dimanche 7 janvier 2018

Le numérique aura la vie dure

Le Québec a lancé sa première Stratégie numérique avant Noël (Enfin!)... mais tel que prévu, sa concrétisation ne sera peut-être pas si simple.... La résistance prendra toute sorte de forme et proviendra de différents endroits. Il faudra que les convaincus soient plus convaincus que jamais pour avancer vers une meilleure intégration du numérique dans la société québécoise et chez les Québécois eux-mêmes.

L'année 2018 est à peine débuté que les signes de résistance refont surface: nostalgie du livre papier par rapport au livre numérique, place des technologies dans l'enseignement au secondaire et au collégial remise en question, etc.

Concernant le livre papier, je rappellerai seulement que celui-ci ne doit tout simplement pas être placé en opposition au livre numérique puisque les deux médiums existent en complémentarité. Clément Laberge fournit une réponse très complète sur son blogue.

Je citerai ce passage:
«... le livre numérique ne se développe pas dans le but de remplacer le livre imprimé, mais plutôt pour répondre à des besoins auxquels le livre imprimé ne répond pas adéquatement.»
Et surtout n'oublions pas le fait que le livre imprimé a aujourd'hui grandement besoin de l'environnement numérique pour se faire connaître et qu'il fait partie d'un univers culturel où le numérique est omniprésent.

Ensuite, concernant la place du iPad dans les écoles du Québec, celui-ci est de plus en plus utilisé par des élèves du primaire et du secondaire. Par contre, lorsque ceux-ci arrivent au Cégep, ils retrouvent un environnement d'enseignement plutôt traditionnel où le iPad et les technologies en général sont peu utilisés.

Selon une étude de Patrick Giroux, « ces finissants du iPad constatent une "cassure" lorsqu'ils arrivent au cégep, ce qui "soulève des questions" ». Face à cette situation, le pdg de la Fédération des cégeps se contente de mentionner que les cégeps ne doivent pas être considérés comme étant en retard et que l'autonomie professionnelle des enseignants priment dans le choix des moyens d'apprentissage. Hum... hum...

Et face à cet enseignant dans un cégep qui ne disposerait « d'aucune autre alternative pour obtenir l'attention de ses étudiants » que son tableau vert et sa craie, Mario Asselin propose une réponse très efficace à laquelle j'adhère.

Il se dit déçu de constater que des profs tombent dans le piège de se mettre en compétition avec les écrans de leurs élèves alors qu'ils pourraient tout simplement les utiliser comme source d'apprentissage. Il soutient aussi que l'activité d'apprendre est « transformée par le numérique » et qu'il serait temps d'en prendre conscience.

Le réseau collégial aura certainement du rattrapage à faire dans les prochaines années, surtout alors qu'on sait déjà que le taux de décrochage y est en hausse.

Tout ceci pour dire que, dans plusieurs sphères de la société, il existe encore énormément de résistance face au numérique.

Pourtant, il est plus que temps d'arrêter de se mettre la tête dans le sable. Le numérique avance et avance de plus en plus vite. Si, pour certaines personnes, il est encore acceptable que le virage numérique ne se fasse pas. Pour d'autres, cela deviendra complètement inacceptable. Pour ceux-là, si vous ne vous situez pas par rapport au numérique, vous n'existerez tout simplement pas.

Je pense ici principalement aux jeunes (et moins jeunes) qui préfèrent commander aux bornes automatiques du McDo plutôt que d'avoir à parler à un caissier, qui passent des commandes mobiles pour éviter les files d'attente pour un café au Tim Hortons, qui n'hésitent pas à utiliser les caisses libres-services au Wal-Mart, qui s'auto-forment sur différents sujets avec des vidéos sur YouTube, qui ne savent même pas qu'avant, on achetait des albums musicaux de 12 pièces plutôt qu'à l'unité dans des «playlists» suggérés par un algorithme, qui sont convaincus que la plupart des voitures seront conduites de façon autonome dans 5-6 ans.

Pour ces jeunes-là et les autres, vous aurez beau résister face au numérique tant que vous voudrez, eux, ils continueront d'avancer et vous ne ferez pas partie de leur monde.

La Stratégie numérique du Québec a été lancée. C'est la pointe d'un iceberg qui sera probablement difficile à manier, surtout si aucun leadership politique ne se fait entendre. Elle symbolise l'ampleur du travail à accomplir pour transformer des façons de penser, des façons de faire, tout un système.

Lancée à l'aube d'une année électorale qui pourrait venir changer la donne, la Stratégie pourrait bien avoir la vie dure et sa mise en application de façon claire et définitive n'est pas assurée. D'autant plus qu'on note généralement un « manque d'intérêt pour les enjeux liés à l'avènement des technologies numériques » de la part des politiciens et de leur parti, comme l'écrit Clément Laberge. Pourtant, eux aussi auraient tout avantage à se positionner face au numérique.

Soyons optimiste! 2018 ne fait que commencer. Personnellement, je reprends mon bâton de pèlerin et je repars pour une année de partages et de découvertes numériques.

lundi 1 janvier 2018

Pour ne pas perdre la magie

Je souhaitais ralentir en 2017.... puis prendre le temps de mettre la switch à off... Au final, l'année 2017 a passé tellement vite que je n'ai même pas eu le temps de la voir passer et de la savourer pleinement, surtout la seconde moitié.

En décembre, j'ai mis les « break au fond » pour arriver à Noël en toute sérénité et prendre le temps d'arrêter le temps.

Car, c'est bien ça, le temps des Fêtes, une période de l'année où on peut prendre le temps sans se sentir coupable. Tout le monde s'arrête en même temps. Cela semble presque impossible alors que pendant le reste de l'année, on avance dans la vie à un rythme effréné. Et pourtant, on y arrive et ça fait tellement de bien.

Il n'existe aucune autre période dans l'année où il est possible de s'arrêter ainsi. Pendant l'été, personne ne prend ses vacances en même temps. Alors, même en congé, les courriels continuent de s'accumuler.

Dans les derniers jours de décembre, le temps s'arrête pour pratiquement tout le monde. Comme l'écrit Patrick Parent dans ce billet: « ... nous sommes les maîtres de notre temps, nous reprenons le temps perdu et celui qu'on nous a volé ». Inspirer, expirer, inspirer, expirer...

Pour moi, c'est le moment idéal de jeter un regard sur l'année qui vient de se terminer. Une année qui a déferlé comme une avalanche et où j'ai eu l'impression de perdre le contrôle à plusieurs occasions. Une année qui m'a présenté une opportunité incroyable/inespérée/inattendue sur un plateau d'argent et où j'ai eu à faire des choix et à me surpasser, où je suis sortie de ma zone de confort.

Elle m'a dit: « Eh, toi, la fille du Bas du Fleuve, qui rêvait de Québec dans ton adolescence, qui voulait changer le monde à ta façon, ben, v'la l'occasion et tu dois la saisir ».

Et je l'ai écouté. Et je me suis laissée transporter par l'avalanche ne sachant pas où elle allait me mener. Ça, c'est insécurisant mais, en même temps, c'est tellement plaisant.

Se lancer dans une aventure comme celle de Québec numérique, c'est juste indescriptible. Et je ne pourrais pas passer sous silence toutes les personnes merveilleuses que cette aventure a mis sur mon chemin en 2017.

Je voulais ralentir en 2017, je n'ai pas ralenti en terme de alléger mon agenda. Mais j'ai réussi à vivre les événements du quotidien autrement, à demeurer vraie, à être moi-même, à lâcher-prise plus facilement.

Ralentir, c'est un mot qui vient avec une image forte. Au final, je crois que l'essentiel réside dans l'attitude que l'on adopte face à la vie.

J'ai terminé l'année en me disant que l'important, c'est d'avoir des convictions, des valeurs, des principes, qu'il ne sert à rien de se mettre de la pression inutilement sur les épaules. On ne sait pas toujours avec précision où on s'en va, mais on sait qu'on avance pour les bonnes raisons et c'est ça qui compte.

Et c'est ainsi que ma devise pour 2018 sera : « Ne pas perdre la magie ». La magie, c'est quoi? C'est la raison qui fait que tu te lèves de bonne humeur le matin. C'est ce qui te motive à aborder la vie avec optimisme. C'est le plaisir que tu as au quotidien. C'est de prendre du temps pour toi et pour ceux que tu aimes. C'est ce qui compte vraiment parmi les « priorités qui s'accumulent ». C'est ce qui te fait du bien, qui te donne l'énergie pour avancer et traverser les avalanches.

La magie, c'est de garder l'équilibre et le plaisir dans ta vie. La magie, c'est de laisser la place à ce que tu aimes et réussir à tasser ce que tu n'aimes pas et qui te gruges ton énergie inutilement.

À travers le brou-ha-ha du quotidien, il peut être facile de perdre la magie, de se laisser embarquer dans des situations « anti-magie » qui ne sont pas en adéquation avec nos convictions. Il faut apprendre à reconnaître ces moments pour s'arrêter, respirer, trouver une solution et repartir du bon pied.

C'est avec cette devise en tête que j'aborde la nouvelle année. 2018, je ne sais pas encore de quoi tu seras faite, mais je veux qu'on s'amuse ensemble!

Vive la magie!

mercredi 13 décembre 2017

Enfin!

Ainsi, la Stratégie numérique du Québec a été dévoilée ce matin. Disons le franchement, elle était plus qu'attendue cette stratégie. Et disons surtout : ENFIN!

Après des mois et même des années de consultation, il aurait été gênant pour le gouvernement Couillard que la Stratégie ne soit pas rendue publique avant la fin de l'année 2017.

Alors, que dit-elle cette Stratégie?
Tout d'abord, mentionnons qu'elle vise...
Une prospérité collective qui met le numérique au service de la personne et du bien commun.
Elle est énoncée en principes, en cibles, en orientations que je ne répéterai pas ici. Les cibles sont ambitieuses dans certains cas, plus vagues dans d'autres. Les infrastructures (donc l'accès à internet), l'éducation, l'administration publique, les villes et les territoires, l'économie, la santé et la culture sont explicitement inclus dans la Stratégie. On sent donc qu'il y a eu un effort de représenter le plus grand nombre possible de ministères, de citoyens et d'être très inclusif. Il y a une réelle volonté d'avancer de la part du gouvernement.

Au coeur de la Stratégie, on vient dire : Le numérique n'est plus une option. Il fait partie de la vie d'aujourd'hui et sa présence s'accélèrera demain. Il nous revient de nous adapter à la présence du numérique car il ne ralentira pas pour nous. Tirons profit du numérique pour devenir plus efficace, plus performant, plus transparent, plus...

C'est une évidence. Mais c'est un événement aujourd'hui car c'est la première fois que le gouvernement québécois prend un engagement clair envers le numérique. Nous ne pouvons qu'applaudir. Le geste se veut rassembleur, mobilisateur et optimiste.

Maintenant, passons à l'étape suivante. Comme l'a dit la ministre Anglade lors de l'annonce, la Stratégie vient poser un cadre, comme le contour d'un casse-tête, autour de la notion de numérique au Québec. Plusieurs morceaux viendront se greffer à l'intérieur du cadre. Certains existent déjà, comme le Plan culturel numérique du Québec, de nouveaux viendront s'ajouter dans les prochains mois. L'image est excellente. Il existait déjà des initiatives en numérique au sein du gouvernement, on vient les encadrer pour éviter qu'elles deviennent incohérentes. En plus, on indique à ceux qui n'avaient pas encore bougé qu'il serait temps de se mettre en mouvement.

Mais, donc, la mise en application de la Stratégie dépendra des plans d'action qui seront dévoilés au cours des prochains mois, de la mobilisation qui se fera (ou non), et d'autres décisions/annonces à venir. Les processus et politiques publiques devront évoluer, certaines lois et règlements devront être modifiés. Le numérique pose un nouveau cadre de référence en-dehors des anciens cadres existants.

Pour les plus impatients défenseurs du numérique, cela ne va pas encore assez vite. Visiblement, il faudra faire preuve de patience avant de sentir le virage numérique pour vrai!

Et pourtant, il est plus que temps de passer à l'action! Ça, tout le monde le sait!

Pour moi, au-delà des enjeux de connectivité qui persistent dans certaines régions du Québec et de la résistance au changement dans l'appareil gouvernement, le principal défi qui se pointera dans l'application de la Stratégie, c'est l'appropriation du numérique tout simplement. Ce n'est pas parce que tu as accès à Internet que tu sais comment t'en servir. Ce n'est pas parce que tu peux utiliser des outils technologiques dans le cadre de ton travail que tu veux/peux/sais les utiliser.

Accompagnement, sensibilisation, transfert et partage de connaissance deviennent plus pertinents que jamais. L'acquisition de compétences numériques autant dans un cadre professionnel que citoyen deviendra, selon moi, le pilier de la Stratégie. La gestion du changement doit pouvoir se faire rapidement à ces niveaux. Formation continue, ateliers, perfectionnement, éducation..., tous doivent avoir la possibilité de comprendre le numérique, de prendre conscience de ses possibilités et de pouvoir s'y adapter.

Beau chantier en perspective pour 2018... et pour les 5 années à venir. C'est le délai que s'est donné le gouvernement Couillard pour atteindre ses cibles.


Sur le même thème: Le monde politique devant le numérique de Clément Laberge
« ... Il n'est plus possible d'aborder de façon crédible les questions de langue, de culture, d'éducation, de santé, d'emplois et d'économie sans tenir compte de l'impact des bouleversements numériques. »


mercredi 15 novembre 2017

Pas de patinoire à l'école, vraiment?

Aujourd'hui, j'ai reçu l'Info-Parents mensuel de la part de l'école de ma fille. Jusque là, rien de surprenant. Sauf qu'il y avait ce petit paragraphe, au point 11 (donc dans la page 3 de l'Info-Parents):
«11. Patinoire: Nous tenons à vous informer que malheureusement la Ville de Lévis a pris la décision que la patinoire qui était présente par le passé sur le terrain de notre école ne sera plus aménagée à compter de cette année. »
QUOI!?! Est-ce que j'ai bien lu? Je me suis empressée d'envoyer un courriel à l'école pour en savoir plus.

Ma fille est en 6e année. Depuis toujours, à son école, l'École La Nacelle de Lévis (quartier Saint-Jean-Chrysostome ), une patinoire municipale est aménagée dans la cour de l'école. Les élèves peuvent patiner le midi et le soir pendant le service de garde et même à l'occasion pendant les cours d'éducation physique. Cette activité est très appréciée des élèves et elle fait en sorte que l'école se distingue des autres. L'an dernier, le Service de garde de l'école a même été finaliste pour un concours de projet engageant de l'association des services de garde du Québec en raison de la patinoire.

Le patinage est une activité accessible à l'ensemble des enfants. Beaucoup d'enfants ont appris à patiner à l'école de ma fille. Ils prennent ainsi goût au sport, à l'hiver et, par-dessus tout, ils s'amusent.

La réponse de l'école n'a pas tardé:
« Nous avons été très surprises nous aussi d’apprendre cette décision qui a été prise par la ville de Lévis. Nous croyons à l’importance de jouer à l’extérieur et de bouger et la patinoire était un plus pour le service de garde. [...] Je n’ai pas reçu beaucoup de détails en lien avec les raisons. nous avons reçu un courriel de la commission scolaire nous informant du retrait des patinoires dû au manque d’éclairage et au manque d’achalandage. Aucune consultation n’a été faite auprès de nous pour avoir notre opinion donc c’est très décevant. Pour le manque d’achalandage, c’est absolument faux, car le service de garde l’utilisait toutes les après-midis et les enseignants d’éducation physique l’utilisaient régulièrement. »

Donc, je me pose sérieusement la question à savoir ce qui a motivé la décision de la Ville de Lévis. Sans faire aucune consultation en plus.

Il est certain que je vais faire un petit appel demain à ce sujet. J'espère que d'autres parents en feront autant. Faudrait-il faire une pétition pour renverser la décision?

Nous venons de sortir d'une élection municipale. Un aura très positif règne autour du maire de Lévis et de son équipe. Par contre, il ne faudrait pas que des décisions de ce genre viennent entacher la belle réputation qu'il a en ce moment!

À suivre!

Mise à jour du 18 novembre:
J'ai parlé avec Guy Dumoulin aujourd'hui, le conseiller municipal du district où se trouve l'école. Il a eu la gentillesse de m'appeler un samedi avant-midi. Il m'a informé que la Ville de Lévis avait choisi de se retirer progressivement des lieux qui ne sont pas des parcs municipaux afin de concentrer ses efforts dans les parcs municipaux. L'école des Mousserons à St-Jean-Chrysostome serait également touchée. La décision bien qu'elle soit décevante peut être comprenable.

Il reviendrait donc à la Commission scolaire des Navigateurs de maintenir les installations hivernales comme la patinoire (tout comme elle est responsable des autres aménagements des cours d'école - panier de basket ou autres). Il m'a laissé entrevoir que la balle serait dans le camp de la CSDN et qu'il pourrait éventuellement y avoir des discussions avec celle-ci afin de maintenir la patinoire. 

La prochaine étape sera donc d'appeler la CSDN, en plus de discuter avec la direction et le service de garde de l'école, pour voir ce qu'il serait possible de faire. Il est aussi de la mission des commissions scolaires et des écoles d'offrir des milieux stimulants pour les élèves. Je comprends toutefois qu'il y aura un coût associé à ce maintien. Reste à voir qui pourra l'assumer.



samedi 11 novembre 2017

L'ultime sandwich

Une partie du groupe lors du dernier rendez-vous
le 10 novembre 2017. Crédit: Nathalie Perreault
Il fallait être brave pour se rendre sur la colline parlementaire hier midi à Québec. Il ventait un vrai vent du Nord québécois et la température ressentie était de presque -20 degrés.

Pourtant, je ne pouvais pas manquer ce rassemblement: le tout dernier rendez-vous du Sandwich du vendredi.

J'ai déjà écrit une forme de conclusion ici la semaine dernière.

Contrairement à ce que pense ma fille, cet ultime rendez-vous ne signifie pas que nous n'allons plus jamais manger de sandwich. Cela veut simplement dire qu'après une année complète, il était temps de passer à autre chose et de trouver une autre action citoyenne pour signifier notre indignation envers les instances politiques qui nous gouvernent mal.

La forme que cela prendra n'est pas encore définitive, mais il y aura certainement un rendez-vous quelque part en janvier (et, attention, il n'est pas exclu qu'un sandwich soit présent!). Il est clair qu'il ne s'agit pas d'une fin. Nous poursuivons notre quête d'aborder la situation politique avec moins de cynisme et de chercher des lieux où amener du positif plutôt que de continuellement voir le négatif.

J'espère que de plus en plus de citoyens se sentiront interpellés par ce désir de faire changer les choses, que des gens se réveilleront petit à petit et se découvriront des convictions. J'ai déjà écrit « changer le monde un sandwich à la fois ». Cela veut aussi dire « changer le monde un geste à la fois » aussi minime soit-il.

Chacun doit trouver son petit terrain de jeu, où il se sent confortable et où il croit possible d'agir. C'est surtout cela l'important. Se sentir concerné par un enjeu en particulier et décider d'agir pour apporter une contribution dans ce domaine. Ne pas rester passif à regarder passer la parade.

Moi, j'ai déjà trouvé ma voie. Faire progresser le numérique dans toutes les sphères de la société, faire en sorte que chacun puisse en tirer profit et améliorer sa qualité de vie, au travail à la maison, ou ailleurs. Les technologies peuvent représenter un important levier social et nous avons définitivement besoin d'accélérer les virages numériques qui doivent se prendre. La transformation est mondiale et ne s'arrêtera pas. Si nous voulons demeurer « dans la game », des changements sont nécessaires dans plusieurs lieux et à plusieurs niveaux. Je compte bien y contribuer!




vendredi 3 novembre 2017

52 sandwichs plus tard

Il y a un an, Clément Laberge a initié une nouvelle tradition: aller manger un sandwich devant l'Assemblée nationale à Québec, le vendredi à midi.

Il s'agissait d'un geste symbolique pour marquer son indignation envers nos politiciens, la machine gouvernementale, le système qui n'est plus à l'écoute des citoyens, des électeurs.

Au fil des semaines, plusieurs personnes se sont jointes à lui, dont moi-même. Il s'agissait d'une façon de s'engager dans une réflexion, de prendre un moment pour parler avec d'autres personnes de l'actualité de la semaine, des aberrations surtout, et de discuter positivement de ce qui pourrait être fait autrement.

Toujours sans partisanerie. Je tiens à le souligner car c'était très important pour moi. Je suis convaincue qu'il faut dépasser les carcans des formations politiques si on veut être capable de travailler tous ensemble pour améliorer la situation actuelle, passer en mode solution.

Les semaines ont passé, ont filé à la vitesse de l'éclair, je devrais plutôt dire. Bref, un an s'est écoulé depuis le premier rendez-vous du sandwich. Nous n'avons pas réussi à pousser la démarche plus loin. Mais, et c'est ce qui est remarquable quand même, à chaque vendredi depuis 52 semaines, il y a toujours eu au moins une personne devant l'Assemblée nationale pour manger un sandwich.

Au cours des derniers mois, j'ai été moins présente physiquement à l'Assemblée nationale, mais de façon symbolique, j'ai mangé plusieurs sandwich à distance! Par solidarité! Parce que je crois qu'il y a quelque chose de malsain dans la situation politique actuelle au Québec et qu'il devra y avoir, un jour ou l'autre, un point de rupture pour faire changer les choses. On ne sait juste pas encore lequel et comment cela se passera.

En février, nous avons publié un premier texte commun Nourrir la démocratie un sandwich à la fois qui a été publié dans Le Soleil.

Aujourd'hui, à l'occasion du 52e sandwich, nous publions un deuxième texte Pour en finir avec le cynisme systémique qui commence comme suit:
Le Québec souffre d'un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.
J'endosse ce texte à 100%. Pour moi, c'est un texte qui réitère l'importance de l'engagement citoyen, du « réveil citoyen ». Oui, cela demande un effort. Mais, il revient à chacun d'entre nous de s'intéresser à la chose publique, de placer notre « énergie à soutenir des projets inspirants » et non « à s'époumoner sur les sujets qui nous enragent ».

Ce n'est pas en « chialant » constamment qu'on va trouver des solutions. Il faut se mettre en action, même si on croit que c'est impossible de faire changer les choses. Cela ne changera peut-être pas rapidement, mais il faut croire dans la théorie des petits pas.

Finalement, la Grande finale du rendez-vous du sandwich aura lieu le vendredi 10 novembre de 12h à 12h30 devant l'Assemblée nationale. Celui-là, je ne le manquerai pas. J'y serai et je vous invite à y être vous aussi.


Un retour sur mes écrits au sujet du Sandwich du vendredi
Changer le monde un sandwich à la fois
Réflexion post-sandwich #2
Quand j'ai mal à mon diplôme
Du cynisme à l'optimisme
Il n'y aura pas de sauveur
D'un sandwich à l'autre






Pour en finir avec le cynisme systémique

Note: Ce texte est publié à l’occasion du 52e rendez-vous sandwich. Les cosignataires sont présentés au bas du texte.
Le Québec souffre d’un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.
Que faire devant ce constat? S’indigner chacun notre tour sur les réseaux sociaux? Se réfugier dans une partisanerie pire que celle qui nous irrite? Décrocher complètement pour se replier dans un confortable chacun-pour-soi? 
Il y a un an, une série d’événements nous a fait sortir de nos gonds: écoeurantite aiguë. Nous avons cru nécessaire de nous engager dans une démarche exutoire. 
Depuis un an, nous nous sommes réunis chaque vendredi devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich en cherchant à résoudre ce dilemme.  
C’est une démarche exigeante, que l’on pourrait juger futile, mais que nous croyons utile, parce que la recherche d’une solution s’avère déjà une première façon de rester actifs et engagés. De ne pas sombrer. C’est un symbole. 
Toute l’année, les raisons de s’indigner se sont succédé, chaque semaine, l’une remplaçant la précédente… à un rythme si effarant qu’il fallait probablement un rendez-vous hebdomadaire pour le constater. L’année a été un feu roulant de raisons capables d’entraîner quelqu’un dans la lassitude et la perte de confiance dans le monde politique. Mais nous avons tenu bon.  
Chaque semaine, nous avons fait l’effort de transformer notre indignation en quelque chose de plus positif: en échangeant, en adoptant d’autres perspectives, en cherchant la lumière au bout du tunnel. C’est un rendez-vous qui nous a fait du bien, duquel nous sommes chaque fois repartis revigorés, et un peu plus sereins. Du même coup, nous avons un peu moins chialé sur les réseaux sociaux — ce qui est déjà pas mal comme résultat, parce que cela ne mène le plus souvent à rien. 
Après trente semaines, nous avons publié un texte pour interpeller élus et journalistes. Un texte qui a eu bien peu d’échos. Nous nous sommes parfois demandé s’il fallait en publier un autre, choisir des mots plus forts, plus polémiques ou provocateurs. Nous avons choisi de ne pas le faire pour ne pas alimenter les mécanismes négatifs que nous déplorons. 
Vingt-deux semaines plus tard, cette année de rendez-vous aboutit sur le constat que la dynamique politique est dans une impasse partisane au Québec et que la manière dont les médias (et notre usage des médias sociaux) s’en font l’écho a pour effet d’empirer la situation.  
Au moment où nous mettons un terme à cette séquence de cinquante-deux vendredis sandwich, on se dit qu’il serait peut-être utile d’envisager la mise sur pied de quelque chose comme une commission sur le cynisme systémique. Il est urgent de comprendre pourquoi notre désabusement prend plus de place dans l’espace public que nos espoirs et les projets qui sont censés les incarner.  
Autrement, le Québec court le risque de s’embourber de plus en plus profondément dans des débats qui n’ont rien à voir avec les défis réels auxquels nous sommes confrontés. La lassitude et le désengagement sont toxiques pour notre avenir. 
Vivement que des hommes et des femmes politiques assument un leadership dans cette nécessaire reprise en main de notre santé mentale collective. L’apport des médias est également indispensable pour que cette reprise en main soit possible. 
Mais il ne faut pas seulement attendre que le changement vienne des autres. Le réveil citoyen veut aussi que chacun de nous consacre un peu plus d’énergie à soutenir des projets inspirants et un peu moins à s’époumoner sur les sujets qui nous enragent. 
Vivement qu’on fasse de l’espace dans nos vies pour ces projets inspirants et que chacun d’entre nous puisse recommencer à se mobiliser POUR quelque chose plutôt qu’uniquement CONTRE quelque chose. 
C’est dans cet esprit que nous vous invitons à vous joindre à nous pour un dernier rendez-vous sandwich, le vendredi le 10 novembre, de 12h à 12 h 30 devant l’Assemblée nationale.  
LES SIGNATAIRES: 
Clément Laberge
Marie-Claude Côté
Marianne Kugler
Étienne Ferron-Forget
Louis Germain
Benoît Tardif
Marie-Claude Perron
Martine Rioux
Nathalie Perreault
Lynda Cloutier
Annie Morin
Marie Lavoie
Marjorie Ramírez
Marie-Hélène Vaugeois
Sylvain Bérubé
Et une vingtaine d’autres personnes qui sont venues manger un sandwich avec nous au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Un retour sur mes écrits au sujet du Sandwich du vendredi