dimanche 16 janvier 2022

D'un bord ou de l'autre

 


Savez-vous pourquoi le lapin est vert?
(réponse à la fin de ce texte)

Je débute par une blague, décidément la blague de la semaine, avec laquelle l'enseignante de sciences de ma fille a débuté un cours en ligne. Je l'ai partagé avec l'équipe de l'École branchée, puis Audrey l'a partagé dans la Salle des profs de l'École branchée sur Facebook.

Avouez qu'on a besoin d'un peu de légèreté en ce moment. L'atmosphère est lourde. La fatigue s'accumule. C'est insidieux et ça attaque notre mental à tous, qu'on le veuille ou non. On ne sait plus comment prendre les choses. Avec optimisme, avec découragement, avec espoir, avec désespoir, fatalisme ou frustration.

On fait notre temps mais le temps devient long. 

Je suis bien chez moi et je m'en accommode très bien. Mais j'aimerais ça aussi sortir au restaurant, aller jaser avec des amis, voir du monde un peu, en dehors des écrans. L'automne passé, on avait commencé à reprendre vie. Là, je me dis que nous ne saurons plus comment vivre en société.

On ne sait plus trop à quoi s'attendre. On a l'impression d'être dans un cul de sac, que c'est toujours du pareil au même. Mais non, le temps passe. Ça peut aller d'un bord comme de l'autre. Et on n'a plus aucun contrôle. 

Ben, on a le contrôle sur la façon dont on vit les choses, mais même pour moi, cela devient de plus en plus difficile d'être zen. Le début de l'année 2022 (deux semaines à peine!) a déjà mis notre quotidien à rude épreuve : la conciliation télétravail / téléécole, la course pour faire les courses le samedi parce que tout est fermé le dimanche, la course pour trouver des tests rapides en pharmacie (ça existe vraiment ces trucs-là?), le dilemme « j'ai eu la COVID, je me fais vacciner quand finalement pour la 3e dose » (jamais, ou maintenant, ou dans quelques semaines?).

Nous sommes tous épuisés par deux années d'adaptation. On se demande si on est encore capable de vivre un autre revirement de situation. Et vlan, c'est reparti! On se prépare pour une autre rentrée scolaire qui sera tout sauf normal. 

Déjà vendredi, ma boîte courriel se remplissait : un message concernant le retour à l'école, un erratum concernant le message concernant le retour à l'école, une précision concernant l'erratum concernant le message concernant le retour à l'école... 

« Il va sans dire que ce retour en classe ne se fera pas sans quelques ajustements. », écrit la directrice générale du centre de services scolaire. C'est sûr et je m'y attends. Pour l'instant, j'ai l'impression qu'on fait un saut dans le vide.

Dans le même message, la directrice générale demande « à tous les parents d’élèves utilisant le transport scolaire de surveiller leur enfant à l’arrêt d’autobus désigné, jusqu’à l’arrivée du transport ». D'un coup que le chauffeur ait la Covid et ne puisse pas passer ce matin-là. 

Elle écrit aussi : « Nous aurons, plus que jamais, besoin de votre collaboration et de votre souplesse pour que nos environnements demeurent des lieux où les apprentissages foisonnent et où les liens sociaux favorisent, entre autres, le maintien d’une bonne santé mentale ». Évidemment que vous aurez ma collaboration.

Je comprends pourquoi on tient mordicus à réouvrir les écoles. Je comprends que dans certains milieux l'enseignement à distance n'est tout simplement plus acceptable, parce que le temps a fait son temps et que la santé mentale de tous en souffre au plus au point. Mais je comprends aussi qu'on ne sait pas trop dans quoi on s'embarque avec cette nouvelle rentrée. Et je me dis que, rendu là, une semaine ou deux de plus...  On aurait peut-être même pu se rendre jusqu'au 2 février (jour de la marmotte, t'sé). Si la marmotte voit son ombre, on retourne à l'école. Si non, on continue en ligne.

Je sais que l'ensemble du personnel dans les écoles est bien intentionné et surtout très dévoué. Tout le monde souhaite que tout se passe bien pour les élèves (et pour le personne aussi). On a beaucoup parlé du personnel dans les hôpitaux, mais dans les écoles aussi, les employés sont au front. Un autre front. Celui du maintien d'un semblant de vie normale pour nos enfants et nos adolescents. Pour qu'ils continuent d'apprendre malgré tout, qu'ils ne soient pas trop pénalisé dans l'avenir, qu'ils aient une vie sociale minimale.

J'ai quand même l'impression qu'on roule sur le pilote automatique. La progression des apprentissages, l'évaluation et les bulletins, je veux bien. Mais là, je pense qu'on a juste besoin d'un gros câlin collectif, juste être ensemble et jaser un peu. La fatigue mentale est bien installée pour tout le monde. Pouvons-nous revoir nos attentes un peu? Personne n'est à son meilleur dans le contexte actuel. On parle de bienveillance constamment, mais le mettons-nous en pratique pour vrai?

Il ne faudrait pas oublier de tirer des apprentissages de ces deux années. La performance et la normalité à tout prix, ça a un prix justement!

Bon après toute cette lourdeur, rions un peu...


Savez-vous pourquoi le lapin est vert?
Réponse : Parce qu'on l'a peint ! 😂






samedi 15 janvier 2022

Le numérique peut-il être durable et responsable?

 

Les usages du numérique ont définitivement des impacts sur l’environnement. Cela n’est plus un secret et on en entend de plus en plus parler. Et si en plus de viser des usages plus écologiques et durables, on visait aussi des usages plus responsables? C’est ce que propose Rémy Marrone, directeur de projets à l’Institut du numérique responsable en France. 

D’abord, il apparaît nécessaire de faire la distinction entre toutes les expressions utilisées. Dans un récent article publié sur le site de l’École branchée, je propose justement des définitions. Je ne reproduirai pas tout ici mais en bref disons que :

  • L’expression « numérique durable » concerne un ensemble de techniques visant à réduire l’empreinte sociale, économique et environnementale du numérique.
  • Le « numérique responsable » prend en compte les éléments du numérique durable, mais il encourage aussi des usages qui favorisent la diversité, l’équité et l’inclusion.
Lors d’une conférence présentée à l’occasion de la plus récente Connected Week, en France et à laquelle j’ai assisté, Rémy Marrone a soutenu qu’il serait désormais opportun de penser le numérique, et plus particulièrement le Web, comme quelque chose d’Utile, qui peut être Utilisé et qui est effectivement Utilisable pour le plus grand nombre.

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement?

Le numérique responsable encourage la parité des genres, la représentation de la diversité, l’accessibilité des contenus sur le Web pour tous. Il pousse à se poser des questions sur les contenus que l’on publie. Par exemple, une vidéo prend beaucoup plus de bande passante que du texte et est moins accessible. Donc, avant de produire et publier une vidéo, il peut être opportun de se demander si cette vidéo est vraiment nécessaire. De même, toute vidéo devrait être accompagné d’un texte qui la résume.

Rémy Marrone s’adressait plus particulièrement aux entreprises et individus qui créent du contenu pour le Web. Il les invitait à poser un regard sur les biais qu’ils peuvent reproduire, sur l’image qu’ils projettent ou les comportements qu’ils peuvent encourager : qui mettent-ils en scène dans les images qu’ils publient? Mettent-ils des textes alternatifs sur les images pour maximiser leur accessibilité? Font-ils la promotion d’opérations marketing qui encouragent la surconsommation? Les images et vidéos qu’ils publient sont-ils si lourds qu’ils amènent leurs utilisateurs à utiliser des appareils plus performants?

Le site Numérique responsable qu’il a donné en référence est particulièrement intéressant pour découvrir des principes à adopter pour vivre un numérique plus responsable et plus durable. Vous pouvez aussi mesurer l’impact environnemental de votre site Web sur ce site. Je présente également d’autres exemples dans mon article paru sur le site de l’École branchée.

Numérique et électronique

Dans le cadre de la Connected Week, d’autres conférences portaient sur l’impact des usages du numérique sur l’environnement et la société. Les paragraphes qui suivent sont un condensé de ce qui a été discuté. J’ai particulièrement aimé la conférence de Marion Simon qui avait bâti celle-ci autour d’un quizz Menti très interactif pour les participants. (Voyez par vous-mêmes sur la photo qui accompagne ce texte!)

Lorsqu’on parle de numérique, on parle nécessairement d’électronique. Le numérique, ce sont les données, le reste est du matériel. Le développement des objets connectés de toute sorte fait croître ce marché et ajoute de l'électronique là où il n’y en avait pas. Suffit de penser aux montres et aux thermostats qui sont devenus intelligents. Et puis, nos voitures sont équipées d’un nombre croissant de pièces électroniques, comme les caméras de recul qui sont devenues la norme. Cela ne semble pas prêt de s'arrêter.

De même, derrière chaque donnée que nous collectons et conservons dans l’infonuagique (le fameux « cloud »), il y a un espace occupé sur un serveur et donc une consommation d’énergie perpétuelle. Au Québec, on se la coule douce avec ça parce que nous profitons de l’hydroélectricité, mais ailleurs dans le monde, la situation est tout autre. Nous aurions peut-être intérêt à devenir un peu plus conscient de notre consommation énergétique.

Finalement, la norme du « porter-jeter » avec nos appareils électroniques aura peut-être une limite. 50 métaux sont nécessaires à la fabrication d’un téléphone intelligent. Ces ressources ne sont pas inépuisables. La réparation devrait revenir à la mode plutôt que le remplacement des appareils. En France, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire vise par exemple « une meilleure information du consommateur sur le caractère plus ou moins réparable de ses achats ». Ainsi, depuis le 1er janvier 2021, l'indice de réparabilité est déployé sur 5 catégories de produits électroménagers et électroniques.

Ça prenait ça pour forcer certains géants du numérique pas très portés sur la réparation à bouger. Apple publie maintenant un indice de réparabilité de ses appareils et commence timidement à rendre accessible des pièces pour que nous puissions réparer nous-mêmes ses appareils.

La France fait aussi figure de précurseur avec sa nouvelle loi sur le numérique responsable. Par le biais de cette loi, les jeunes français seront désormais formés à l’écoresponsabilité et à la sobriété numérique. Ça aussi, j’en ai parlé sur le site de l’École branchée.

Ceci étant dit, il ne faut pas non plus se taper sur la tête et se dire qu’on n’utilisera plus le numérique (cela serait complètement irréaliste de toute façon). Par contre, il est possible de poser un regard sur ses usages du numérique et revoir certains comportements. Est-ce vraiment nécessaire de changer de téléphone tous les deux ans? Est-ce vraiment nécessaire de conserver toutes ses photos numériques? N’y aurait-il pas un petit ménage à faire?  Est-ce préférable de télécharger ce film ou cette musique plutôt que de l’écouter en « streaming » ?

Ici, c’est comme dans tout, l'important est de trouver un certain équilibre et de se rappeler que chaque petit geste compte. Par contre, on voit qu’en France, ce sont des lois qui font bouger les choses plus rapidement. J’ai comme l’impression que cela devra être la même chose ici. Surtout, en ce moment, alors que le numérique est le centre de notre univers. N’est-ce pas grâce au numérique que notre société peut continuer de fonctionner depuis deux ans?


* Sur la photo, la fois où j'étais beaucoup trop contente de participer à un quiz Menti. Crédit photo : Annie Chénier.

**Ce texte devait faire partie de la série 12 jours avant Noël.

dimanche 2 janvier 2022

De retour après la pause

 



Le 20 décembre, j'ai écrit que je sentais une sorte de soulagement collectif avec la fermeture des écoles une journée plus tôt que prévu. Ce fût le dernier texte d'une série qui devait en compter 12. Je me reprendrai bien dans les prochains jours.

Je me sentais soulagée mais il était trop tard. La COVID était entrée chez moi (ainsi que dans plusieurs chaumières autour de moi). Dans ces derniers jours avant Noël, il aurait peut-être été plus sécuritaire de prendre un avion que de fréquenter une école primaire ou secondaire.

Bref, ça a commencé par une série de messages textes provenant d'adolescentes et ma fille qui a développé des symptômes rapidement. Il était devenu évident que nous ne serions que trois pour le réveillon. Et j'ai accepté de vivre dangereusement, autant l'attraper tout de suite, ce serait fait! Sans possibilité de faire de « vrais » tests de dépistage, la course aux tests rapides battait son plein. Non, mais quelle aberration de devoir faire la file pour se procurer la précieuse boîte. On se serait cru dans La course aux jouets, ce bon vieux classique cinématographique. J'ai passé mon tour.

Quelques jours plus tard, ce fût à moi de développer des symptômes (mon chum a suivi pas longtemps après même si il se croyait invincible!). Mal de tête intense, toux, maux de gorge, fatigue... ce qui explique mon silence des derniers jours. Dormir et combattre mon cerveau en compote ont constitué mes principales activités du temps des Fêtes. Heureusement, nous avons (encore une fois) pu nous exiler au chalet, ce qui adoucit le mal et les contraintes. 

Je voulais me reposer pendant le congé, j'ai été servi à souhait. Je voulais faire le vide, mon cerveau m'avait carrément abandonné. Même pas capable de réfléchir à mon bilan de 2021, ni de voir clair sur ce qui s'en vient en 2022.

Là, je reprends du mieux. Je me dis que je suis passée au travers. Ça aurait pu être mieux, ça aurait pu être pire. Moi, je n'avais pas grand chose de prévu mais, encore une fois, le pouvoir de résilience de ma fille m'impressionne. Sans amie, sans copain, sans emploi. On peut rêver mieux comme vacances de fin d'année à l'adolescence. Quoi que, elle a pu faire le tour de Netflix et Disney+ sans souci. Nous avons quand même réussit à vivre de merveilleux moments. Ils seront bien gravés dans ma mémoire, surtout les instants où la maison se transformait en véritable comédie musicale.

Malgré la fatigue qui me surprend encore à tout moment, je me prépare à repartir en force dans quelques jours. Je regardais mes photos de 2021 ce soir et je me disais que ça avait été une belle année pour moi malgré tout. Le dernier mois a été chaotique et j'avais grandement besoin de ce congé, mais pour le reste, quand même, je ne peux vraiment pas me plaindre!

J'avais terminé 2020 en apprivoisant mon nouveau statut de travailleuse autonome. En 2021, tout a déboulé et j'ai enchaîné les contrats les uns après les autres. Et non les moindres! Je pense que je ne m'étais pas rendue compte de toute l'ampleur avant aujourd'hui. La preuve qu'il faut savoir s'arrêter pour prendre la mesure du chemin parcouru.

C'est vrai qu'en 2021, j'ai été porté par une vague (sans jeu de mots) de projets tout aussi emballants les uns que les autres : 

Et ça, ce n'est qu'une partie de ma vie professionnelle! Bref, je suis choyée. Mon défi est maintenant de savoir m'arrêter, de savoir prendre des pauses (non-forcées), pour faire le vide et me ressourcer. D'apprendre à choisir et à choisir mieux à quoi je consacre mon temps. Je ne peux pas tout faire. Peut-être que « less is more » après tout.

À suivre...



lundi 20 décembre 2021

Être ensemble, c'est tout.

 


Mon plan de publication d'avant Noël est en train de prendre le bord. Les imprévus de la vie, ça vous dit quelque chose? Peut-être que j'étais trop optimiste avec ce projet aussi. Mais je persévère. Je vais juste sortir un peu de la programmation prévue. Parce qu'il faut bien s'adapter, non?

Réussir à prendre un rendez-vous en ligne pour la 3e dose de vaccin pour mes parents. Apprendre que les écoles ferment à quatre heures d'avis et aller faire la file devant l'école en voiture avec les autres parents pour récupérer ma fille avec tout le contenu de son casier sous les bras. Mais en même temps sentir une sorte de soulagement collectif. Le congé du temps des Fêtes est à nos portes. On va pouvoir s'enfermer dans notre bulle familiale pendant deux semaines et se dire qu'on est bien ensemble malgré tout. N'est-ce pas ce qui est le plus important?

Tout est une question de perspective, de comment on voit les choses et de la façon dont on accepte de les vivre. Après avoir couru tout l'automne, je me sens comme si j'arrivais à un fil d'arrivée. Le calme s'installe en moi au fur et à mesure que je coche des choses sur ma liste de choses à faire avant Noël. Et c'est à ce moment aussi où je lâche prise et où je me prépare à me reposer.

Covid ou pas, je veux juste prendre du temps pour moi et ma famille immédiate, m'en aller au chalet et me perdre dans le bois, aller skier et patiner, lire toute la journée, apprécier chaque petit moment de la vie, le calme de l'hiver.

Comme toujours lorsque c'est le temps de prendre une pause, je vais avoir un peu de difficulté à arrêter, mais peut-être pas tant que ça finalement cette année. Je me donne le droit de dire « non » aux demandes de dernières minutes, de ne pas sortir pour aller acheter ce dernier cadeau que je voulais offrir, de ne pas me sentir mal de refuser une sortie au restaurant. Je m'en donne le droit, tout simplement.

Selon mon objectif, il me reste encore deux journées de travail. Ma liste est peut-être encore trop ambitieuse pour le temps qu'il me reste. Mais je me dis que, quoi qu'il arrive, je vais fermer mon ordi à ce moment. Ben, de façon symbolique là, car il me restera des textes à écrire ici et des trucs à lire sur le Web, un gym virtuel à fréquenter, mais ce sera pour le plaisir.

D'autres nouvelles nous tomberons peut-être sur la tête dans les prochains jours. J'ai définitivement fait la paix avec tout ce qui pourrait être annoncé. Je vais être correct. Je vais être en sécurité chez moi avec mon chum et ma fille. Je verrai mes parents pour le réveillon de Noël. On sera ensemble et c'est tout ce qui compte.

*Ce texte fait partie de la série 12 jours avant Noël.

samedi 18 décembre 2021

Veiller au grain

 


Il se passe tellement de choses dans les réseaux sociaux que c'est généralement difficile à suivre. Surtout d'un point de vue professionnel. C'est impossible d'être au courant de tout.

Il faut faire de la veille pratiquement en continu. Quelques défilements par semaine sur Twitter, un peu de Facebook, beaucoup de LinkedIn, des abonnements à des infolettres diverses, des lectures qui mènent vers d'autres lectures, écouter les bulletins de nouvelles, etc. Il est facile d'y passer des heures.

Pour ma part, j'ai toujours aimé faire de la veille. Pour moi, c'est une façon de me tenir au courant. Ça vient peut-être un peu aussi de ma formation en journalisme. Chaque jour, je jette un regard à ce qui se passe dans l'univers du numérique, de l'éducation, de la culture, de l'innovation. C'est vaste. Je défile et je regarde ce qui est intéressant. Je m'intéresse à beaucoup de sujets.

Je ne lis pas tout bien sûr. Dans un premier temps, j'enregistre pour plus tard. Cette fonction qui est disponible dans Facebook et LinkedIn est vraiment pratique. J'enregistre et j'y reviens à un moment donné où je revois alors la sélection de la semaine. Je me donne aussi un moment où je fais le tour de quelques infolettre reçues. Pour Twitter, comme il n'y a pas de fonction enregistrer. Quand je trouve un Tweet vraiment pertinent, je me l'envoie par courriel pour le revoir plus tard.

Quand je relis mes enregistrements, je fais le tri. Je lis pour moi personnellement, je supprime ensuite. Si c'est d'intérêt pour plusieurs personnes ou marquants (selon moi), je partage largement dans les réseaux. Il peut arriver que j'aies lu quelque chose en provenance de Twitter et que je le repartage sur LinkedIn, par exemple. Je peux partager à des personnes en particulier, via des canaux Slack ou Hangout auxquels je participent aussi ou autres. C'est ma façon de faire du transfert de connaissances.

Je me sers aussi de ces éléments pour deux bulletins de veille que j'anime à chaque semaine : 

J'aime me dire que tous les (re)partages que je fais sont utiles à quelques personnes. Dans le cadre des deux bulletins hebdomadaires, je me dis que c'est un condensé de nouvelles à ne pas manquer pour ceux qui n'ont pas autant de temps que moi à consacrer à scruter le Web à la recherche d'informations. Mais, j'en échappe sûrement moi aussi. Je n'ai pas la prétention de tout repérer non plus.

Tout au long de l'automne, j'ai eu plus d'une fois l'occasion d'entendre que « ça va trop vite », « on n'a pas le temps de suivre tout ce qui se passe », mais « on sait qu'il faut être informé », « la connaissance est le moteur du changement et de l'innovation », « comment faire pour ne rien manquer ». Ces affirmations sont vraies pour plusieurs domaines que je côtoie quotidiennement (et pour d'autres sans doute aussi). Rien n'indique que ça va changer.

Alors, je me dis que je fais ma part pour participer à la connaissance collective.... parce que chaque petit geste compte, non?

*Ce texte fait partie de la série 12 jours avant Noël.

P.S. Derrière l'image du ciel, il y a aussi un message. Regardez dans le ciel et essayez de capter un élément intéressant. C'est un peu comme faire de la veille. Parfois, ça peut être amusant, mais parfois, il n'y a rien d'intéressant.

 

L’appel de l’aventure est plus fort que tout et les technologies nous incitent à prendre le large

 


Tel qu'annoncé dans mon billet Voyage, voyage, je vous partage ici un texte que j'ai rédigé dans le cadre du cours Les SIO et le développement durable à l'Université Laval à la session d'automne 2021. Je le reproduis ici tel que je l'ai soumis à la professeure. Il s'agissait d'un exercice de regard croisé sur un même sujet. Une coéquipière a rédigé un texte semblable en adoptant le point de vue contraire. Je dois dire que l'exercice a été particulièrement intéressant à réaliser. Cela montre que tout est dans la nuance, encore et toujours.

Bonne lecture! 

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Comme le dit un vieil adage : « Chassez le naturel et il revient au galop ». Alors que la pandémie de la Covid-19 a changé temporairement les comportements de milliards d’habitants de la planète en les contraignant à demeurer à domicile, il y a fort à parier que les habitudes pré-crise seront de retour en moins de temps qu’il n’en faut pour réserver un billet d’avion en ligne. Le secteur touristique est d’ailleurs un exemple probant qui illustre l’esprit de contradiction dont font preuve des consommateurs qui se disent pourtant soucieux de l’environnement.

Des chercheurs québécois et français se sont déjà penchés sur la question [1]. Pour eux, même si « la pandémie fournit une occasion inespérée de penser les modalités permettant une transition sociale et écologique juste », il ne fait aucun doute que « les habitudes ne se dissipent jamais et […] le schéma neuronal lié au comportement initial ne disparaît pas et peut prendre le pas sur la bonne volonté ». C’est ainsi que, chaque jour, de nouvelles informations nous donnent des raisons de croire que l’industrie touristique se remettra à rouler à plein régime au fur et à mesure que les frontières s’ouvriront aux touristes et que les mesures sanitaires tomberont [2].

D’ailleurs, dès juin 2020, à peine trois mois après le début de la pandémie, le désir de recommencer à voyager semblait plus fort que tout chez certains Québécois habitués de prendre le large [3]. Puis, dès que le gouvernement du Québec a autorisé les déplacements inter-régionaux, les Québécois se sont rués vers les régions plus touristiques, que sont la Gaspésie et la Côte-Nord. Le transporteur aérien à rabais Flair Airlines, qui se spécialise dans les vols intérieurs au Canada, offre désormais des départs de Montréal vers les autres provinces [4]. 

Il faut dire que tout est en place pour faciliter les déplacements et les rendre le plus sécuritaire possible. Le secteur des technologies a définitivement un rôle à y jouer. Facilité de réservations en ligne, visite de lieux touristiques autoguidée (grâce à des puces RFID, comme le propose l’entreprise My Smart Journey), passeport vaccinal numérique, embarquement sans contact, les voyageurs ont accès à toutes les technologies leur garantissent un déplacement respectant les normes sanitaires.

Il en est de même sur les vols internationaux, qui, bien que non recommandés, attirent les Québécois en manque d’aventure [5]. Oui, bien sûr, ils se disent désormais plus sensibles à l’achat local [6] et à l’importance de miser sur le transport durable, mais ils n’iront visiblement pas jusqu’à se priver de leur semaine dans le Sud, toutes dépenses incluses, même si le « resort » sur lequel ils séjournent ne dispose d’aucun système de collecte sélective.

Plus loin sur la planète, des hôteliers et restaurateurs d’Asie [7] ont adopté une certification avec des mesures d’hygiène draconiennes pour attirer les touristes. Des rabais sont offerts aux voyageurs vaccinés, le coût du test Covid-19 nécessaire pour le retour au pays est inclus dans le prix du voyage, des applications ont été développées pour déclarer son état de santé au retour, etc. Bref, tout est mis en œuvre pour inciter les gens à sortir de la maison.

L’industrie touristique pourrait même connaître un nouvel essor, digne des meilleurs films de science-fiction. Pour la première fois, le 16 septembre 2021, quatre aspirants touristes de l’Espace se sont envolés à bord d’une navette spatiale pour un séjour de trois jours en orbite autour de la Terre sans aucun astronaute professionnel à bord [8]. Ce voyage hors de l’atmosphère est rendu possible grâce à Elon Musk, fondateur de SpaceX, mais également de Tesla.

Vous ne rêvez pas, celui-là même qui tente de créer les véhicules électriques les plus respectueux de l’environnement est également derrière ce voyage dans l’espace dont le seul lancement a brûlé 30 000 gallons de kérosène raffiné pour l’émission de 330 000 kilos d’équivalent CO2. Cela signifie que « chaque touriste spatial a émis 85 fois les émissions d’un passager qui traverse l'Atlantique dans un vol commercial » [9].

Le plus problématique dans cette nouvelle forme de tourisme, selon la chercheuse Éloise Marais, c’est que l’on comprend encore très mal les interactions entre les gaz d’échappement de ces fusées touristiques et la haute atmosphère. Ainsi, une industrie potentiellement très polluante se développe dans l’ignorance de ses effets à long terme [10].

Oui, la pandémie de la Covid-19 a le potentiel d’amener une plus grande préoccupation pour le développement durable au sein de la population. Des changements sont déjà observables, notamment en ce qui concerne l’achat local. Cependant, ce n’est pas demain la veille où les gens cesseront de voyager. « Je suis végétarienne, mais jamais je ne pourrais me résigner à ne plus voyager en avion. C’est ma limite », disait une écolo affirmée [11]. Il reviendra visiblement à l’industrie touristique elle-même d’offrir des expériences repensées, plus soucieuses de l’environnement. Gageons que quelques technologies pourraient être appelées en renfort!


[1] Trespeuch, L., Corne, A. et al., (2020, 11 mai). La pandémie va-t-elle (vraiment) changer nos habitudes?, La Conversation, https://theconversation.com/la-pandemie-va-t-elle-vraiment-changer-nos-habitudes-137947 

[2] Parent, C. (2021, 11 septembre), Partir pour un voyage à l'étranger ou pas?, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/vivre/voyage/630966/voyage-a-l-etranger-partir-ou-pas

[3] Des matins en or, (2020, 26 juin). Les Québécois ont envie de recommencer à voyager, mais..., Radio-Canada, extrait radio, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/des-matins-en-or/segments/entrevue/186721/sondage-voyage-caa-quebec

[4] Agence QMI, (2021). Un nouveau transporteur aérien à bas prix à Montréal, Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2021/03/30/un-nouveau-transporteur-aerien-a-bas-prix-a-montreal-1

[5] Maalouf, L. (2021, 21 août), Des voyageurs pressés de partir… avec flexibilité, La Presse, https://www.lapresse.ca/voyage/2021-08-21/des-voyageurs-presses-de-partir-avec-flexibilite.php

[6] Veilleux, M. (2021, 23 février). Les Québécois plus sensibles à l’achat local depuis la pandémie, Détaillant alimentaire, https://www.detaillantalimentaire.com/Les-Quebecois-plus-sensibles-a-l-achat-local-depuis-la-pandemie 

[7] Raini Hamdi, S. (2020, 14 avril), Singapore is launching a new audit system to certify that its hotels are clean and safe to ease post coronavirus travel fears, Insider, https://www.businessinsider.com/singapore-new-clean-hotel-audit-initiative-coronavirus-2020-4 

[8] 20 minutes avec AFP, (2021, 16 septembre). Tourisme spatial : La fusée de SpaceX a décollé de Floride avec ses quatre touristes, AFP, https://www.20minutes.fr/sciences/3125283-20210916-tourisme-spatial-fusee-spacex-decolle-floride-quatre-touristes 

[9] Dugal, M. (2021, 17 septembre), Statut Facebook : Cette semaine à Moteur de recherche, Facebook, https://www.facebook.com/matthieu.dugal/posts/10158199948537470

[10] Marais, E. (2021, 19 juillet). Space tourism: rockets emit 100 times more CO₂ per passenger than flights – imagine a whole industry, La Conversation, https://theconversation.com/space-tourism-rockets-emit-100-times-more-co-per-passenger-than-flights-imagine-a-whole-industry-164601 

[11] Paré, I. (2018), Pour le climat, seriez-vous prêt à sacrifier vos voyages en avion?, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/societe/environnement/541585/pour-le-climat-seriez-vous-pret-a-sacrifier-vos-voyages-en-avion

vendredi 17 décembre 2021

Un esprit sain dans un corps sain

 



Ça fait une douzaine d'années que je m'entraîne. Sur une base régulière. C'est vraiment devenu un mode de vie pour moi. J'ai toujours été une fille active. Workout, aquaforme, cardiopoussette, patin, marche, etc.

Mais je me rappelle encore du 3 octobre 2009. J'étais tannée de ne pas avoir d'énergie et j'avais pris du poids, pas mal de poids. Aujourd'hui, peu de gens autour de moi s'en souviennent. Ou bien les gens que je connais depuis moins de 10 ans ne le savent pas. Ce jour-là, je suis entrée au Planète Gym Fitness, située dans la même bâtisse que De Marque où je travaillais à l'époque. J'avais pris rendez-vous avec Jack et ça a changé ma vie, pour vrai.

Premièrement, il m'a convaincu qu'il n'y avait pas que l'entraînement dans la vie, il y avait aussi la nutrition. Je dirai même il y a surtout la nutrition. J'ai tout revu mes menus. Pendant les premiers mois, je ne trichais pas du tout, comme on dit. J'étais déterminée. Les changements ont été radicaux. Oui, sur la balance, mais surtout sur mon moral et sur mon niveau d'énergie. 

Ensuite, il m'a montré à m'entraîner sans me brûler. Parfois, il ne sert à rien de trop en faire. Il faut juste faire la bonne affaire! Et il faut s'accorder des pauses de temps en temps, ne pas toujours faire la même choses, etc.

J'étais en route vers un nouveau mode de vie durable. Plusieurs personnes abandonnent. Pour moi, ça n'a jamais été le cas. Bien sûr, je triche un peu plus souvent sur le plan alimentaire, mais disons que mon corps me le rappelle assez vite. Je connais la différence sur mon énergie. Pour moi, c'est flagrant. Alors, ça ne me dit pas de me sentir amorphe. Je n'ai plus de poids à perdre, je m'assure de garder l'équilibre pour me sentir bien.

Je sais le chemin que j'ai parcouru, je connais les bénéfices, je n'ai pas envie de revenir en arrière. Ce qui m'aide, c'est que je n'ai jamais été trop attirée par la malbouffe, je ne me suis jamais perdu dans un sac de chips ou une boîte de biscuits, je ne suis pas une grande buveuse d'alcool. Peut-être que c'est plus facile, je ne sais pas.

Depuis, j'ai quitté le Planète Gym comme lieu d'entraînement quand j'ai changé d'emploi. Je me suis entraînée au MaxiForme Fitness parce que ce centre était plus près de mon nouveau lieu de travail. J'ai aussi découvert la plateforme en ligne de Beachbody. Au début, ça me faisait un bon complément avec le gym physique. J'alternais. Avec la pandémie, le gym en ligne l'a emporté définitivement. Je me suis mieux équipée à la maison. Je me suis fait une routine d'entraînement. J'ai essayé de nouveaux programmes. Je me suis même mise au yoga, que je dénigrais pourtant depuis toujours. Cela a définitivement contribué à maintenir ma santé physique et mentale. 

J'ai gardé le cap. J'ai la motivation nécessaire pour le faire et j'y tiens. C'est inscrit dans mon quotidien. Plus souvent le matin, mais pas trop tôt quand même! Tout comme, je ne peux pas passer une journée (sauf exception) sans aller aussi prendre une marche à l'extérieur, le midi ou le soir après souper. Certaines de mes voisines me trouvent drôle de sortir tous les jours marcher. Pour moi, c'est vital. Je suis une fille de l'extérieur. Quand je vais au chalet, je marche encore plus dans la montagne, dans la forêt. J'ai maintenant l'habitude de me mettre un balado dans les oreilles. Parfois, je profite juste des bruits ambiants. Je fais le vide. C'est nécessaire.

J'ai gardé le cap aussi sur la nutrition. Je suis encore pas mal ce que Jack m'avait donné comme plan d'alimentation (pourquoi changer une formule gagnante?). Cela rejoint beaucoup le Portion Fix proposé par Beachbody. Quand on commence à s'informer, on se rend compte que c'est la base. Avec le temps, j'ai lu sur le sujet (surtout les incontournables livres de Hubert Cormier), j'ai appris à adapter des recettes, à faire des choix plus éclairés, à lire les étiquettes des valeurs nutritionnelles. Mon dieu, que je peux avoir des surprises des fois sur des produits. Je les remets sur la tablette rapidement. Pourquoi on ne nous apprend pas à lire les étiquettes à l'école? Il y a tellement de produits qui se prétendent santé qui sont remplis de gras, de sucre ou de calories vides. Une barre tendre avec 2-3 grammes de protéines, laisse faire, ce ne sera pas soutenant ça.

Je ne vous cacherai pas que c'est dur parfois de manger plus intelligemment. Dans un groupe, il y a toujours quelqu'un qui va faire une remarque, qui va tenter de vous influencer, qui ne comprendra pas. À la maison, il faut planifier. En déplacement, c'est encore pire, il faut prévoir s'amener des collations, si non, oublie ça. Les restaurants et les dépanneurs offrent si peu d'options intéressantes. Il faut trouver un supermarché. Bref, ça prend de la détermination et de la planification. Mais quoi, j'ai le droit de faire attention à moi, de manger et de bouger comme je veux. Je ne suis pas prisonnière des normes ou de certaines tendances. Comme je l'ai dit plus haut, je mange et je bouge pour me sentir bien tout simplement. Après 12 ans, je pense que je commence à avoir un peu d'expérience en la matière quand même!

Cet automne, mon horaire était chargé (trop, je l'ai déjà dit) et j'ai été tenté de laisser de côté mon entraînement quotidien à quelques occasions. Mon corps me l'a vite rappelé. Il veut bouger. Il doit bouger. Je passe mes journées assissent devant l'ordinateur. C'est nécessaire de s'activer pour retrouver de l'énergie, de la flexibilité, du mouvement. Notre corps n'est pas fait pour être statique. 

Sport et nutrition sont un duo inséparable. Mais ils ne sont pas complets sans le sommeil. Ça aussi, il faut l'apprendre avec le temps. On ne peut pas brûler la chandelle par les deux bouts. Notre cerveau et notre corps ont aussi besoin de se regénérer et c'est en dormant qu'ils le font, en dormant suffisamment et d'un sommeil réparateur surtout. D'ailleurs, dans le trio, ce sont le sommeil et l'alimentation qui sont les plus importants. Ce texte que j'ai lu la semaine dernière explique à merveille la relation entre les deux. Je vous conseille fortement de le lire si le sujet vous intéresse.

Peu de gens connaissent cette facette de moi, je ne parle pas tant que ça de ce que je considère plus personnel. Pourtant, si je pouvais aider ne serait-ce qu'une personne à changer ses habitudes, j'en serai bien heureuse. Je sais la différence que ça a fait pour moi. Et c'est pour la vie.

*Ce texte fait partie de la série 12 jours avant Noël.