mercredi 15 novembre 2017

Pas de patinoire à l'école, vraiment?

Aujourd'hui, j'ai reçu l'Info-Parents mensuel de la part de l'école de ma fille. Jusque là, rien de surprenant. Sauf qu'il y avait ce petit paragraphe, au point 11 (donc dans la page 3 de l'Info-Parents):
«11. Patinoire: Nous tenons à vous informer que malheureusement la Ville de Lévis a pris la décision que la patinoire qui était présente par le passé sur le terrain de notre école ne sera plus aménagée à compter de cette année. »
QUOI!?! Est-ce que j'ai bien lu? Je me suis empressée d'envoyer un courriel à l'école pour en savoir plus.

Ma fille est en 6e année. Depuis toujours, à son école, l'École La Nacelle de Lévis (quartier Saint-Jean-Chrysostome ), une patinoire municipale est aménagée dans la cour de l'école. Les élèves peuvent patiner le midi et le soir pendant le service de garde et même à l'occasion pendant les cours d'éducation physique. Cette activité est très appréciée des élèves et elle fait en sorte que l'école se distingue des autres. L'an dernier, le Service de garde de l'école a même été finaliste pour un concours de projet engageant de l'association des services de garde du Québec en raison de la patinoire.

Le patinage est une activité accessible à l'ensemble des enfants. Beaucoup d'enfants ont appris à patiner à l'école de ma fille. Ils prennent ainsi goût au sport, à l'hiver et, par-dessus tout, ils s'amusent.

La réponse de l'école n'a pas tardé:
« Nous avons été très surprises nous aussi d’apprendre cette décision qui a été prise par la ville de Lévis. Nous croyons à l’importance de jouer à l’extérieur et de bouger et la patinoire était un plus pour le service de garde. [...] Je n’ai pas reçu beaucoup de détails en lien avec les raisons. nous avons reçu un courriel de la commission scolaire nous informant du retrait des patinoires dû au manque d’éclairage et au manque d’achalandage. Aucune consultation n’a été faite auprès de nous pour avoir notre opinion donc c’est très décevant. Pour le manque d’achalandage, c’est absolument faux, car le service de garde l’utilisait toutes les après-midis et les enseignants d’éducation physique l’utilisaient régulièrement. »

Donc, je me pose sérieusement la question à savoir ce qui a motivé la décision de la Ville de Lévis. Sans faire aucune consultation en plus.

Il est certain que je vais faire un petit appel demain à ce sujet. J'espère que d'autres parents en feront autant. Faudrait-il faire une pétition pour renverser la décision?

Nous venons de sortir d'une élection municipale. Un aura très positif règne autour du maire de Lévis et de son équipe. Par contre, il ne faudrait pas que des décisions de ce genre viennent entacher la belle réputation qu'il a en ce moment!

À suivre!

Mise à jour du 18 novembre:
J'ai parlé avec Guy Dumoulin aujourd'hui, le conseiller municipal du district où se trouve l'école. Il a eu la gentillesse de m'appeler un samedi avant-midi. Il m'a informé que la Ville de Lévis avait choisi de se retirer progressivement des lieux qui ne sont pas des parcs municipaux afin de concentrer ses efforts dans les parcs municipaux. L'école des Mousserons à St-Jean-Chrysostome serait également touchée. La décision bien qu'elle soit décevante peut être comprenable.

Il reviendrait donc à la Commission scolaire des Navigateurs de maintenir les installations hivernales comme la patinoire (tout comme elle est responsable des autres aménagements des cours d'école - panier de basket ou autres). Il m'a laissé entrevoir que la balle serait dans le camp de la CSDN et qu'il pourrait éventuellement y avoir des discussions avec celle-ci afin de maintenir la patinoire. 

La prochaine étape sera donc d'appeler la CSDN, en plus de discuter avec la direction et le service de garde de l'école, pour voir ce qu'il serait possible de faire. Il est aussi de la mission des commissions scolaires et des écoles d'offrir des milieux stimulants pour les élèves. Je comprends toutefois qu'il y aura un coût associé à ce maintien. Reste à voir qui pourra l'assumer.



samedi 11 novembre 2017

L'ultime sandwich

Une partie du groupe lors du dernier rendez-vous
le 10 novembre 2017. Crédit: Nathalie Perreault
Il fallait être brave pour se rendre sur la colline parlementaire hier midi à Québec. Il ventait un vrai vent du Nord québécois et la température ressentie était de presque -20 degrés.

Pourtant, je ne pouvais pas manquer ce rassemblement: le tout dernier rendez-vous du Sandwich du vendredi.

J'ai déjà écrit une forme de conclusion ici la semaine dernière.

Contrairement à ce que pense ma fille, cet ultime rendez-vous ne signifie pas que nous n'allons plus jamais manger de sandwich. Cela veut simplement dire qu'après une année complète, il était temps de passer à autre chose et de trouver une autre action citoyenne pour signifier notre indignation envers les instances politiques qui nous gouvernent mal.

La forme que cela prendra n'est pas encore définitive, mais il y aura certainement un rendez-vous quelque part en janvier (et, attention, il n'est pas exclu qu'un sandwich soit présent!). Il est clair qu'il ne s'agit pas d'une fin. Nous poursuivons notre quête d'aborder la situation politique avec moins de cynisme et de chercher des lieux où amener du positif plutôt que de continuellement voir le négatif.

J'espère que de plus en plus de citoyens se sentiront interpellés par ce désir de faire changer les choses, que des gens se réveilleront petit à petit et se découvriront des convictions. J'ai déjà écrit « changer le monde un sandwich à la fois ». Cela veut aussi dire « changer le monde un geste à la fois » aussi minime soit-il.

Chacun doit trouver son petit terrain de jeu, où il se sent confortable et où il croit possible d'agir. C'est surtout cela l'important. Se sentir concerné par un enjeu en particulier et décider d'agir pour apporter une contribution dans ce domaine. Ne pas rester passif à regarder passer la parade.

Moi, j'ai déjà trouvé ma voie. Faire progresser le numérique dans toutes les sphères de la société, faire en sorte que chacun puisse en tirer profit et améliorer sa qualité de vie, au travail à la maison, ou ailleurs. Les technologies peuvent représenter un important levier social et nous avons définitivement besoin d'accélérer les virages numériques qui doivent se prendre. La transformation est mondiale et ne s'arrêtera pas. Si nous voulons demeurer « dans la game », des changements sont nécessaires dans plusieurs lieux et à plusieurs niveaux. Je compte bien y contribuer!




vendredi 3 novembre 2017

52 sandwichs plus tard

Il y a un an, Clément Laberge a initié une nouvelle tradition: aller manger un sandwich devant l'Assemblée nationale à Québec, le vendredi à midi.

Il s'agissait d'un geste symbolique pour marquer son indignation envers nos politiciens, la machine gouvernementale, le système qui n'est plus à l'écoute des citoyens, des électeurs.

Au fil des semaines, plusieurs personnes se sont jointes à lui, dont moi-même. Il s'agissait d'une façon de s'engager dans une réflexion, de prendre un moment pour parler avec d'autres personnes de l'actualité de la semaine, des aberrations surtout, et de discuter positivement de ce qui pourrait être fait autrement.

Toujours sans partisanerie. Je tiens à le souligner car c'était très important pour moi. Je suis convaincue qu'il faut dépasser les carcans des formations politiques si on veut être capable de travailler tous ensemble pour améliorer la situation actuelle, passer en mode solution.

Les semaines ont passé, ont filé à la vitesse de l'éclair, je devrais plutôt dire. Bref, un an s'est écoulé depuis le premier rendez-vous du sandwich. Nous n'avons pas réussi à pousser la démarche plus loin. Mais, et c'est ce qui est remarquable quand même, à chaque vendredi depuis 52 semaines, il y a toujours eu au moins une personne devant l'Assemblée nationale pour manger un sandwich.

Au cours des derniers mois, j'ai été moins présente physiquement à l'Assemblée nationale, mais de façon symbolique, j'ai mangé plusieurs sandwich à distance! Par solidarité! Parce que je crois qu'il y a quelque chose de malsain dans la situation politique actuelle au Québec et qu'il devra y avoir, un jour ou l'autre, un point de rupture pour faire changer les choses. On ne sait juste pas encore lequel et comment cela se passera.

En février, nous avons publié un premier texte commun Nourrir la démocratie un sandwich à la fois qui a été publié dans Le Soleil.

Aujourd'hui, à l'occasion du 52e sandwich, nous publions un deuxième texte Pour en finir avec le cynisme systémique qui commence comme suit:
Le Québec souffre d'un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.
J'endosse ce texte à 100%. Pour moi, c'est un texte qui réitère l'importance de l'engagement citoyen, du « réveil citoyen ». Oui, cela demande un effort. Mais, il revient à chacun d'entre nous de s'intéresser à la chose publique, de placer notre « énergie à soutenir des projets inspirants » et non « à s'époumoner sur les sujets qui nous enragent ».

Ce n'est pas en « chialant » constamment qu'on va trouver des solutions. Il faut se mettre en action, même si on croit que c'est impossible de faire changer les choses. Cela ne changera peut-être pas rapidement, mais il faut croire dans la théorie des petits pas.

Finalement, la Grande finale du rendez-vous du sandwich aura lieu le vendredi 10 novembre de 12h à 12h30 devant l'Assemblée nationale. Celui-là, je ne le manquerai pas. J'y serai et je vous invite à y être vous aussi.


Un retour sur mes écrits au sujet du Sandwich du vendredi
Changer le monde un sandwich à la fois
Réflexion post-sandwich #2
Quand j'ai mal à mon diplôme
Du cynisme à l'optimisme
Il n'y aura pas de sauveur
D'un sandwich à l'autre






Pour en finir avec le cynisme systémique

Note: Ce texte est publié à l’occasion du 52e rendez-vous sandwich. Les cosignataires sont présentés au bas du texte.
Le Québec souffre d’un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.
Que faire devant ce constat? S’indigner chacun notre tour sur les réseaux sociaux? Se réfugier dans une partisanerie pire que celle qui nous irrite? Décrocher complètement pour se replier dans un confortable chacun-pour-soi? 
Il y a un an, une série d’événements nous a fait sortir de nos gonds: écoeurantite aiguë. Nous avons cru nécessaire de nous engager dans une démarche exutoire. 
Depuis un an, nous nous sommes réunis chaque vendredi devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich en cherchant à résoudre ce dilemme.  
C’est une démarche exigeante, que l’on pourrait juger futile, mais que nous croyons utile, parce que la recherche d’une solution s’avère déjà une première façon de rester actifs et engagés. De ne pas sombrer. C’est un symbole. 
Toute l’année, les raisons de s’indigner se sont succédé, chaque semaine, l’une remplaçant la précédente… à un rythme si effarant qu’il fallait probablement un rendez-vous hebdomadaire pour le constater. L’année a été un feu roulant de raisons capables d’entraîner quelqu’un dans la lassitude et la perte de confiance dans le monde politique. Mais nous avons tenu bon.  
Chaque semaine, nous avons fait l’effort de transformer notre indignation en quelque chose de plus positif: en échangeant, en adoptant d’autres perspectives, en cherchant la lumière au bout du tunnel. C’est un rendez-vous qui nous a fait du bien, duquel nous sommes chaque fois repartis revigorés, et un peu plus sereins. Du même coup, nous avons un peu moins chialé sur les réseaux sociaux — ce qui est déjà pas mal comme résultat, parce que cela ne mène le plus souvent à rien. 
Après trente semaines, nous avons publié un texte pour interpeller élus et journalistes. Un texte qui a eu bien peu d’échos. Nous nous sommes parfois demandé s’il fallait en publier un autre, choisir des mots plus forts, plus polémiques ou provocateurs. Nous avons choisi de ne pas le faire pour ne pas alimenter les mécanismes négatifs que nous déplorons. 
Vingt-deux semaines plus tard, cette année de rendez-vous aboutit sur le constat que la dynamique politique est dans une impasse partisane au Québec et que la manière dont les médias (et notre usage des médias sociaux) s’en font l’écho a pour effet d’empirer la situation.  
Au moment où nous mettons un terme à cette séquence de cinquante-deux vendredis sandwich, on se dit qu’il serait peut-être utile d’envisager la mise sur pied de quelque chose comme une commission sur le cynisme systémique. Il est urgent de comprendre pourquoi notre désabusement prend plus de place dans l’espace public que nos espoirs et les projets qui sont censés les incarner.  
Autrement, le Québec court le risque de s’embourber de plus en plus profondément dans des débats qui n’ont rien à voir avec les défis réels auxquels nous sommes confrontés. La lassitude et le désengagement sont toxiques pour notre avenir. 
Vivement que des hommes et des femmes politiques assument un leadership dans cette nécessaire reprise en main de notre santé mentale collective. L’apport des médias est également indispensable pour que cette reprise en main soit possible. 
Mais il ne faut pas seulement attendre que le changement vienne des autres. Le réveil citoyen veut aussi que chacun de nous consacre un peu plus d’énergie à soutenir des projets inspirants et un peu moins à s’époumoner sur les sujets qui nous enragent. 
Vivement qu’on fasse de l’espace dans nos vies pour ces projets inspirants et que chacun d’entre nous puisse recommencer à se mobiliser POUR quelque chose plutôt qu’uniquement CONTRE quelque chose. 
C’est dans cet esprit que nous vous invitons à vous joindre à nous pour un dernier rendez-vous sandwich, le vendredi le 10 novembre, de 12h à 12 h 30 devant l’Assemblée nationale.  
LES SIGNATAIRES: 
Clément Laberge
Marie-Claude Côté
Marianne Kugler
Étienne Ferron-Forget
Louis Germain
Benoît Tardif
Marie-Claude Perron
Martine Rioux
Nathalie Perreault
Lynda Cloutier
Annie Morin
Marie Lavoie
Marjorie Ramírez
Marie-Hélène Vaugeois
Sylvain Bérubé
Et une vingtaine d’autres personnes qui sont venues manger un sandwich avec nous au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Un retour sur mes écrits au sujet du Sandwich du vendredi

lundi 4 septembre 2017

Ma rentrée numérique

Pour la première fois cette année, depuis que ma fille va à l'école, j'ai l'impression de vivre une rentrée numérique en tant que parent. Je m'en réjouis!

Tout d'abord, tous les élèves de son école doivent signer une charte de règles d'utilisation des médias sociaux à l'école ET en-dehors de l'école.

Être respectueux envers les autres, envers les droits d'auteur, demander la permission avant de publier les photos des autres, etc.

Cela est très significatif pour moi.

Au nombre de jeunes qui passent leur fin de semaine sur YouTube, Musica.ly, Snapchat et Instagram à s'observer les uns les autres,
cela devient facile de faire de l'intimidation sur les réseaux après les heures de classe.

Avec cette charte, l'école vient dire aux élèves qu'ils doivent agir avec décence en tout temps. J'imagine que, dans la plupart des maisons, les parents demandent aussi à leurs enfants d'utiliser les réseaux avec respect, mais il s'agit d'une façon de renforcer les comportements positifs.

Ensuite, l'enseignante de ma fille utilise l'application Classe Dojo pour communiquer avec les parents sur une base quotidienne. Les parents ont leur compte, les élèves ont le leur. Comme parent, je reçois déjà à la fin de chaque journée un aperçu des points boni reçu ou perdu par ma fille. Des photos et projets pourront être partagés. J'ai également écrit à l'enseignante pour lui poser une question et elle m'a répondu rapidement. +1 pour cette application que je découvre!

Ma fille fait la première partie de l'année scolaire en anglais. Afin de favoriser l'apprentissage de cette langue, l'enseignante utilise l'application Raz Kids, Kids A-Z. Une sélection de livres est proposée par niveau de difficulté. Pour chaque livre, il faut d'abord se le faire lire par un narrateur en suivant le texte. Ensuite, il faut le lire à voix haute et s'enregistrer. Finalement, on répond à quelques questions écrite (qui peuvent être lu par le narrateur). Génial!

L'enseignante de ma fille a également un site Wix sur lequel elle publie tous les devoirs de la semaine, ainsi que différents liens vers des exercices obligatoires à faire en ligne et autres liens utiles. Ainsi, comme elle l'a expliqué aux élèves de la classe, « personne ne peut donner l'excuse d'avoir perdu sa feuille de devoirs ni d'avoir oublié ses cahiers d'exercices à la maison ».

Rien de révolutionnaire peut-être, mais c'est déjà beaucoup plus que ce que j'ai vécu par les années passées. Communication efficace, acquisition de compétences, partage de connaissance, les avantages du numérique sont là pour moi.

La rencontre de parents n'a pas encore eu lieu. J'apprendrai peut-être d'autres pratiques intéressantes au cours de celle-ci. En fait, je sais déjà que les élèves sont placés en groupe de 4 pour maximiser le travail collaboratif dans la classe, ce qui est très bien également. Le reste est à découvrir!

Par ailleurs, en tant professionnel qui fait la promotion de l'utilisation du numérique au quotidien dans toutes les sphères de la société, je me réjouis que la technologie à l'école ait fait la manchette à quelques reprises au cours des dernières jours à l'occasion de la rentrée.

À propos du codage et de la programmation informatique à l'école: l'exemple d'autres provinces canadiennes, la volonté du ministre de l'éducation d'aller de l'avant pour jumeler cette discipline à l'enseignement des mathématiques. Par contre, il faut mentionner la tradition opposition des syndicats au changement.

À propos de la réalité virtuelle: une enseignante de Québec qui fait visiter des églises et autres monuments du patrimoine religieux du monde entier à ses élèves grâce à la réalité virtuelle. Cela me fait penser au projet similaire mis en place par mon amie Chantale Maheux dans une école secondaire de Lévis.

Sans compter cette épisode de l'émission NumériQC consacré au numérique à l'école à laquelle j'ai participé en avril dernier et qui vient d'être diffusée. Elle réunit des professionnels du numérique et de l'éducation qui font bouger les choses dans la région de Québec.

Mario, Audrey, Thérèse, Stéphanie: je tiens à vous remercier encore une fois d'avoir accepté de participer à ce projet. Il y aura assurément une autre épisode de NumériQC en lien avec l'éducation l'année prochaine!

Bref, en cette rentrée scolaire 2017, plusieurs signes me donnent espoir que le numérique fera plus en plus sentir sa présence dans les écoles, de façon positive et constructive. Il est temps d'aller de l'avant. Applaudissons toutes les initiatives!

samedi 26 août 2017

Mettre la « switch à off »

J'avais commencé l'année 2017 en écrivant qu'il fallait:
Faire plus de place pour ce qu'on aime et moins pour ce qu'on n'aime pas (et qui nous gruge de l'énergie inutilement).
Je dois dire que j'ai quand même bien réussi pour le moment et ce n'est pas parce que je n'ai pas eu une année chargée jusqu'à maintenant. Changement de job, promotion, voyage en Europe, fille au bord de l'adolescence, chum qui retourne à l'école puis se lance en affaires, gestion de copropriété, etc... Ma vie semble un véritable feu roulant.

Et c'est là où je me rends compte de toute l'importance de prendre le temps de s'arrêter à l'occasion pour y voir plus clair. Prendre une pause, se sortir de sa routine pour y jeter un nouveau regard, comme à vol d'oiseau. À trop être plongé de près dans le quotidien, on n'y voit plus clair. On voit uniquement le micro et non plus le portrait global.

J'ai toujours été de ceux qui ont « ben de la misère » à partir en vacances. La tête pleine, des dossiers incomplets, des échéanciers à respecter, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour ne pas décrocher. Chaque année, j'ai de la difficulté à m'arrêter et à « partir »....  J'ai toujours l'impression que j'ai oublié quelque chose. Cette année, c'était encore plus vrai avec mes nouvelles « responsabilités » chez Québec numérique.

Mais, comme d'habitude, après quelques jours, j'ai pu décrocher et trouver la zénitude. Et ce qui semblait d'une importance capitale a pris soudainement une tout autre importance. Parfois, ça fait du bien de faire comme si « le reste » n'existait pas.

Je l'avoue, j'ai triché. Quoi qu'on en dise dans cet excellent billet de blogue qui nous préviens contre le fait que nos courriels du bureau pourraient ruiner nos vacances, j'ai quand même regardé mes courriels professionnels et réglé un ou deux dossiers. Je dois admettre qu'il y avait un risque élevé de faire revenir le stress au galop....

Mais, comme j'étais dans un état d'esprit relaxe, alors tout a mieux passé. Bref, je ne me suis pas laissé distraire de mes vacances par les courriels traités ou aperçu du coin de l'oeil. On regardera ça lundi!

Tout ça pour dire que mettre la « switch à off » devient primordial pour se recentrer, prendre le temps de respirer, avoir les idées claires et faire le point. En fait, ça permet de retrouver l'essentiel, ce qui compte vraiment, ce qui nous fait du bien, nous permet d'avancer le reste du temps. En vacances, on met systématiquement de côté ce qui nous stresse et nous gruge de l'énergie inutilement. Faut en tirer une leçon pour le reste de l'année!

La réalité me rattrapera bien assez vite. Les vacances se terminent. Je commence à penser à ma liste de choses à faire et de dossiers à traiter qui s'allonge et se complexifie. Au lieu d'angoisser, je cherche des façons de prendre les éléments de la liste les uns après les autres sans trop de stress, à développer une certaine méthode de travail pour arriver à mieux gérer mon temps et maximiser les résultats.

J'ai quelques idées que je compte tester dans les prochaines semaines, en espérant que je serai capable de m'y tenir et qu'elles donneront de bons résultats. Ce retour de vacances est comme une deuxième occasion de prendre des résolutions dans la même année.

Finalement, j'avais définitivement besoin de cette petite pause pour faire le ménage dans ma tête et donner un « break » à mon cerveau! La passion qui m'anime face au numérique guide mon quotidien professionnel. Les défis à venir sont tellement nombreux et stimulants. Les gens qui m'entourent sont tous des passionnés qui veulent faire avancer la cause du numérique pour de vrai. Mais, j'avais quand même le droit de m'arrêter un peu!

Maintenant, j'entame la rentrée avec enthousiasme et je fonce (mais je vais demeurer vigilante pour continuer de tenir mes résolutions du début d'année). Stick to the basics!

dimanche 2 juillet 2017

Une politique, bravo, maintenant, passons à l’acte

Le ministère de l’Éducation a récemment publié sa Politique de la réussite éducative. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s’agit de la toute première politique du genre à être publié au Québec. Celle-ci a comme ambition de donner une vision claire pour orienter l’avenir de l’école québécoise. Si l’on veut que l’éducation devienne une véritable priorité, on peut dire « il était temps »!

Dès que j’ai su que la Politique avait été rendue publique, je me suis précipitée sur le site du ministère de l’Éducation afin de la regarder en diagonale. Celle-ci comporte une foule d’idées en lien avec pratiquement tous les sujets relevant du milieu scolaire: reconnaissance des enseignants, modes de financement, services aux élèves, maîtrise de la langue, etc.

Plein de bonnes intentions, y’a pas à dire, le ministère n’est pas contre la vertu! Il faudra seulement que des gestes soient posés pour que cette vertu se concrétise. Le plus tôt sera le mieux. Mais au moins, le ministre a publié cette ligne directrice à suivre. On est sur la bonne voie.

Le numérique dans tout ça
En 2017, une telle politique ne pourrait être complète sans mention du numérique. C’est donc ce que j’ai d’abord cherché dans le contenu (petit biais personnel et professionnel aussi, j’en conviens!).

Voici ce que j’ai trouvé
Quelques paragraphes sont consacrés à «L’évolution de l’école dans un monde numérique ». Aucune révélation à y trouver, mais quand même quelques passages intéressants qui viennent marteler l’importance d’une transformation numérique de l’école.

Le numérique change « toutes les sphères de l’activité humaine » et ouvre « un vaste champ de possibilités pour l’élève et le personnel enseignant, mais exigent d’eux l’acquisition et la maîtrise de nouvelles compétences propres à leur utilisation dans un contexte éducatif ».

Ma phrase préférée est la suivante: « Elle [l’école] doit autant former au numérique que par le numérique ». Suivi de « Le numérique est une des clés de la réussite éducative que nos écoles devront apprendre à utiliser ou continuer de développer ».

Au-delà de ces mots, qui sont pour moi une évidence, il y a urgence d’agir et cela ne transparaît malheureusement pas dans les termes employés.

Parmi les orientations principales de la Politique
  • Orientation 2.2: Mieux intégrer les compétences du 21e siècle et les possibilités du numérique
    • Sa présence [du numérique] dans toutes les sphères de l’activité humaine fait en sorte que la capacité d’une personne à l’utiliser de façon autonome et créative est devenue une compétence indispensable, qu’elle aura à maintenir et à rehausser tout au long de sa vie.
    • Le numérique est déjà à l’œuvre dans la transformation de l’école; il reste à poursuivre son déploiement de façon équitable et à mieux exploiter son potentiel pour améliorer l’enseignement et l’apprentissage.
  • Orientation 6.1: Assurer l’accès à des ressources éducatives et pédagogiques de qualité et à des infrastructures technologiques en permettant une utilisation optimale du numérique
    • Cette orientation est très peu détaillée mais on y lit un appel pour «  un accès non restrictif à des ressources de qualité » et un branchement à Internet plus équitable à la grandeur du territoire.

À travers les paragraphes consacrés à ces deux orientations, on peut lire des mots comme « lorsque cela est possible », « requiert d’abord », « n’est cependant possible que par »…

Bref, on fait preuve de prudence, encore, on est conscient qu’il y a encore beaucoup (trop) d’obstacles au bon déploiement du numérique à l’école, qu’il existe de grandes différences d’une région à l’autre en matière d’accès aux ressources ou au simple réseau internet... et on répète beaucoup de choses qu’on savait déjà et on ne va toujours pas plus loin…

On pose particulièrement le danger d’inégalité sociale pour ceux qui ne maîtriseront pas le numérique dans les prochaines années et pour ceux qui n’y ont toujours pas accès adéquatement, mais que fera-t-on pour accélérer le changement?

Au moins, maintenant, la Politique est publiée, mais alors, « what’s next » ?

Un plan d’action devrait voir le jour dans les prochains mois au sujet du numérique en éducation. C’est ce Plan d’action qui viendra positionner davantage les intentions du ministère de faire bouger les choses (ou pas). Une chose est certaine, cela prendra un solide coup de barre. On sent déjà que le ministre a envie que les choses changent. Gardons espoir!

Ça fait presque 15 ans que je côtoie le monde numérique scolaire de façon plus ou moins intensive. Je sais qu’il se passe déjà tellement de beaux projets, mais la volonté numérique est si inégale que les bons coups demeurent des exceptions ou des exemples à ne pas trop divulguer pour ne pas déranger ceux qui dorment encore. Il est juste temps pour ça change pour que les jeunes d’ici soient bien formés au monde d’aujourd’hui (même pas de demain, juste d'aujourd’hui!).



lundi 26 juin 2017

Keep calm and feel digital

Cela me prenait quelques jours pour m’en remettre… Du 3 au 11 juin, j’ai vécu ma première mission internationale avec une délégation de 28 Québécois en feu qui étaient prêts à explorer et découvrir Angers et Nantes. Pour la majorité, il s’agissait, tout comme moi, de leur première fois dans ce genre d’aventure.

Pour s’inspirer, pour se donner le goût de faire les choses autrement, pour sortir de sa zone de confort, pour établir de nouveaux contacts ou tout simplement pour se conforter et se dire qu’on est « pas si pire que ça », il faut parfois aller voir ailleurs. C’est exactement ce qu’on a fait!


Nous sommes d’abord partis à la découverte de l’écosystème numérique d’Angers, ville de 150 000 habitants au sud-ouest de Paris. La gang de Angers Métropole French Tech nous a reçu avec tellement de chaleur et nous avait préparé un beau programme de visites (Merci Yoann, Constance, Claire, Sophie et les autres!), il est impossible de ne pas avoir eu de coup de coeur pour l’endroit.

J’ai tout particulièrement apprécié mon passage à la Cité de l’objet connecté, le royaume de l’IOT comme on dit en France. Un véritable laboratoire de création où peuvent être développé et produit toute sorte de nouveaux objets connectés qui pourront être utiles dans la vie quotidienne. Ce lieu est une façon de mettre du concret autour de la notion de numérique, qui demeure encore trop souvent abstrait dans la tête des gens. Des objets connectés qu’on peut voir et toucher. Ça fait du sens pour tout le monde!

Je suis repartie d’Angers avec plein d’exemples d’innovation en santé, en agriculture, en assurance, etc… de quoi s’inspirer largement pour la future programmation de la Semaine numérique de Québec en 2018!

Ensuite, on a filé en train vers Nantes pour participer au « Digital SpringBreak», le Web2Day. Là aussi, grosse dose d’inspiration à la Française! Ce fût l’occasion de vivre l’organisation d’un événement similaire au Web à Québec (WAQ), événement phare de la Semaine numérique de Québec. Disons aussi que la délégation québécoise aura réussi à mettre un peu de piquant dans la programmation (conférences, animations, afters, sans oublier le désormais célèbre karaoké!).

J’ai aussi pris le temps d’assister à des conférences dans mon domaine de prédilection: la communication, les nouvelles façons de rejoindre les gens, comment les réseaux sociaux deviennent des canaux à explorer et à privilégier afin de rejoindre des auditoires de plus en plus segmentés. Je pourrai en reparler éventuellement.

Ma conclusion: On revient nécessairement grandi de ce genre d’expérience. Découverte d’une autre culture, d’autres façons de faire, rencontres à la puissance mille (parmi les participants québécois et les Français et même les Belges présents)... des liens se sont créés, des idées ont émergées, des projets vont naître et peut-être, je l’espère, se concrétiser. Car au-delà de l’expérience elle-même, ce sont les contacts humains qui restent après et qui permettent de faire avancer les choses.

On a beau vivre dans un monde numérique et vouloir encourager le développement d’outils de plus en plus technos, le côté humain va toujours primer sur le reste. Ces rencontres en face à face permettent de concrétiser les projets, de les rendre plus réels et d’en accélérer la réalisation. Il ne faut jamais oublier que, derrière la technologie, il y a des gens qui ont à coeur le succès du numérique et qui y croit très fort.

D’un pays à l’autre, les enjeux se ressemblent et demeurent les mêmes. Défis pour les entreprises (tous secteurs confondus) de tirer profit du numérique pour accélérer leur croissance, maintenir leurs parts de marché, devenir plus efficaces; défis pour les jeunes de s’approprier le web de façon sécuritaire, d’apprendre à l’utiliser comme des créateurs avec un regard critique et non pas uniquement comme des consommateurs; défis pour les commerçants d’attirer des clients dans leur boutique tout en étant visibles en ligne; défis pour les instances publiques de s’adapter à la technologie pour offrir de meilleurs services aux citoyens, etc.

Si on partage, qu’on échange et qu’on met en commun nos connaissances et notre volonté, on pourra trouver de nouvelles façons de faire. Chacun a un petit bout de la solution avec lui, il nous reste à les mettre ensemble pour constituer le casse-tête. Mais il n’y aura pas de casse-tête unique, il y aura plusieurs petites innovations qui viendront répondre à la multitude de besoins qui existent.


Le numérique, ça ne fait que commencer, comme l'écrit Pierre-Luc Lachance dans son « testament numérique ». Il faut se le rappeler constamment. Il ne faut pas penser trouver réponse à tout demain matin. Démystifier, expliquer, accompagner, rendre accessible, ça fait partie de la « job » des initiés du numérique. 

Après avoir vécu ma première mission numérique, je suis maintenant convaincue que celles-ci sont essentielles au développement d’un écosystème numérique international où tous pourront tirer profit des expertises des uns et des autres.

mardi 2 mai 2017

Les technologies du futur dans les communications


La SOCOM présentait récemment une conférence de Jean-Michel Lebeau de Cortex sur le futur des technologies, plus particulièrement dans le monde des communications. Par curiosité de voir ce qui allait être présenté et par intérêt, surtout, j’ai assisté à la présentation.

D’entrée de jeu, aucune surprise dans le discours. Si certains en doutent encore, il serait temps d’ouvrir les yeux. « On assiste présentement à une accélération des nouveautés en matière de technologie. On n’a pas fini de les voir déferler et on n’est encore qu’aux balbutiements de l’éclosion d’un nouvel écosystème. »

Il faut donc être prêt à embarquer dans la vague de nouveautés. Par contre, cela ne veut pas dire de « sauter » sur toutes les nouvelles technologies qui apparaîtront sur le marché. Il faut plutôt devenir fin observateur et être prêt « à faire la guerre au gadget ».

Car, toutes les nouveautés n’auront pas une valeur égale, lire une pertinence et une utilité réelles. Il faudra donc éviter le piège de toute vouloir les adopter et plutôt tenter de cerner celles qui survivront et celles qui ne feront que passer.

Fossé numérique
Les habitués des technologies le savent déjà: nos attentes sont de plus en plus élevées à chaque fois qu’on essaye une nouvelle technologie ou qu’on expérimente une mise à jour. Ce faisant, l’écart entre l’usager habituel et le néophyte ne fait que se creuser.

Cela devient évidemment un problème et il est permis d’affirmer que « les nouveaux analphabètes pourraient bien être ceux qui ne savent pas utiliser un ordinateur, une tablette ou un téléphone cellulaire ».

Je me permets d’aller encore plus loin dans cette affirmation en précisant que, ce n’est pas tout de savoir l’utiliser, il faut surtout apprendre à l’utiliser avec discernement, tact et intelligence. Et j’ajouterai qu’on a du chemin à faire en ce sens, car l’enseignement/l’apprentissage de ces compétences fait présentement défaut à bien des égards  - surtout chez les jeunes (et leurs parents ne sont pas toujours de bons exemples à suivre).

Pour les créateurs de technologie
Revenons aux technologies émergentes. « L’expérience utilisateur devient la clé pour les concepteurs. Leur capacité à se mettre dans la peau des consommateurs et de créer une expérience qui répondra à leurs besoins de la façon la plus simple et intuitive possible devient primordiale. Cela fera en sorte qu’ils créeront une technologie à succès ou non. »



Alors, de quoi sera fait l’avenir des technologies dans le domaine des communications?

M. Lebeau a lancé en rafale ses prédictions. En voici un aperçu.

Les applications basées sur le texte « Text-driven apps »
Le courriel est trop lourd pour la communication standard et rapide de tous les jours. Les applications de « chat » sont de plus en plus populaires, car elles permettent d’aller droit au but dans la communication, sans aucune formalité (formule de politesse, salutations, etc.).
Ces applications « textes » peuvent fonctionner sur l’ensemble des appareils sans trop d’adaptation, ce qui simplifie grandement la vie des concepteurs.

La connaissance profonde « Deep learning »
Les algorithmes, jumelés à l’ensemble des « traces numériques » que les utilisateurs laissent sur le web, génèrent une quantité phénoménale de données. L’exploitation de ces données permettra (et permet déjà dans une certaine mesure) de prédire les comportements de chacun de façon organique. Un usage qui s’accélèrera, selon M. Lebeau.

À titre d’exemple, Netflix crée déjà de nouvelles séries en fonction de ses données d’écoute des séries existantes et des prédictions faites sur les intérêts futurs des abonnés.

Le contrôle vocal
Que l’on pense à Siri d’Apple ou Alexa d’Amazon, les outils de contrôle vocal sont de plus en plus nombreux et ils fonctionnent de mieux en mieux. Pour le moment, chaque entreprise conçoit sa propre technologie. M. Lebeau prédit qu’un outil standard pourrait éventuellement être développé et dupliqué facilement.

Le capteur biométrique
Le capteur biométrique que l’on porte et qui enregistre la température corporelle, le rythme cardiaque, la pression artérielle, la respiration, et ainsi de suite pourrait devenir la norme. La quantité de données qui pourra ensuite être utilisée pour mesurer votre santé et qui pourra contribuer à l’avancement de la recherche en santé est encore sous-estimée.

Faire la différence entre réalité augmentée et réalité virtuelle
Vous ne vous retrouvez pas encore entre la différence entre les deux? Voici la réponse.

La réalité augmentée permet d’ajouter quelque chose à la réalité qu’on observe. L’exemple du jeu Pokémon Go est parfait pour illustrer ce qu’est la réalité augmentée.

La réalité virtuelle est l’action de créer des simulations professionnelles ou de divertissement qui reproduisent la réalité.

Dans les deux cas, il est permis de prédire une explosion des applications concrètes.

M. Lebeau a aussi glissé un mot à propos de la tendance « sans-écran », du contrôle par la pensée (non, ce n’est pas de la science-fiction), de l’Internet des objets (contrôle à distance des objets du quotidien) et de la collecte de données marketing qui passe en mode automatique grâce à différents outils de centralisation.

Vous êtes étourdit? Attention, les technologies n’ont pas fini de déferler sur notre monde. On est bien loin de l’arrivée de la télévision et du web, mais souvent les besoins de fond demeure les mêmes: mieux communiquer, se divertir autrement, s’informer rapidement. Tout s’accélère, mais il ne faut pas craindre le changement. Chaque innovation arrivera en son temps. Ça, c’est ma prédiction à moi!

mercredi 19 avril 2017

Faire partie du mouvement

Au cours des dernières semaines, j'ai été plongé dans un véritable marathon numérique.

J'ai décidé de prendre un virage professionnel pour embarquer dans un train qui avançait déjà à vitesse grand V. Un train voué à unir les forces vives du numérique à Québec. Pour démocratiser. Pour promouvoir. Pour encourager. Pour forcer l'innovation. Pour favoriser la discussion et surtout l'action.

J'ai fait ce choix parce que j'étais arrivée à un point où je voulais un emploi en conformité avec mes valeurs personnelles et professionnelles. Un emploi centré autour de l'utilisation du numérique comme outil pour changer le monde, en mieux!

Je suis foncièrement convaincue que le numérique peut changer nos vies, qu'il le fera positivement et que ses effets n'iront qu'en s'accélérant. Les impacts du numérique dans notre société ne sont plus pour demain, ils devraient prendre place aujourd'hui même.

Trop de gens [d'entreprises, d'organismes, etc.] n'ont pas encore saisi tout son potentiel pour optimiser, améliorer, performer, créer des liens, etc. J'entend: « Ah oui, la technologie est partout aujourd'hui » et on me regarde en sous-entendant: « Ce n'est pas pour nous encore, ce n'est pas si accessible ».

Bref, j'ai voulu apporter ma contribution à faire émerger une meilleure utilisation de la technologie dans nos vies de tous les jours. Je suis comme ça, je ne peux pas juste travailler, j'ai besoin de me sentir engagée dans quelque chose, de voir que je peux faire une différence (bien humblement, à ma façon).

Le point culminant des dernières semaines aura été la Semaine Numérique de Québec qui s'est tenu du 1er au 9 avril. En 9 jours, plus d'une centaine d'activités ont été présentées à travers la Ville de Québec. Des événements sur la culture et le numérique, le numérique dans les assurances, les médias sociaux, la place des femmes dans le numérique, la réalité augmentée, en plus du plus connu Web à Québec (WAQ) qui réunit des professionnels pendant trois jours intensifs de conférences. Des discussions, des échanges, des formations, des ateliers, des conférences pour les professionnels, mais aussi pour le grand public. Presque tous les événements ont affichés complets.

Nous retombons à peine sur nos pieds et nous n'avons pas encore rédigé tous les bilans. Nous savons que la « Semaine » a été un succès. Comme on dit, il s'est passé quelque chose. Il y a eu une « vibe » positive autour du numérique, au moins pour les gens qui ont participé (et ce seront, eux, les meilleurs ambassadeurs pour les années à venir). Ce ne sont pas les idées qui manquent pour l'an prochain!

Je ressors de cette Semaine plus positive que jamais. C'est facile de voir ce qui ne va pas, ce qui ne se fait pas, ce qui ne fonctionne pas. Et oui, il reste tant à faire. Les défis sont nombreux et immenses. Mais là, je suis dans un tout autre état d'esprit.

Je me dis que, pendant que certains n'ont pas encore décidé d'embarquer dans le train du numérique, certains ont sauté à pieds joints dedans. C'est motivant de voir que des centaines de personnes travaillent, ici même à Québec, à chaque jour, pour trouver des applications concrètes au numérique, des innovations qui viendront changer des vies. Pendant que certains demeurent figés dans le temps, d'autres avancent dans l'avenir. C'est encourageant de le constater.

samedi 25 mars 2017

Apprivoiser les géants

Il ne s'agit pas ici de réinventer ni de réécrire ce qui a déjà circulé cette semaine, mais beaucoup plus de garder des traces pour que l'on se souvienne de ces discussions lorsque viendra le temps de prendre un véritable virage numérique pour le Québec.

Tout a commencé en début de semaine au Forum Culture + Numérique lorsque Alexandre Taillefer, cet homme d'affaires québécois, est venu plaider en faveur de la création d'un Facebook, d'un Google et d'un Amazon québécois. De quoi en faire sursauter plusieurs. Heureusement.

Dès la sortie de sa conférence, Clément Laberge et Carl-Frédéric De Celles ont réagit dans un entretien avec Matthieu Dugal.

Plus tard dans la semaine, Sylvain Carle en a rajouté avec une réaction qu'il avait pris le temps de mûrir et qu'il a même fait relire par certaines personnes avant publication.

Sa réflexion se base sur un principe:
« la grande erreur de ces déclarations chocs [est] celle de ne pas faire la distinction entre le monde numérique et physique ».
« ...avec des ressources numériques, ce n’est pas la rareté qui crée la valeur (scarcity en anglais) c’est l’abondance. [...] Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas le numérique.  
Après, faut gérer la transition entre les deux. Les modèles d’affaires établis sur les moyens de production, de distribution et d’accès propres aux ressources physique sont donc par défaut inadéquats ou même aux détriment des modèles numériques. Et l’inverse est vrai aussi, les modèles numériques sont en porte-à-faux des modèles précédents. C’est ÇA le coeur de l’argumentaire.
...  
Une fois qu’on a compris cette distinction, entre les modèles du vingtième siècles et ceux du vingt-et-unième, on peut commencer à avoir un débat public sensé sur le rôle de l’état Québécois (et Canadien) à cette ère de la société en réseau. »
Il termine en annonçant un prochain billet qui poussera la réflexion plus loin sur les manières de faire émerger des projets numériques d'envergure au Québec. On a déjà hâte de le lire!

Mon humble avis maintenant:
Dans l'univers numérique, je suis convaincue qu'il ne s'agit pas de réinventer les plateformes qui fonctionnent bien à l'international, pour lesquels des milliards de dollars ont déjà été investi (et continuent de l'être) et qui comptent déjà des millions d'utilisateurs. Cela reviendrait à s'isoler comme peuple, en voulant tout recréer à la saveur québécoise.

Au contraire, il faut apprendre à mieux rejoindre ces plateformes pour en tirer le meilleur partie pour faire rayonner la culture québécoise, faire en sorte que le contenu québécois y soit présent et visible pour les utilisateurs/consommateurs, qu'ils soient québécois ou non. Arrêtons d'avoir peur de côtoyer les autres contenus et plongeons dans l'aventure. Ouvrons notre esprit pour revoir les règles, car les modes de fonctionnement établis jusqu'à maintenant ne peuvent pas s'appliquer et deviennent obsolètes. Réapprenons à user de notre imagination pour créer de nouveaux modèles qui pourront faire vivre nos talents locaux ici et à l'international.

Et c'est possible! Des exemples, il en existe déjà (et pas seulement en culture).
-L'entreprise Meubles South Shore de Ste-Croix de Lotbinière connaît une nouvelle vie depuis qu'elle vend ses produits sur les sites en ligne comme Amazon et WalMart.
-CBC et Netflix ont conclu un partenariat pour que la nouvelle série Anne (pour Anne of Green Gables) soit présentée à la fois à la télé d'État canadienne et offerte sur Netflix ailleurs dans le monde.
-De 29 mars au 2 avril, 600 entreprises québécoises, créateurs et artisans participeront à la 6e édition de Vague de concours, qui visent à faire connaître des créateurs québécois sur Facebook.

Bref, il s'agit d'apprivoiser les géants.

samedi 11 mars 2017

D'un sandwich à l'autre... on continue

Cela fait déjà quelques semaines que je n'ai pas pu assister au rendez-vous hebdomadaire du Sandwich du vendredi devant l'Assemblée nationale. Je n'y suis peut-être pas physiquement, mais j'y suis très certainement mentalement. J'y retournerai, n'ayez crainte!

Car, loin de devenir moins nombreuses, les raisons qui peuvent justifier ce rendez-vous ne cessent d'augmenter. J'en vois à tous les jours dans les journaux, j'entends des aberrations à la radio et à la télévision pendant les bulletins de nouvelles. Aye aye aye, ça fait mal à toutes les fois!

Des parents qui ne peuvent organiser une corvée de peinture dans l'école de leurs enfants, des élèves en difficulté qui même une fois diagnostiqués n'ont pas accès à un accompagnement adéquat, des salles d'attente dans les hôpitaux qui sont bondées parce que les patients peinent à avoir accès à leur médecin de famille, un crucifix qu'on enlève puis remet parce qu'on ne sait pas faire la différence entre la religion et le patrimoine culturel, des remorques remplies de produits médicaux soit disant passés dates. Des exemples, il y en a à la tonne.

Le pire dans tout ça? On s'insurge pendant un jour ou deux dans les médias puis on passe au suivant. Sans avoir réglé quoi que ce soit. On ne prend pas les problèmes les uns après les autres pour leur trouver une solution. On fait juste les énumérer, les empiler et voir la grosse montage que ça crée en soupirant. On pose un regard sans agir. On patauge.

La semaine dernière, mon neveu de 20 ans, exilé en Colombie-Britannique depuis 2 ans, était de retour au Québec pour une semaine. C'est un jeune diplômé bilingue qui a trouvé un emploi à Victoria, qui s'informe et suit l'actualité, et il n'est pas prêt de revenir vivre au Québec. Après une semaine ici, la veille de son départ, il m'a dit : « Quebec is frozen in time ». Oui, le Québec est figé dans le temps. Il a passé la semaine à suivre l'actualité et à se dire « Quoi, ceci n'est pas réglé encore! Quoi, cela n'a pas changé! ».

Malheureusement, c'est ça qui est ça.

Comme l'a écrit Michel Hébert dans le Journal de Québec: C'est que personne ne veut donner d'ampleur à toutes les « niaiseries conventionnées » qu'on dénonce. Personne ne veut poser des questions sérieuses et forcer un véritable débat. Parce que ça voudrait aussi dire inciter à réfléchir. « On pourrait déboucher sur des conclusions embarrassantes pour les empâtés des pouvoirs publics ».

J'écrivais récemment sur les changements nécessaires pour que le Québec prenne le virage numérique une bonne fois pour toute. Je citais Stéphane Roche, vice-doyen à la recherche à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l'Université Laval qui disait: « la techno structure présentement en place dans les hautes instances a autant la capacité de faire avancer les choses que la force de maintenir le statu quo ». J'ai l'impression que c'est la même réalité dans toutes les sphères gouvernementales.

Pourtant, il faudra bien qu'un jour, quelqu'un ou quelque chose provoque une véritable remise en question pour que les changements se fassent.
« Quel politicien osera s'aventurer dans les dédales de l'État québécois pour tuer le monstre qui bouffe les contribuables? Qui mettra fin au gaspillage, au désordre et à l'impunité?
Qui renversera la vapeur pour mettre la machine à notre service? » 
- Richard Martineau, Le Journal de Québec
J'ai souvent l'impression qu'aucun politicien ne pourra vraiment changer quelque chose. J'ai souvent l'impression que le simple fait d'entrer dans la machine fait que tu te convertis à la machine, elle aspire tes idées et tu deviens un automate.

Comme dans l'émission de télévision, il faudrait presque pouvoir dire « on efface tout et on recommence »! Les changements nécessaires sont si nombreux qu'on ne peut plus « patcher » et modifier ce qui existe déjà. Cela prendra un changement radical dans les façons de faire. Qui prendra le « lead »?

Je reviens à M. Roche, mais il disait aussi que nous devons arrêter de nous soucier de mettre en place des processus d'adaptation. Pour le numérique, il demandait des « actions assez significatives, drastiques et rapides ». C'est pas mal ça que ça prend pour le reste.

Un exemple que je lance comme ça: quand on construit une nouvelle école, on devrait la construire sans aucune référence aux écoles déjà existantes. Arrêtons de nous référer au passé. Faisons simplement l'école d'aujourd'hui comme on pense que devrait être une école en 2017. Utopique?

À chaque vendredi, un petit groupe se réunit devant l'Assemblée nationale pour manger un sandwich et discuter. On aime bien croire qu'il est possible de changer le monde. J'y crois fortement.

Mais force est d'admettre qu'il est difficile de trouver de véritables propositions de gestes concrets que nous pouvons poser au quotidien, sans se lancer en politique et tout en respectant nos convictions et nos emplois du temps souvent chargés.
« Nous sommes toujours à la recherche de façons pour rendre plus concrètes les actions qui découlent des rendez-vous du vendredi - mais on a confiance que ça viendra, et qu'entre temps, il faut persévérer et maintenir la continuité des rencontres. »
- Clément Laberge
Oui, pendant ce temps, on continue de nourrir la démocratie... un sandwich à la fois!