lundi 2 septembre 2019

Cacher ce cellulaire que je ne saurais voir...


Ce n'est pas la première fois que j'écris au sujet de l'éducation et de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, au sujet de l'usage qu'en font nos jeunes et de l'importance des les accompagner pour qu'il en fasse un usage adéquat. Ces sujets m'intéressent au plus haut point.

Le 28 avril dernier, j'écrivais:
«... ce n'est pas parce que tout se transforme autour de nous que nous savons comment utiliser ces outils à bon escient. Il y a toujours deux côtés à une médaille: ils peuvent propulser votre carrière en avant ou la détruire à tout jamais. Le meilleur et le pire peuvent arriver avec le numérique. Voilà pourquoi il devient si déterminant d'apprendre à s'en servir intelligemment, adéquatement, de façon éthique... ».
Cela vaut autant pour les jeunes que les adultes.

Dans ce domaine, ma philosophie a toujours été et demeurera: éduquer plutôt que censurer. En 2006, je produisais d'ailleurs un magazine qui en faisant son thème principal. Le magazine l'École branchée poursuit aujourd'hui sa mission de promouvoir l'usage pédagogique du numérique à l'école.

À l'occasion de la rentrée scolaire, le Journal de Québec se penche sur l'usage du cellulaire à l'école. On généralise en parlant d'interdiction du cellulaire dans des écoles en France. Ce n'est pas clair si les autres appareils technos sont aussi interdits. Ce n'est pas clair si les élèves ont quand même des cours d'informatique (ou des cours où les appareils sont permis) afin d'acquérir certaines notions. Ont-ils l'occasion de s'initier à la robotique et à la programmation? Les réponses viendront peut-être dans la suite prévu cette semaine.

Pour le moment, je choisis de retenir de ce dossier la citation suivante (qui est très très loin dans le texte, surtout dans la version en ligne):
« Le cellulaire est un problème majeur, mais en interdisant, est-ce qu'on éduque vraiment? On s'imagine qu'on a réglé le problème, mais ce n'est pas le cas. »
Cette citation est de Thierry Karsenti, professeur à l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation.

Elle vient résumer la problématique. Oui, il existe un urgent besoin d'outiller les jeunes dans l'usage qu'ils font de leurs appareils électroniques. Il y a un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. Par contre, en interdisant tout simplement, on se ferme les yeux et on passe à côté d'une excellente occasion de sensibiliser.

Interdire dans certaines situations, d'accord. Mais interdire mur à mur, non.

Des règles simples peuvent être mises en place par les écoles (comme cela peut aussi être le cas à la maison).
  • En classe, par exemple, l'utilisation d'un appareil comme un iPad, un ordinateur ou un cellulaire peut être réservé uniquement pour les tâches scolaires. Si on en a pas besoin pendant un cours donné, on le laisse à la porte dans un contenant prévu à cet effet ou dans son casier.
  • Au début du cours, tous les appareils sont éteints (en mode veille).
  • Les notifications sont désactivées en tout temps à l'école.
  • L'utilisation des appareils est permise dans certaines zones de l'école seulement.
  • Une charte est signée par les élèves en début d'année scolaire (utilisation éthique, sécuritaire et responsable dans le respect des autres personnes dans l'école).
Ces exemples sont tirés des règles d'utilisation signés par moi et ma fille en début d'année scolaire dans l'école qu'elle fréquente. Elle est dans un programme de langues internationales dans une école publique et la majorité de ses "cahiers scolaires" sont numériques.

Les temps ont changé

Encadrer, accompagner, cela implique d'abord de reconnaître que les technologies sont là pour rester. Ben oui! La transformation numérique est sur toutes les lèvres dans plusieurs sphères de la société. Les reproches à l'effet que l'école n'a pas beaucoup changé depuis un siècle sont pourtant légions. Le monde a changé. L'école doit s'adapter et devenir un reflet de la société.

Dans les médias d'aujourd'hui, je choisis surtout de retenir le texte de Marc-André Girard, directeur des services pédagogiques du Collège Durocher de Saint-Lambert, publié dans La Presse Plus. Prenez le temps de le lire au complet, mais en voici un résumé.

« Essentiellement, il s'agit de comprendre et surtout d'accepter que les technologies soient ancrées dans la vie de nos élèves et que, bien qu'il faille reconnaître les dangers de dérives, il y a néanmoins un énorme potentiel à exploiter pour enrichir autant la démarche pédagogique que celle liée à l'apprentissage. »

Dans son texte, il rappelle que les enseignants jouent un rôle de premier plan pour aider les jeunes à développer leur esprit critique, pour qu'ils apprennent à faire une utilisation réfléchie des technologies, pour qu'ils deviennent des citoyens avisés à l'ère du numérique. Bref, l'école n'a pas à être ou à devenir une cloche de verre sous laquelle les élèves sont isolés du reste du monde.

« Ce n'est donc pas en interdisant les outils qui sont pourtant utilisés et valorisés partout ailleurs dans la société que les milieux scolaires agiront de façon cohérente avec leur propre mission: éduquer les élèves et les préparer à leur vie adulte. »

Il rappelle également que, de tout temps, les adultes ont jugé « le présent à partir de [leurs] rapports au passé », en ayant une vision idyllique du passé et en se disant que c'était « donc bien mieux avant ».

J'ajouterai qu'ils ne regardent pas toujours leurs propres comportements avant de critiquer les jeunes (allô les 53% d'adultes qui consultent leur téléphone cellulaire pendant des réunions!) et qu'ils ont tendance à se donner l'absolution simplement parce qu'ils sont adultes. Ça donne à réfléchir...

La situation est complexe. Elle est composée de plusieurs sujets à considérer indépendamment. Il y a l'utilisation à des fins personnelles (divertissement, médias sociaux, jeux vidéos, etc.) et celle pour le travail scolaire ou professionnel (outils liés à la production, à la consultation, recherche et collaboration, etc.). Parfois, les univers s'entrecroisent, les compétences à développer se ressemblent. Le ministère de l'Éducation du Québec a d'ailleurs publié un cadre de référence concernant la compétence numérique ce printemps. Je pourrais aussi aborder ce qu'on appelle la dépendance aux écrans dans un autre billet.

Il faut prendre chaque aspect pour ce qu'il est et éviter de généraliser lorsqu'il est question de technologies. Il faut surtout saisir l'occasion de faire de nos jeunes de véritables citoyens du XXIe siècle, qui maîtrisent des compétences dont ils ont besoin pour prendre leur place dans la société d'aujourd'hui et de demain.


samedi 8 juin 2019

La pointe de l'iceberg numérique



Au jour 7 de l'année 2019, j'annonçais une année de défis et d'aventures numériques.

Et c'est ainsi qu'une nouvelle aventure débutait pour moi lorsque j'ai joint le Cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale du gouvernement du Québec... Le défi était si grand et stimulant que je n'ai pas pu refuser cette proposition.

Car, bien que la transformation numérique soit déjà en marche au gouvernement du Québec, c'est la première fois de l'histoire qu'un ministre est délégué spécifiquement à cette tâche. Et vous n'avez sans doute pas besoin de moi pour savoir que cette tâche est colossale.

Au cours des quatre derniers mois, j'ai apprivoisé mon nouveau rôle de conseillère politique. J'ai aussi travaillé en mode collaboratif avec une équipe du Secrétariat du Conseil du trésor à l'élaboration de la Stratégie de transformation numérique gouvernementale.

Nous avons partagé nos idées, échangé nos visions, nous avons consulté le public et les employés de la fonction publique, nous avons validé des propositions, rédigé, commenté, revu et corrigé. Puis, le document a fait son chemin au Conseil du trésor et au Conseil des ministres, pour finalement être adopté. En si peu de temps, on me dit que c'est du jamais vu!

Et c'est là, une grande partie de la joie que j'ai aujourd'hui... c'est de dire « c'est possible de faire les choses autrement ». Le processus qui nous a conduit au lancement de la Stratégie lundi dernier a été pour le moins inhabituel tout en étant un succès. Chaque élément compte.

Le lancement de la Stratégie marque la fin d'une étape déterminante (sa création). Il marque surtout le début d'une autre qui sera encore plus importante (sa mise en oeuvre). Le navire est en marche. Il y a de nombreux projets en cours. Le temps que se déploie la Stratégie, il y aura sans doute des ratés (encore). Mais, j'ai décidé de croire que nous avançons pour le mieux.

Le changement ne s'opèrera pas du jour au lendemain. Et, comme on le répète de plus en plus souvent, le défi de la transformation numérique n'est pas technologique, il est humain. Faire place à la collaboration, à l'ouverture, au partage. Briser les silos, travailler ensemble, se parler, se comprendre. Ça prend du temps!

La Stratégie que nous avons livré lundi n'est pas une révolution. Elle s'appuie sur d'autres stratégies déjà déployées dans le monde. Elle vise à offrir « des services publics plus rapides et intuitifs », à proposer des services publics adaptés à la réalité des citoyens d'aujourd'hui, à faire en sorte que l'administration publique devienne plus innovante, efficace et transparente.

Là où elle est ambitieuse, je trouve, c'est dans les cibles qui ont été fixées pour mesurer la progression de la transformation numérique (voir l'énumération ci-bas). Un baromètre numérique est en préparation et il permettra de diffuser la progression en continu.

Les ministères et organismes publics devront maintenant produire et déposer leur propre plan de transformation numérique qui s'arrimeront à ces cibles. C'est une façon de dire que, dans un souci de cohérence gouvernementale, tous devront maintenant avancer dans la même direction, avec des objectifs communs.

Ils ne seront pas laissés à eux-mêmes dans cette aventure. Le Centre québécois d'excellence numérique (CQEN) a été créé. Il s'agit d'une nouvelle entité au sein du Secrétariat du Conseil du trésor qui aura pour objectif de les soutenir.

L'idée est d'en faire un accélérateur de la transformation numérique gouvernementale, qui pourra offrir de l'accompagnement, tester des projets, concevoir des solutions destinées à l'ensemble du gouvernement, s'inspirer de l'écosystème numérique en multipliant les partenariats. J'aime dire que le CQEN devient la « SWAT Team » du gouvernement. L'offre de service est en préparation.

Je suis particulièrement heureuse des mesures clés qui ont été dévoilées en même temps que la Stratégie. Je dirais que plusieurs d'entre elles sont déjà en cours de réalisation (à différentes phases) et je voue un attachement particulier à la plateforme de consultation publique gouvernementale qui sera proposée (même si ce projet est aux balbutiements).

Tout ceci me donne espoir que nous sommes déjà en mouvement pour jeter les premiers jalons de la Stratégie. Ces mesures amènent du concret. L'idée était qu'elles puissent permettre d'accélérer la transformation en cours, donner un air d'aller à tous, créer des succès qui inspireront et donneront confiance.

J'ai l'air optimiste dans mon discours. Et je le suis, vraiment. En même temps, je ne me fais pas d'illusion. Nous ne pourrons pas tout faire et certaines étapes seront plus difficiles à réaliser que d'autres. Je sens toutefois qu'il y a un momentum à saisir, les équipes sont mobilisées, la patience envers la non-transformation numérique arrive à ses limites. Avançons!

Je crois que le numérique, la transformation numérique du gouvernement du Québec, et du Québec, a le potentiel de devenir un nouveau projet de société rassembleur. Pour le moment, nous n'avons encore vu que la pointe de l'iceberg du potentiel numérique. À nous maintenant de faire vivre le numérique à travers les gens qui l'utiliseront et le mettront en oeuvre!


Ambitions et cibles

Ambition 1 : Les citoyens sont au coeur de l'évolution des services, des programmes et des politiques
  • 75% des nouveaux services numériques sont conçus en impliquant les citoyens
  • 75% des services numériques évolueront grâce à l'évaluation en continu des citoyens
  • 75% des consultations publiques proposent un moyen numérique pour y participer
Ambition 2: Les citoyens communiquent leurs informations une seule fois à l'administration publique
  • 50% des services ne redemandent pas au citoyen une information déjà connue
Ambition 3: Les organisations publiques sont proactives dans leurs relations avec les citoyens
  • 60% des échéances font l'objet de rappels numériques
Ambition 4: Les employés sont au coeur de la transformation
  • 100% des organisations déploient des mesures pour réaliser la transformation numérique
  • 60% des employés bénéficient d'un milieu de travail et de façons de faire transformés
Ambition 5 : Les services publics sont numériques de bout en bout
  • 75% des services numériques présentent un taux d'utilisation supérieur à 75%
  • 75% des processus administratifs sont sans papier
Ambition 6: Les données sont valorisées et redonnées aux citoyens
  • 60% des organisations diffusent la majorité de leurs données à haut potentiel de réutilisation


Tous les documents en lien avec la Stratégie de transformation numérique gouvernementale 2019-2023 sont disponibles sur Quebec.ca.


dimanche 28 avril 2019

Je vous présente la compétence numérique

Lorsque les ordinateurs ont fait leur entrée dans nos vies dans les années 80, et plus intensivement dans les années 90, on a parlé de technologies de l'information et de la communication ou plus communément des TIC. Les TIC se sont multipliés, ont envahi nos vies, ont pris de nombreuses formes différentes.

Quand j'ai commencé ma carrière de journaliste pour le magazine l'École branchée et le site l'infobourg, ceux-ci étaient dédiés à témoigner de l'intégration des TIC en éducation. Au début des années 2000, des enseignants devenaient avant-gardistes et transformaient leur enseignement à l'aide des outils technologiques qui se démocratisaient. Ils voyaient un potentiel pédagogique à les utiliser en classe.

En 2009, Pierre Poulin (c'est l'exemple le plus frappant que j'ai en tête) chamboulait sa classe en faisant éclater le modèle de pupitre en rangée pour établir une classe collaborative... et techno. Il avait compris que les technologies n'étaient qu'un outil et surtout pas un moyen de nous propulser vers l'avant, que les TIC allaient changer nos façons d'interagir les uns avec les autres et surtout la façon dont on apprend.

Après, les téléphones intelligents et autres tablettes nouveau genre se sont vendus à vitesse grand V, les médias sociaux ont changé notre façon de demeurer en relation avec notre cercle familial et amical, de rencontrer de nouvelles personnes même, les foyers québécois se sont branchés à Internet les uns après les autres, notre rapport avec l'information, le divertissement, le travail a évolué... Puis, il est devenu de plus en plus facile de produire du contenu et de le diffuser soi-même sur le web.

Bref, les TIC (jumelé à Internet) ont créé un nouvel univers dans lequel il fallait apprendre à naviguer. Il était question de nouveaux outils à maîtriser mais aussi de nouvelles habiletés à développer. Il fallait maintenant aller plus loin que la quincaillerie.

Apprendre... apprendre tout au long de la vie est devenu primordial. Appendre à apprendre et à s'adapter à un monde en changement constant. Tout s'est accéléré.

Et puis, le discours a changé les TIC sont devenus le numérique. Le monde s'est digitalisé. La technologie est là pour rester. Les possibilités se complexifient.

Mais, ce n'est pas parce que tout se transforme autour de nous que nous savons comment utiliser ces outils à bon escient. Il y a toujours deux côtés à une médaille: ils peuvent propulser votre carrière en avant ou la détruire à tout jamais. Le meilleur et le pire peut arriver avec le numérique. Voilà pourquoi il devient si déterminant d'apprendre à s'en servir intelligemment, adéquatement, de façon éthique...

Les compétences numériques
Depuis quelques années, une préoccupation s'est installée. Il y a désormais ceux qui sont nés avec le numérique, ceux qui ont appris à l'utiliser mais aussi ceux qui risquent d'être laissés de côté faute de l'utiliser. Peu importe dans quel groupe vous vous situez, le développement de nouvelles compétences devient un enjeu dans votre vie quotidienne, et ce à plusieurs niveaux. Comme citoyen, comme travailleur, comme étudiant, comme utilisateur de services, comme consommateur, etc.
Accompagnement, sensibilisation, transfert et partage de connaissance deviennent plus pertinents que jamais. [...] Formation continue, ateliers, perfectionnement, éducation..., tous doivent avoir la possibilité de comprendre le numérique, de prendre conscience de ses possibilités et de pouvoir s'y adapter. - extrait d'un billet écrit le 13 décembre 2017
Mais le développement de quelles compétences au juste?
Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur (MEES) du Québec est venu répondre à la réponse la semaine dernière avec le lancement du Cadre de référence de la compétence numérique. Ce cadre ne viendra pas tout régler mais il vient au moins uniformiser la façon dont devrait se traduire la compétence numérique, comment on devrait la considérer dans son ensemble.

Pour la première fois, la compétence numérique a été analysée sous tous les angles possibles, elle a été décrite et présentée. Selon moi, ce cadre a le potentiel de devenir une référence à chaque fois qu'il sera question de développement de compétences numériques, autant dans les institutions d'enseignement, dans les entreprises et milieux de travail que dans la société en général.


Je ne vous présenterai pas tout en détail mais j'attire votre attention sur la première « dimension » de la compétence numérique: Agir en citoyen éthique à l'ère du numérique. Car au-delà des outils utilisés, le volet éthique et le rôle de citoyen à l'ère du numérique sont devenus prédominants dans les besoins de formation.

C'est très significatif comme choix de placer cette dimension comme prémisse à toutes les autres.

Maintenant, nous avons la bonne description pour bien former au numérique. On s'y met plus sérieusement?


Quelques références complémentaires

Enseignants à la recherche d'activités actuelles en lien avec le numérique? Consultez les 3 activités pédagogiques de la Semaine numériQC à l'école.

Pour relire ce que j'ai déjà écrit sur le sujet:
Une stratégie numérique pour le Québec  (février 2017)
Enfin! (décembre 2017)


dimanche 7 avril 2019

La Semaine numériQC autrement


C'est le début d'une grande semaine: la Semaine numériQC, l'événement qui rassemble la communauté du numérique à Québec, porté par Québec numérique.

En 2016, j'étais participante et conférencière. En 2017, je faisais nouvellement partie de l'équipe de Québec numérique. En 2018, je portais le flambeau à titre de directrice générale de Québec numérique. En 2019, bien que j'ai porté une bonne partie de l'idéation de la semaine, je serai une simple participante. Ça me fait tout drôle!

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, j'ai quitté mon poste chez Québec numérique le 18 janvier dernier pour une nouvelle aventure numérique. Je suis désormais conseillère politique au Cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire. Le numérique n'est jamais très loin de moi, vous voyez!

Malgré mon départ de Québec numérique, c'est important pour moi d'être sur le terrain. Et c'est avec fierté que je vais prendre part aux nombreuses activités de la semaine. La fierté d'avoir contribué à la croissance de cette organisation au cours de la dernière année, d'avoir solidifié des partenariats, d'avoir convaincue certaines personnes du rôle indispensable de Québec numérique et de sa Semaine comme vecteur de développement numérique.

Je vais prendre part à la Semaine de multiples façons: comme participante, accompagnatrice du ministre, animatrice de table ronde, conseillère politique qui réseaute avec le milieu. Je veux vraiment en profiter au maximum. Savourez l'instant, encore plus que lorsque j'étais au sein même de l'organisation. Avec un regard extérieur, qui comprend le travail acharné qu'il y a derrière cet événement. Il faut y croire plus que tout pour qu'il arrive.

Il est certain que j'ai un attachement particulier envers la Semaine numériQC. Et par-dessus tout, je pense à l'équipe que j'ai bâti au cours de la dernière année et aux nombreux bénévoles. Je suis de tout coeur avec vous.

Je pense aux personnes, car le numérique, c'est d'abord une affaire d'humain et de passion. Sans tous ceux qui y croit, plusieurs projets n'auraient jamais vu le jour.

Sortez le fille de Québec numérique, mais vous ne sortirez pas le numérique de la fille! Mon engagement pour faire progresser les usages du numérique est tout aussi fort qu'avant. Il est simplement différent. Et si il y a une chose à laquelle je crois, c'est la force du réseau et des gens. La Semaine numériQC me permettra sans doute de faire des rencontres intéressantes qui pourraient être utiles pour la suite des choses...

lundi 7 janvier 2019

2019 - jour 7


En 2017, j'ai été transporté par une avalanche. En 2018, c'est un véritable tsunami qui m'a frappé de plein fouet. La croissance de Québec numérique a été exponentielle. Je n'en suis pas peu fière... mais, en même temps, cela est venu avec plusieurs moments de doute et des instants où tout allait juste trop vite. Quand le tsunami te frappe, tu n'as pas le choix, tu dois nager pour te garder la tête hors de l'eau. C'est ce que j'ai fait.

En 2018, mon souhait était de « ne pas perdre la magie ». Je dois avouer que j'ai eu de la difficulté à préserver cette magie, surtout dans la seconde moitié de l'année. Pas pour rien que j'ai été plus silencieuse sur les réseaux à la fin de l'année. Mais voilà, le temps des Fêtes est arrivé et j'ai pu reprendre mon souffle, poser les pieds sur la terre ferme et recommencer à voir plus clair.

Au jour 7 de 2019, mes batteries sont rechargées et je suis pleine de bonnes intentions (pour ne pas dire résolutions!). La question demeure: combien de temps cela va-t-il durer?

Ce matin, je faisais ce constat avec une amie. À chaque année, pendant le temps des Fêtes, on dirait qu'on retrouve l'essence de qui on est vraiment. Tout s'arrête en même temps pendant deux semaines. Nous sommes alors nombreux à prendre la décision de ralentir, de lâcher-prise, de mieux gérer nos priorités. C'est logique et légitime.... et puis, pouf, le 7-8 janvier, la vie reprend et la réalité nous rattrape.

C'est là que le défi devient plus important. Pouvons-nous résister aux forts courants? Est-ce que c'est acceptable de ralentir? Est-ce que c'est possible?

Pour 2019, je fais le pari que oui (encore une fois!). Il n'y a pas de solutions miracles mais je demeure convaincue qu'il est possible de trouver un équilibre et de vivre la magie au quotidien. Alors, essayons encore cette année!

Dans le plus concret, je pose deux gestes significatifs pour moi:

  1. Pas de cellulaire en auto. J'ai activé la fonction Ne pas déranger lorsque je suis au volant. J'ose espérer qu'on peut encore se permettre des moments de déconnexion pour écouter de la musique.
  2. Revaloriser le sommeil. Faire du sport et bien manger, c'est bien et cela fait partie de mon quotidien. Par contre, le trio n'est pas complet sans le sommeil et je dirais même un sommeil de qualité. Les études le prouvent, le sommeil est la clé du repos et du bon fonctionnement du corps et de l'esprit. Pourtant, il est trop souvent négligé. Revaloriser le sommeil, ça veut aussi dire pas de médias sociaux avant de me coucher, car c'est trop facile de perdre 30 minutes.


Allez! On est déjà au jour 7 de 2019, je suis partie pour une autre année de défis et d'aventures numériques!

lundi 1 octobre 2018

Vision numérique... la fin et le début!


Ainsi, le grand jour électoral est arrivé pour le Québec aujourd'hui... Pour moi, cela signifie un peu la fin de la démarche que j'ai entreprise avec Yves Williams et Clément Laberge en cours de campagne électorale.

Après avoir formulé des questions en lien avec le thème du numérique, nous avons sollicité les quatre principaux partis pour qu'ils y répondent.

Au final, la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire et le Parti Québécois ont répondu à nos questions. Le Parti Libéral du Québec est demeuré discret. Vous pouvez lire les réponses obtenues en cliquant sur les liens ici.

Au passage, quelques personnes également engagées dans l'univers du numérique se sont prêtées au jeu et ont répondu aux questions:  Carl-Frédéric De CellesPierre-Luc LachancePatrice-Guy MartinAndré Bélanger. Leurs réflexions sont pertinentes et alimenteront certainement les discussions dans les prochains mois. Je prendrai d'ailleurs un peu de temps pour les relire prochainement.

Tout comme Clément et Yves, il me fallait prendre quelques instants pour remercier tous ceux qui ont pris le temps de se pencher sur les questions pour y répondre. C'est signe que le numérique intéresse de plus en plus. C'est signe qu'il ne faut pas hésiter à se prononcer publiquement, à partager ses points de vue, à les enrichir des idées des autres... C'est ainsi que nous pourrons faire avancer « la cause » du numérique dans les instances publiques et dans la société.

Aujourd'hui, c'est peut-être la fin de la démarche. C'est surtout le début de la suite! C'est, ce soir lorsque le résultat de l'élection sera connue, peu importe, ce qu'il sera, qu'il faudra se retrousser les manches et pousser un peu plus fort pour que des choses arrivent et se concrétisent, pour qu'on arrête de faire du surplace au Québec sur plusieurs dossiers, dont le dossier du numérique.

La liste de « to do » du numérique est encore bien longue mais, comme toute liste de choses à faire, il faudra prendre les points un par un et s'y attaquer avec ardeur et patience. À la gang, on devrait être capable d'y arriver!


vendredi 21 septembre 2018

Un petit goût de sandwich


Ce midi, j'avais envie de manger un sandwich. En honneur du traditionnel vendredi sandwich qui a réunit quelques intéressés de politique pendant un an devant l'Assemblée nationale à Québec. Ces petites rencontres avaient pour but de discuter de politique et des aberrations qui nous entourent.

Au début de la semaine, avec Yves et Clément, nous avons publié des questions en lien avec les enjeux du numérique. Nous avons soumis ces huit questions à des porte-paroles des quatre principaux partis politiques. Nous avons déjà reçu les réponses de deux partis sur quatre et nous nous apprêtions à les rendre publique sur nos blogues respectifs.

Or, voilà que le Directeur général des élections (DGE) est venu brouiller les cartes. L'organisme a envoyé des mises en demeure à Équiterre et à la Centrale des syndicats du Québec sous prétexte qu'ils avaient publié sur leur site web respectif les positions des principaux partis politiques (et défrayer des coûts pour le faire et donc cela deviendrait une dépense électorale illégale). Ces deux organisations l'avaient pourtant fait de bonne foi, sans partisanerie, avec l'objectif d'informer leurs membres et autres internautes.

Et nous, avec nos questions sur le numérique, nous nous apprêtions à publier des positions politiques. Serons-nous des hors-la-loi? Yves et Clément en parlent aussi sur leur blogue.

Dans ce contexte, on peut se demander: Où est la liberté d'expression? Mais surtout où est le droit à l'information?

Je me souviens d'une époque où je travaillais pour un blogue en éducation et où nous publions les visions des partis politiques en éducation pendant les campagnes électorales. Cela n'a jamais posé de problèmes.

Avouons-le, il n'y a pas grand monde qui prend la peine d'aller lire les programmes complets des partis politiques sur leur site. Alors, ce genre d'initiative devrait être applaudit et encouragé. Il y a des gens qui se donnent la peine de repérer l'information et de la relayer au plus grand nombre pour les informer.

Pourtant, le DGE a décidé de faire du zèle avec une vieille loi qu'il n'avait jamais appliqué jusqu'à aujourd'hui.

Au même moment où il dépense des fortunes pour inciter les gens à s'intéresser à la politique, il empêche une information juste et pertinente de circuler sur le web. Et, disons-le aussi, à l'ère numérique, le web devient la principale source d'information pour bien des gens. Les grands médias n'ont plus le monopole de la transmission de l'information.

Peut-être que nous aurions dû adresser quelques questions d'ordre numérique au DGE aussi...

Nous publierons les réponses quand même. La plateforme que j'utilise pour mon blogue est gratuite. Je devrais m'en tirer et ainsi pouvoir contribuer au débat public. Ce sera ma façon de dénoncer ce genre d'aberration. On est en 2018. On essaie d'encourager les gens à s'intéresser à la politique, même si ce n'est pas facile. Il ne faudrait pas se taire quand même!

Dans l'attente des premières réponses officielles des partis politiques, vous pouvez lire les textes de Carl Frédéric De Celles et Pierre-Luc Lachance qui ont décidé de participer à la réflexion et de répondre.