ne suis plus capable du catastrophisme, du superficiel... Avant, je ne pouvais manquer le bulletin de nouvelles de 18h. Maintenant, je vais prendre une marche après avoir entendu les grands titres du jour.

En ce moment, tout invite à faire autrement, à regarder vers l'avenir avec un regard nouveau, les médias devraient s'y mettent aussi.

Ressource en prime pour les éducateurs:
Former à s’informer : développer l’esprit critique ! Comment éduquer et accompagner les adolescents et les jeunes adultes dans l’univers médiatique contemporain pour les aider à grandir ?

mardi 5 janvier 2021

Regarder derrière pour voir devant

 

Je voulais faire un petit bilan de 2020 avant de débuter 2021. Je suis retourner lire mon bilan de 2019 avant de commencer à écrire. On dirait que c'est à des années-lumières mais, en même temps, pas tant que ça.

J'avais fini l'année 2019 en écrivant:

« Après des années à chercher des façons de ralentir, je crois que j'y suis finalement arrivée à trouver une recette pas pire. Je dis ralentir dans le sens de reprendre le contrôle, apprendre à relativiser les aléas du quotidien, à mieux prioriser, à faire de meilleurs choix. Je dis ralentir aussi dans le sens de changer d'attitude face à la vie, ce qui veut dire qu'on ne peut pas tout faire et qu'il faut cesser de culpabiliser pour ce qu'on n'a pas fait entrer dans l'agenda. »

Ceci m'aura tellement servi en 2020. Beaucoup plus que j'aurai pu l'imaginer au moment où je l'ai écrit. Cette attitude face à la vie, cette capacité à relativiser les aléas du quotidien, disons que cela a été omniprésent au cours de la dernière année. Rien n'est acquis et il faut toujours se le rappeler. Et je l'ai évoqué dans plusieurs de mes billets.

Certains ont crié de joie à la fin de 2020, en disant « enfin ». Moi, comme d'habitude, je préfère voir le positif dans ce qui s'est passé et mettre de côté le négatif. Mon année 2020 n'a pas été si pire que ça.

Sur le plan personnel, l'année avait débuté en force avec l'accident de travail de mon chum, transfert d'urgence à Montréal, amputation et greffe de doigts, réhabilitation. Côté émotions fortes, on était déjà servi avant même d'avoir entendu le mot pandémie.

Le quotidien familial était déjà transformé. Au cours des mois suivants, notre bulle familiale s'est plus resserrée que jamais. La complicité de notre trio (avec ma fille) a grandi et je ne peux que m'en réjouir. Heureusement, que nous avons pu nous évader au chalet pour refaire le plein d'énergie, et ces moments comptent dans mes meilleurs souvenirs. Il y a aussi eu la Gaspésie (je ne pourrais plus m'en passer!) et une escapade sur la Côte-Nord au cours de l'été. 



J'avais déjà réfléchi sur les valeurs qui me guident en 2019: l'authenticité, la gratitude, la collaboration et l'ouverture. Finalement, cette réflexion m'aura amenée à prendre un autre virage professionnel. Après mûre réflexion, j'ai quitté mon poste de conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. 

Je me sens choyée d'avoir vécu cette expérience et je crois toujours autant au projet de transformation numérique du gouvernement du Québec. Projet qui est plus pertinent que jamais avec la pandémie. Celle-ci nous a d'ailleurs mis dans la face à quel point il fallait appuyer sur l'accélérateur. Mais j'avais le sentiment que je devais revenir sur le terrain pour contribuer plus activement à la transformation numérique.

Ce fût un saut dans le vide, mais j'ai confiance en moi et les mois qui ont suivi m'ont déjà prouvé que j'ai pris la bonne décision. Ce fût une succession de surprises professionnelles, de rencontres (virtuelles) incroyables, d'opportunité à saisir. Je me suis laissée guider par la vague (sans jeu de mot): collaboration avec Les arts et la ville, conférences sur la "digital transformation" et sur le télétravail pour l'événement Novembre numérique du TechnoCentre TIC, table ronde sur les villes de demain (merci K2 Géospatial et Pascal Beauchesne), contribution bénévole pour la programmation de la Semaine numériQC. Et puis, j'ai obtenu un poste d'administratrice pour les Fêtes de la Nouvelle-France (événement mythique de Québec pour une férue d'histoire comme moi).

Surtout, l'automne m'a permis un fabuleux retour aux sources avec l'équipe de l'École branchée. J'ai repris la rédaction d'articles d'actualité pour le site web et je suis arrivée juste à temps pour prendre en charge la production d'un numéro spécial du magazine qui sera disponible quelque part en février, en format numérique, en français et en anglais. Un numéro destiné aux parents qui accompagnent leurs enfants dans l'apprentissage à distance. Quel timing! Un sujet qui me passionne et me rejoint personnellement.

J'ai aussi débuté une collaboration avec le RÉCIT du développement de la personne (RÉCIT DP pour les intimes). Une équipe liée au milieu scolaire qui produit des ressources en lien avec la citoyenneté à l'ère du numérique. Un autre sujet qui me tient à coeur, en lien avec l'éducation et le développement des compétences numériques chez les jeunes et les citoyens en général. 

La pause du temps des Fêtes a été bien méritée. J'essayais de me convaincre que je n'en avais pas tant besoin, mais finalement, cela a été salutaire de mettre mon cerveau à « off ».

Et puis, 2021 est arrivée. Rien n'est vraiment différent. Mais il faut continuer à vivre. C'est ce que j'ai décidé.

Au moment où j'écris ces lignes, la menace d'un confinement plane sur nous (encore). J'aime mieux ne pas y penser. Pour une rare fois, je suis un peu déstabilisée. Je ne peux juste pas croire que les écoles pourraient être fermées à nouveau et que l'enseignement se fera exclusivement en ligne. On traversera le pont quand on y sera. Demain. Un jour à la fois, c'est la nouvelle devise.

Pour 2020, je voulais faire de meilleurs choix au restaurant (pas trop dur, les restos ont été fermés presque toute l'année). Je voulais prendre plus de temps pour moi (j'ai réussi aussi en prenant de longue marche quotidienne et en écoutant des balados). 

En 2021, je compte me détacher des médias que je trouve de plus en plus toxiques. Ça ne sert plus à rien d'écouter les nouvelles en continu, de lire les commentaires sur les médias sociaux. Et ça me fera prendre une pause des écrans.

Je veux continuer de profiter de chaque instant en famille, de chaque contact avec mes amis comme source d'énergie et de bien-être.

Je vais aussi organiser mon offre professionnelle de travailleure autonome. Ce virage me plaît de plus en plus et je dois prendre le temps d'organiser tout ça. J'ai la chance de pouvoir faire ce qui me plaît, en conformité avec mes intérêts et mes valeurs. Je dois bien le faire.

C'est parti pour une autre année et, quoi qu'on en dise, il faut la vivre et toujours essayer de voir le positif. 

Je vous souhaite du beau, car il y en a forcément un peu dans chaque journée. Il faut apprendre à le reconnaître. « Every day may not be good, but there is something good in every day. »

Bonne année 2021!