Je profite de la période de la rentrée pour commenter certaines actualités qui ont circulé au cours des dernières semaines concernant le milieu scolaire. Je ne peux rester silencieuse face à ces sujets.
À mon avis, l'éducation mérite qu'on lui accorde autant d'importance que possible. Il s'agit d'une valeur que notre société devrait affectionner tout particulièrement, et ce pour de multiples raisons.
Les tablettes à l'école
L'école est censée former les jeunes pour le monde de demain. Elle le fait trop souvent encore avec des objets du passé... Est-ce que c'est au moins possible d'avoir des objets du présent pour former les élèves?
J'ai déjà plaidé pour une école plus numérique. Cela devient une évidence. Être actuel et de son temps pour motiver les jeunes, favoriser la réussite, favoriser l'acquisition de compétences dont les jeunes auront largement besoin une fois sur le marché du travail et même dans la vie de tous les jours...
Le ministère a tranché : « Les écoles ne peuvent exiger des parents qu'ils achètent un iPad ou autre tablette. » Je comprends les règles en place et la problématique, surtout dans les milieux moins favorisés.
Maintenant, il existe sans nul doute plusieurs moyens d'arriver à offrir des programmes scolaires avec tablettes: location, prêt, achat. Plusieurs jeunes ont probablement déjà une tablette personnelle à la maison (j'en connais plusieurs qui ont déjà un iPad mini à 10 ans), pourraient-ils l'amener à l'école tout simplement?
Par ailleurs, en tant que parents, je me fais la réflexion et cela revient à ma question du début, est-ce que je veux que mon enfant aille dans une école qui est de son temps? Est-ce que je peux financer un appareil pour qu'il développe des compétences vraiment utiles à son avenir? Est-ce que l'éducation est une réelle priorité dans mes valeurs?
Les commissions scolaires
Avec son texte publié dans le Journal de Québec de la fin de semaine dernière, Mario Dumont (mon dieu que je voudrais qu'il soit encore en politique!) résume vraiment très bien ma pensée au sujet des commissions scolaires.
Si j'ai déjà été ambivalente quand à leur efficacité, je crois que leur inutilité est de plus en plus évidente. Les commissions scolaires ajoutent de la lourdeur et de la bureaucratie dans un espace public où nous n'en avons pas (plus) besoin.
Et si les écoles pouvaient avoir plus de pouvoir décisionnel pour orienter leurs actions en fonction de leur clientèle? Je suis de plus en plus convaincue que cela serait bénéfique pour tous, plus logique en tout cas. Il ne peut y avoir de solutions mur à mur en éducation, même à l'intérieur d'une région donnée. Arrêtons la « procédurite » et agissons pour les élèves.
Dans son texte, Mario Dumont écrit que des personnes lui ont déjà demandé par quoi les commissions scolaires seraient remplacés... Évidemment, elles n'ont pas besoin d'être remplacé. Je me permets même d'avancer ici que l'absence de cette structure jugée inefficace pourrait probablement offrir plus d'espace pour les parents qui désirent s'engager dans l'école de leurs enfants.
La réussite
Et une chose en entraînant une autre... je lisais justement dans le Journal de ce matin que le taux de diplomation plus élevé dans les écoles anglophones serait en partie explicable par le plus grand engagement des parents. L'esprit communautaire, le désir de s'engager, de faire de l'école de ses enfants un milieu de vie accueillant/stimulant, tout ceci est davantage présent dans les communautés anglophones. Arrêtons d'attendre que le système agisse pour nos enfants et apportons notre contribution.
D'autres facteurs entrent aussi en jeu dans la réussite des élèves anglophones, notamment le fait que les anglos s'inspirent davantage de la recherche dans leur enseignement. Au cours de ma carrière à l'École branchée, j'ai souvent constaté la barrière de la langue dans le milieu de l'éducation. Une désolation. Oui, les études sont plus souvent réalisées en anglais, mais les résultats qu'elles apportent valent certainement la peine qu'on s'y attarde et qu'on les mette en pratique. Des exemples concrets de réussite existent déjà, comme la iClasse, un concept scolaire qui fonctionne extrêmement bien et qui basé sur la recherche.
Bref, si nous voulons que les jeunes réussissent bien et mieux à l'école, nous devrons bousculer l'ordre établi. Le statu quo ne donnera jamais de résultats différents pour nos jeunes.
Nous avons peut-être un petit examen de conscience à faire face à l'état actuel du système scolaire. Jusqu'à quel point l'éducation est-elle une priorité pour nous, comme société en général et comme parent en particulier?
lundi 29 août 2016
vendredi 17 juin 2016
Plaidoyer pour une école actuelle
Le ministère de l'Éducation blâme les réseaux sociaux pour certaines « fuites » en lien avec des examens ministériels survenu en cette fin d'année scolaire. Pour en savoir plus sur cette saga, lisez le billet de Mario Asselin publié dans le Journal de Québec qui résume très bien la situation.
Voici une preuve que ce « Ministère » est bien déconnecté de la réalité.... et malheureusement, cela ne date pas d'hier.
Pendant une dizaine d'années, j'ai collaboré puis été à la barre de l'infobourg, un site web d'information en éducation, ainsi que du magazine l'école branchée et plus particulièrement de son guide annuel des 500 sites web pour réussir à l'école.
L'objectif de ces médias étaient de faire la promotion de l'utilisation des technologies à l'école primaire et secondaire. En 2006, et j'insiste sur le 2006 - c'était il y a 10 ans, j'ai participé au guide Éduquer à Internet plutôt que censurer.
Des exemples de projets innovants dans les écoles, j'en ai vu défiler à la tonne. J'ai visité des classes branchées, j'ai témoigné d'aventures stimulantes, d'essais concluants mettant en scène les technologies.
La diversité de projets est aussi vaste que le nombre de classes au Québec et chacun avait sa particularité, son côté prometteur.
J'ai assisté à l'émergence des médias sociaux et échangé avec des enseignants précurseurs qui n'ont pas hésité à les utiliser avec leurs élèves.
Ils avaient saisi le potentiel de ces outils, la portée qu'ils peuvent avoir, l'ouverture sur le monde qu'ils peuvent permettre.
J'ai développé une profonde conviction que les technologies peuvent changer le monde en général (elles sont en train de le faire).
En 2009 (remarquez encore l'année), avec mon ami Clément Laberge, nous avons rédigé le Credo pour une école branchée.
Nous avons écrit que « l’implantation des technologies dans les écoles doit être guidée par la volonté de favoriser l’égalité des chances pour tous les élèves; qu’elle doit leur permettre de réaliser leur plein potentiel ».
Je l'ai déjà écrit et je le répète. Mon rêve est que « chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde ».
Bref, au cours de ces années, j'ai vraiment constaté qu'une utilisation intelligente et adéquate des technologies peut contribuer à la réussite et à la persévérance des élèves.
Et pourtant, il y avait toujours une absence remarquée. « Quelqu'un » qui ne semblait pas constaté la même chose que plusieurs acteurs du monde de l'éducation.
Oui, le « Ministère » était absent. Pas orientation. Pas de soutien. Pas de nouvelles façons de faire. Pas d'innovation.
Ce n'est pas parce que le « Ministère » a donné de l'argent pour que les ordinateurs et les tableaux numériques entrent dans les écoles qu'il a pris position en leur faveur. Ce n'est pas parce qu'il offre des sommes pour que les élèves en difficulté puissent bénéficier « d'outils d'aide technologique » qu'il a valorisé leur utilisation.
Chaque décision a toujours été en lien avec du matériel informatique tout simplement. Du contenant pur et simple. Rien dans le contenu. Pas de matériel pédagogique réinventé. Il n'y jamais eu d'orientation claire.
Les enseignants peuvent utiliser les technologies mises à leur disposition avec leurs élèves, mais ils doivent quand même atteindre tous les objectifs fixés dans les programmes et faire passer des examens traditionnels en fin d'année. Il n'est pas question d'enseigner autrement, d'apprendre autrement, d'évaluer autrement.
Le « Ministère » est une institution bien ancrée dans ces procédures et sa bureaucratie... du passé, qui ne rejoint absolument pas les élèves et les enseignants dans leur réalité quotidienne d'aujourd'hui.
On se retrouve, en 2016, avec des cafouillages comme ceux vécus dans les derniers jours, avec des façons d'évaluer complètement désuètes, avec des labos d'informatique que les élèves visitent une fois par deux semaines, avec des TNI qui ne sont pas utilisés à leur plein potentiel, avec des enseignants qui se battent constamment pour continuer de mettre sur pied des projets prometteurs en lien avec l'utilisation des technologies et surtout avec un « Ministère » qui fait fit de la réalité et qui continue de se mettre la tête dans le sable.
Il est grandement temps que le « Ministère » sorte de son ineptie et fasse un « vrai coming out » en faveur des technologies en revoyant ses façons de faire. Entendra-t-il le message cette fois? Espérons qu'il arrive en 2016 avant 2020!
dimanche 5 juin 2016
Le ridicule ne tue pas
« On va commencer par se payer le SRB, pis on
verra après si on se paye un 3e lien » - dixit Régis Labeaume dans le journal de ce matin. Et puis, de toute façon, d’après lui, la question du 3e
lien est un faux débat et il est ridicule de penser à réaliser ce projet.
Est-ce qu’on peut appuyer sur pause un
instant ? Figer le temps et réfléchir un peu ?
SRB ou 3e lien ? Cela semble
devenu le duel de l’heure à Québec.
A-t-on vraiment besoin de voir les deux projets en opposition. Québec
veut le SRB vs Lévis veut le 3e lien? Je ne pense pas qu’il
faut le voir ainsi.
Selon moi, il faut d’abord se pencher sur la
situation de la circulation routière dans la région et voir le tout dans un
ensemble, pas séparément, ville par ville. C’est le développement économique de
toute la région qui est concernée ici.
Ma ville, myself and I, c’est ce que j’ai cru
lire ce matin.
Est-ce que les priorités de Régis Labeaume
sont devenus la priorité de tous?
Il aurait décidé que le SRB était devenu la
priorité numéro un dans la région de Québec?
Il me semble qu'un investissement de la sorte
demande plus que la volonté d'un seul homme. Il s’agirait de l’investissement
le plus important depuis de nombreuses années dans la région. Est-ce qu’on peut
au moins en débattre un peu avant de décréter qu’on va le faire ? On vit
en démocratie, il me semble. A-t-on pensé à consulter les citoyens dans tout
ça ?
J’écris ça et je ne paye pas de taxes à
Québec. Je suis une lévisienne qui traverse le fleuve à chaque jour pour aller
travailler à Québec, pour une entreprise qui paie des millions en taxes à
chaque année. Je vais aussi à Québec pour magasiner, manger et me divertir les samedis et
dimanches. De l’argent, j’en dépense à Québec. Ah, et j’ai « ma place » dans le
Centre Vidéotron, est-ce que ça me fait remonter dans l’échelle de valeur ?
En lisant les déclarations de Régis Labeaume
dans le journal de ce matin, j’ai eu l’impression qu’il n’en avait carrément
rien à faire de moi. Comme si les gens de Lévis étaient des sous-citoyens dans
la région.
J’écris ça et en même temps, je me dis que ces
propos sont tout aussi méprisants pour les citoyens de sa propre ville. Il
aurait décidé de ce qui était bon pour eux, un point, c’est tout !
À la page suivante, dans le journal de cematin, Régis Labeaume saluait l’arrogance de Muhammad Ali…
Je ne sais pas encore si je suis pour ou contre
le SRB, pour ou contre le 3e lien. Je suis encore au stade de me
demander quelle serait la meilleure solution.
La seule chose dont je suis convaincue, c’est
que le ridicule ne tue pas ! Toutes les options doivent pouvoir être mises
sur la table et analysés convenablement avant qu’on dépense des milliards pour
améliorer la circulation dans la région.
Ce n’est pas parce qu’on sent qu’il y a
urgence d’agir qu’il faut prendre n’importe quelle décision sans réfléchir ou pire, tenter d’en imposer une.
J’espère seulement que quelqu’un aura la décence de s’en
rendre compte et d’insister pour que le débat puisse avoir lieu !
vendredi 3 juin 2016
Esclave de la route
T’sé quand tu embarques dans ton char le matin
pis que tu entends à la radio : « Matin difficile pour les
automobilistes. L’accès au pont est particulièrement congestionné. » On ne
peut pas dire que ça commence bien la journée.
Tu prends une grande respiration, tu embrayes
ton auto, tu prends ton courage à deux mains et tu te diriges vers le trafic.
Advienne que pourra, il faut se rendre au boulot.
Puis, quand tu finis de travailler, tu
entends : « Armez-vous de patience. La situation est particulièrement
problématique à l’approche des ponts. » Tu pousses un soupir, tu es brûlée
de ta journée de travail, tu hésites entre rire jaune, pleurer ou devenir
folle.
Tu as une petite boule de stress qui se forme
dans ton ventre. Tu as ta fille qui t’attend à l’école, le souper à préparer,
les devoirs à faire, etc… Pas de panique, il faut y aller.
Pratiquer l’art du lâcher-prise. Tenter de
devenir zen. Inspirer. Expirer. Écouter de la musique. Toutes les stratégies
sont bonnes, mais pas toujours efficaces.
Au début, c’était juste quand il y avait un
accident sur le pont que j’entendais ces phrases. Ou bien l’hiver quand il y
avait une tempête de neige. Puis, c’est devenu un peu plus fréquent. Et il y a
eu le festival du cône orange qui dure de mai à novembre. Et c’est devenu un
peu plus fréquent encore.
Je suis déménagée sur la rive-sud de Québec, à
St-Jean-Chrysostome, en 2003. À cette époque, je travaillais au 580
Grande-Allée à Québec, la bâtisse à côté du Dagobert pour ceux qui connaissent
la ville. Je me levais à 7h. Je partais de chez moi à 8h20-8h30 le matin et à
9h, j’étais assise devant mon ordinateur.
Aujourd’hui, 13 ans plus tard, je travaille au
625, St-Amable, juste en arrière du 580 Grande-Allée. Je me lève à 6h. Je pars
de chez moi à 7h30 et je m’assoie devant mon ordi à 9h. Une semaine sur deux,
je dois faire un petit détour pour aller reconduire ma fille à l’école. J’arrive
alors un peu plus tard. Oui, il y a des exceptions et des journées où ça va mieux. Je fais une moyenne ici.
Bref, le trafic a augmenté… de façon considérable au
cours des 10 dernières années. Personne ne peut le nier. C’est devenu un réel
problème dans la région de Québec. Cela ne fait plus aucun doute. Je parle de
la traversée des ponts car cela est ma réalité quotidienne, mais la situation
est tout aussi problématique sur d’autres axes routiers.
Quand j’entend des gens me dire :
« Tu as seulement à déménager plus proche de ton travail » ou
« Ah, c’est toi qui a choisi de rester sur la rive-sud », je fais
maintenant la sourde oreille plutôt que de faire une crise de nerf. Il y a des
choix qu’on fait dans la vie qui nous suivent pendant plusieurs années. Je suis
dans cette situation. Je dois assumer, mais cela ne veut pas dire que je n’ai
pas le droit de dénoncer.
Je n’écris pas ce texte pour me plaindre de
mon sort. Je n’ai pas envie de faire pitié. Je veux seulement témoigner d’une
réalité. La qualité de vie dans la région de Québec se dégrade au fur et à
mesure que le trafic augmente sur les routes. Le système routier est désuet et
ne suffit plus au nombre de voiture. Surchargé, il est complètement inefficace.
Je ne sais pas qu’elle est la solution, mais
je suis maintenant convaincue que toutes les options possibles doivent être
mises sur la table.
Un troisième lien Québec-Lévis ? À l’Est
ou à l’Ouest de la ville ? Élargir le pont Laporte ou le Pont de
Québec ? Ajouter des voies sur l’autoroute 20 ? Cesser de barrer des
voies inutilement à certains endroits (pas besoin de bloquer la voie 1 km avant
le chantier de construction !) ? Se doter d’un véritable système de
transport en commun ?
Cependant, je ne crois pas que nous ayons des
années devant nous pour en discuter. Il devient urgent d’agir. Rapidement,
analysons les différents scénarios, prenons des décisions et agissons.
Je sais que ce type de dossiers demande mûre
réflexion, études et budget important. Mais je ne peux pas croire qu’il n’est
pas possible de s’entendre rapidement sur une solution et de réaliser les travaux à court terme.
Le statu quo ne peut
plus durer. Cela prend des élus qui mettront cartes sur table et qui penseront
d’abord au bien-être de leurs citoyens.
Ma santé mentale en dépend, c’est
certain ! Je ne dois pas être la seule !
dimanche 24 avril 2016
Ode au Québec rural
Ce matin, il y avait un très bon texte de Myriam Ségal dans Le journal de Québec, Branchés de force. Ce texte fait un retour sur la manchette de la semaine à l'effet que le gouvernement souhaite amender le Code du bâtiment « pour qu'on équipe toutes les constructions neuves d'une sortie 240 volts pour accueillir les actuelles bornes de recharge pour voiture électrique ».
Ce qu'elle écrit résume très bien ce que je pense de ce dossier. Je vous encourage donc à le lire.
Si j'écris ici ce soir, c'est à cause de cette phrase qui a retenu plus particulièrement mon attention dans son texte:
« Les ruraux subiront encore une mesure tout urbaine! »
Au cours de l'hiver et des dernières semaines, j'ai eu l'occasion de me déplacer à quelques reprises dans les régions du Québec: Bas-St-Laurent, Estrie... À chaque fois, je me disais : « Les gens qui vivent ici ne doivent tellement pas se reconnaître dans les manchettes gouvernementales, dans ce qu'ils entendent dans les médias ».
T'sé, quand l'hiver, tu ne peux pas sortir de chez toi pendant des jours parce qu'on ne voit ni ciel ni terre. Je l'ai déjà vécu dans mon enfance à La Pocatière et j'ai eu un rappel en passant par Kamouraska en février (et il faisait soleil à Québec ce jour-là!). Quand tu vis ça, tu comprends mieux que l'économie tourne au ralenti dans certaines régions en hiver. Tu comprends que la culture, les cinémas et les théâtres et même la bibliothèque municipale, ce n'est pas toujours si accessibles. Tu comprends qu'aller au restaurant les soirs de semaine et même la fin de semaine, ça peut être un gros luxe.
T'sé, quand l'épicerie (et je ne parle même pas du supermarché) est à des kilomètres de la maison, t'es mieux de rien oublier la prochaine fois que tu vas y aller. Si tu as une voiture électrique, même pas sûr que tu vas te rendre en raison du nombre de kilomètres à franchir... et imagine si il neige et que tu as des lames de neige à traverser sur la route, tu es mieux d'avoir une voiture assez grosse.... Parfois, il faudra que tu passes par un chemin de terre pour te rendre parce que l'achalandage n'est pas assez important pour qu'on asphalte la route où tu habites. Les nid-de-poule, connaît pas, ce sont plutôt des trous de terre chez toi au printemps.
Je ne dis pas que les ruraux sont coupés du reste du monde, mais leur réalité quotidienne est complètement différente. En ville, c'est facile de l'oublier. Je suis la première à le faire. Comme je l'ai écrit, je viens moi-même de la campagne. J'ai été élevée sur une ferme laitière avec le lot de contraintes et de joie que ça comporte! Je pense qu'il faut peut-être l'avoir vécu pour savoir vraiment ce que c'est que de vivre « en région ».
Pendant qu'on s'obstine sur le nombre de Syriens à accueillir au Québec, le seul immigrant qu'ils ont jamais vu est peut-être une oie blanche. (J'exagère, un peu, ici quand même!)
Pendant qu'on parle d'investir des milliards pour favoriser le transport en commun, ils veulent seulement qu'on déneige leur rue convenablement en hiver pour que l'autobus scolaire puisse passer et que le livraison du journal se fasse le jour même et non le lendemain.
Pendant qu'on déchire notre chemise en public pour l'industrie du taxi, ils rêvent d'un service comme Uber parce qu'il n'y a même pas de taxi dans leur municipalité!
Pendant qu'on chiale sur le prix des fruits et légumes à l'épicerie, ils se demandent comment ils vont faire pour trouver de la main-d'oeuvre pour les faire pousser et les récolter cette année. Ils ne doivent pas la payer trop cher cette main-d'oeuvre en plus si ils veulent vous les vendre à bon marché. Puis, ils pensent à la fosse à purin qu'ils devraient installer cette année pour respecter les normes environnementales, pis il y a le pickup à changer aussi. Ils vont racheter un truck « polluant, mal vu en ville » parce que transporter des outils agricoles, ça va mal avec une Yaris. Pour ça, ils vont payer plus cher de plaques et de gaz!
Pendant qu'on milite pour l'implantation d'un registre des armes à feu, ils veulent juste pouvoir continuer d'aller à la chasse à l'orignal, aux chevreuils et autres bibittes sauvages pour avoir de la bonne viande pour nourrir leur famille pendant l'hiver (quand la viande sera trop cher à l'épicerie - vous savez c'est quoi - ou même carrément rare sur les tablettes). Et ils y trouvent un peu de divertissement, tant mieux!
Le Québec rural, c'est ça et plein d'autres choses encore. Je pourrais continuer longtemps.
Je suis fière d'appartenir à cet univers qui n'est pas du tout folklorique et bien réel. Gens de la ville, il faudrait peut-être vous en souvenir plus souvent. Et je dirais même, gens du gouvernement, ne fermez pas les yeux ni les oreilles sur les ruraux. Je sais bien que la majorité des Québécois vit en ville maintenant, mais si on est si fier de la grandeur de notre territoire et de ses richesses naturelles, on devrait aussi être fier de ceux qui ont choisi de l'habiter ce territoire!
Ce qu'elle écrit résume très bien ce que je pense de ce dossier. Je vous encourage donc à le lire.
Si j'écris ici ce soir, c'est à cause de cette phrase qui a retenu plus particulièrement mon attention dans son texte:
« Les ruraux subiront encore une mesure tout urbaine! »
Au cours de l'hiver et des dernières semaines, j'ai eu l'occasion de me déplacer à quelques reprises dans les régions du Québec: Bas-St-Laurent, Estrie... À chaque fois, je me disais : « Les gens qui vivent ici ne doivent tellement pas se reconnaître dans les manchettes gouvernementales, dans ce qu'ils entendent dans les médias ».
T'sé, quand l'hiver, tu ne peux pas sortir de chez toi pendant des jours parce qu'on ne voit ni ciel ni terre. Je l'ai déjà vécu dans mon enfance à La Pocatière et j'ai eu un rappel en passant par Kamouraska en février (et il faisait soleil à Québec ce jour-là!). Quand tu vis ça, tu comprends mieux que l'économie tourne au ralenti dans certaines régions en hiver. Tu comprends que la culture, les cinémas et les théâtres et même la bibliothèque municipale, ce n'est pas toujours si accessibles. Tu comprends qu'aller au restaurant les soirs de semaine et même la fin de semaine, ça peut être un gros luxe.
T'sé, quand l'épicerie (et je ne parle même pas du supermarché) est à des kilomètres de la maison, t'es mieux de rien oublier la prochaine fois que tu vas y aller. Si tu as une voiture électrique, même pas sûr que tu vas te rendre en raison du nombre de kilomètres à franchir... et imagine si il neige et que tu as des lames de neige à traverser sur la route, tu es mieux d'avoir une voiture assez grosse.... Parfois, il faudra que tu passes par un chemin de terre pour te rendre parce que l'achalandage n'est pas assez important pour qu'on asphalte la route où tu habites. Les nid-de-poule, connaît pas, ce sont plutôt des trous de terre chez toi au printemps.
Je ne dis pas que les ruraux sont coupés du reste du monde, mais leur réalité quotidienne est complètement différente. En ville, c'est facile de l'oublier. Je suis la première à le faire. Comme je l'ai écrit, je viens moi-même de la campagne. J'ai été élevée sur une ferme laitière avec le lot de contraintes et de joie que ça comporte! Je pense qu'il faut peut-être l'avoir vécu pour savoir vraiment ce que c'est que de vivre « en région ».
Pendant qu'on s'obstine sur le nombre de Syriens à accueillir au Québec, le seul immigrant qu'ils ont jamais vu est peut-être une oie blanche. (J'exagère, un peu, ici quand même!)
Pendant qu'on parle d'investir des milliards pour favoriser le transport en commun, ils veulent seulement qu'on déneige leur rue convenablement en hiver pour que l'autobus scolaire puisse passer et que le livraison du journal se fasse le jour même et non le lendemain.
Pendant qu'on déchire notre chemise en public pour l'industrie du taxi, ils rêvent d'un service comme Uber parce qu'il n'y a même pas de taxi dans leur municipalité!
Pendant qu'on chiale sur le prix des fruits et légumes à l'épicerie, ils se demandent comment ils vont faire pour trouver de la main-d'oeuvre pour les faire pousser et les récolter cette année. Ils ne doivent pas la payer trop cher cette main-d'oeuvre en plus si ils veulent vous les vendre à bon marché. Puis, ils pensent à la fosse à purin qu'ils devraient installer cette année pour respecter les normes environnementales, pis il y a le pickup à changer aussi. Ils vont racheter un truck « polluant, mal vu en ville » parce que transporter des outils agricoles, ça va mal avec une Yaris. Pour ça, ils vont payer plus cher de plaques et de gaz!
Pendant qu'on milite pour l'implantation d'un registre des armes à feu, ils veulent juste pouvoir continuer d'aller à la chasse à l'orignal, aux chevreuils et autres bibittes sauvages pour avoir de la bonne viande pour nourrir leur famille pendant l'hiver (quand la viande sera trop cher à l'épicerie - vous savez c'est quoi - ou même carrément rare sur les tablettes). Et ils y trouvent un peu de divertissement, tant mieux!
Le Québec rural, c'est ça et plein d'autres choses encore. Je pourrais continuer longtemps.
Je suis fière d'appartenir à cet univers qui n'est pas du tout folklorique et bien réel. Gens de la ville, il faudrait peut-être vous en souvenir plus souvent. Et je dirais même, gens du gouvernement, ne fermez pas les yeux ni les oreilles sur les ruraux. Je sais bien que la majorité des Québécois vit en ville maintenant, mais si on est si fier de la grandeur de notre territoire et de ses richesses naturelles, on devrait aussi être fier de ceux qui ont choisi de l'habiter ce territoire!
mardi 19 avril 2016
Continuer de se battre ou abdiquer?
J'ai toujours dit que je n'étais pas attaché au Québec... Ce soir, j'ai juste envie de partir en courant... Mais quel petit peuple nous faisons à nous attarder à des pécadilles, à nous acharner toujours sur les mêmes personnes, à faire toute une histoire avec un simple tweet.
On est si en manque de nouvelles que ça au Québec? Il ne se passe vraiment rien d'intéressant?
Il n'y a pas de problème de charlatans qui prônent l'islam radical dans des mosquées près de chez à vous?
Il n'y a plus de violence dans Montréal-Nord?
Il n'y a pas tout un système gouvernemental à réformer?
Une lourdeur bureaucratique à mettre au régime?
Le système de santé est top shape peut-être?
Et que dire de nos écoles?
Ben non, il faut qu'on brûle du gaz pour un simple tweet! Je ne jugerai pas de la pertinence ou non du tweet. Là n'est pas mon point. Twitter, c'est un réseau social, fil d'actualités, où il se dit tout et n'importe quoi.
Aujourd'hui, les biens pensants de notre Québec ont sauté sur l'occasion de se servir de leur influence pour donner une sorte de leçon à un Québécois qui ne pensent pas comme eux....
T'sé, au Québec, on est pour la liberté d'expression, tant que tu penses du bord du système!
Le fait est que le Québec se dirige droit dans un mur avec son système de la pensée unique... Comment pouvons-nous avancer comme société si on ne favorise pas l'échange des idées?
Les Québécois sont endormis ou, s'ils ne le sont pas, ils se sentent tellement impuissants qu'ils ne protestent même plus. Ils bougonnent un peu dans leur salon le soir. Puis, le lendemain matin, ils retournent travailler comme si de rien n'était.
Je bougonne, moi, ce soir dans mon salon... et j'ai décidé de l'écrire et de le rendre publique. Peut-être que ça sort tout croche ce que j'écris, mais tant pis! Je suis tannée d'avoir le sentiment de regarder le Québec s'enfoncer et de ne pas voir de signal d'espoir à quelque part.
Je me demande si je ne devrais pas tomber endormie moi aussi. Peut-être que ça me choquerait moins que la liberté d'expression soit si souvent bafouée au Québec.
Je continue de vouloir me battre ou j'abdique?
On est si en manque de nouvelles que ça au Québec? Il ne se passe vraiment rien d'intéressant?
Il n'y a pas de problème de charlatans qui prônent l'islam radical dans des mosquées près de chez à vous?
Il n'y a plus de violence dans Montréal-Nord?
Il n'y a pas tout un système gouvernemental à réformer?
Une lourdeur bureaucratique à mettre au régime?
Le système de santé est top shape peut-être?
Et que dire de nos écoles?
Ben non, il faut qu'on brûle du gaz pour un simple tweet! Je ne jugerai pas de la pertinence ou non du tweet. Là n'est pas mon point. Twitter, c'est un réseau social, fil d'actualités, où il se dit tout et n'importe quoi.
Aujourd'hui, les biens pensants de notre Québec ont sauté sur l'occasion de se servir de leur influence pour donner une sorte de leçon à un Québécois qui ne pensent pas comme eux....
T'sé, au Québec, on est pour la liberté d'expression, tant que tu penses du bord du système!
Le fait est que le Québec se dirige droit dans un mur avec son système de la pensée unique... Comment pouvons-nous avancer comme société si on ne favorise pas l'échange des idées?
Les Québécois sont endormis ou, s'ils ne le sont pas, ils se sentent tellement impuissants qu'ils ne protestent même plus. Ils bougonnent un peu dans leur salon le soir. Puis, le lendemain matin, ils retournent travailler comme si de rien n'était.
Je bougonne, moi, ce soir dans mon salon... et j'ai décidé de l'écrire et de le rendre publique. Peut-être que ça sort tout croche ce que j'écris, mais tant pis! Je suis tannée d'avoir le sentiment de regarder le Québec s'enfoncer et de ne pas voir de signal d'espoir à quelque part.
Je me demande si je ne devrais pas tomber endormie moi aussi. Peut-être que ça me choquerait moins que la liberté d'expression soit si souvent bafouée au Québec.
Je continue de vouloir me battre ou j'abdique?
vendredi 1 avril 2016
Wrap-up de la semaine... ben découragée!
Mon constat de la semaine qui vient de passer est peu reluisant... tellement que j'ai décidé de l'écrire. C'est comme la goutte qui fait déborder mon vase et qui me fait prendre le clavier pour écrire...
Mathieu Bock-Côté se dit Contre le Québec bilingue... alors que de plus en plus d'entreprises se désolent du peu d'employés bilingues qu'elles peuvent recruter (à commencer par l'entreprise pour laquelle je travaille et je le vis au quotidien). Ce texte est une aberration. C'est comme se mettre la tête dans le sable, s'enfermer à double tour chez soi et faire comme si le reste du monde n'existait pas. L'unilingue devient captif d'une république de bananes!
St-Hubert est vendu à une entreprise ontarienne... on crie au scandale! Pourtant, il me semble que c'est une occasion de croissance incroyable pour cette entreprise de chez nous. La famille de l'Ouest pourra enfin se procurer de la sauce à poutine St-Hubert au supermarché plutôt que de faire des provisions lors des rares visites au Québec.
Il me semble que nous devrions être fier que des Québécois aient bâti une chaîne de restauration et de distribution alimentaire qui ait attiré l'attention d'investisseurs ontariens. Le Québec est un marché somme toute assez restreint. Pour croître, il faut exporter ses produits vers d'autres marchés.
Régulièrement, je parle à des gens d'affaires de la région de Québec. Ils cherchent tous à faire des affaires à l'extérieur du Québec. Ils y trouvent un plus grand marché à conquérir, des investisseurs potentiels, etc. Ils n'ont pas envie de se limiter au Québec comme terrain de jeux et je les comprends bien... et si cela inclut d'être acheté par une autre entreprise plus grosse, cela est bon, parce que cela voudra dire qu'ils auront réussi. Moi, j'applaudis!
Pourtant dans les médias, on tente de faire peur aux gens avec des généralisation grotesques, on fait littéralement dans la désinformation en ne donnant souvent qu'un côté de la médaille... Il faut aller voir plus loin, chercher à s'informer davantage, diversifier ses sources d'information pour mieux comprendre... ce que le Québécois moyen ne fait malheureusement pas (et il faut le comprendre, en a-t-il le temps? Nous serions en droit de demander des médias neutres et réellement informatifs! Non?).
Le Québécois moyen semble être devenu un pantin que les médias peuvent manipuler allègrement. Malheureusement, le Québécois se fait gaver d'une information de plus en plus biaisée.
C'est à croire que le Québec est véritablement né pour un petit pain, le Québécois unilingue se replie sur lui-même.
Il suffit de maîtriser un peu l'anglais et de s'intéresser à l'actualité des médias anglophones pour voir à quel point l'information qu'on nous sert dans les médias québécois est de plus en plus centriste, légère, assaisonnée, teintée d'une couleur bleu poudre, déconnectée de la réalité du reste du monde... on endort le Québécois moyen pour éviter qu'il s'intéresse aux vrais affaires et se mette à questionner le sacro-saint modèle québécois.
J'ai une formation de journaliste. Je ne comprends plus où s'en va le journalisme au Québec. On dérape vraiment.
J'ose espérer que nous nous réveillerons avant qu'il ne soit trop tard...
Mathieu Bock-Côté se dit Contre le Québec bilingue... alors que de plus en plus d'entreprises se désolent du peu d'employés bilingues qu'elles peuvent recruter (à commencer par l'entreprise pour laquelle je travaille et je le vis au quotidien). Ce texte est une aberration. C'est comme se mettre la tête dans le sable, s'enfermer à double tour chez soi et faire comme si le reste du monde n'existait pas. L'unilingue devient captif d'une république de bananes!
St-Hubert est vendu à une entreprise ontarienne... on crie au scandale! Pourtant, il me semble que c'est une occasion de croissance incroyable pour cette entreprise de chez nous. La famille de l'Ouest pourra enfin se procurer de la sauce à poutine St-Hubert au supermarché plutôt que de faire des provisions lors des rares visites au Québec.
Il me semble que nous devrions être fier que des Québécois aient bâti une chaîne de restauration et de distribution alimentaire qui ait attiré l'attention d'investisseurs ontariens. Le Québec est un marché somme toute assez restreint. Pour croître, il faut exporter ses produits vers d'autres marchés.
Régulièrement, je parle à des gens d'affaires de la région de Québec. Ils cherchent tous à faire des affaires à l'extérieur du Québec. Ils y trouvent un plus grand marché à conquérir, des investisseurs potentiels, etc. Ils n'ont pas envie de se limiter au Québec comme terrain de jeux et je les comprends bien... et si cela inclut d'être acheté par une autre entreprise plus grosse, cela est bon, parce que cela voudra dire qu'ils auront réussi. Moi, j'applaudis!
Pourtant dans les médias, on tente de faire peur aux gens avec des généralisation grotesques, on fait littéralement dans la désinformation en ne donnant souvent qu'un côté de la médaille... Il faut aller voir plus loin, chercher à s'informer davantage, diversifier ses sources d'information pour mieux comprendre... ce que le Québécois moyen ne fait malheureusement pas (et il faut le comprendre, en a-t-il le temps? Nous serions en droit de demander des médias neutres et réellement informatifs! Non?).
Le Québécois moyen semble être devenu un pantin que les médias peuvent manipuler allègrement. Malheureusement, le Québécois se fait gaver d'une information de plus en plus biaisée.
C'est à croire que le Québec est véritablement né pour un petit pain, le Québécois unilingue se replie sur lui-même.
Il suffit de maîtriser un peu l'anglais et de s'intéresser à l'actualité des médias anglophones pour voir à quel point l'information qu'on nous sert dans les médias québécois est de plus en plus centriste, légère, assaisonnée, teintée d'une couleur bleu poudre, déconnectée de la réalité du reste du monde... on endort le Québécois moyen pour éviter qu'il s'intéresse aux vrais affaires et se mette à questionner le sacro-saint modèle québécois.
J'ai une formation de journaliste. Je ne comprends plus où s'en va le journalisme au Québec. On dérape vraiment.
J'ose espérer que nous nous réveillerons avant qu'il ne soit trop tard...
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