mercredi 16 juin 2021

La fin des classes

 



Ainsi, parents, enfants, enseignants et tout le personnel scolaire auront réussi à passer au travers de la dernière année scolaire. Depuis plus d'un mois, je sens l'essoufflement. Tout le monde semble juste avoir hâte que ça finisse. Et pour cause! 

Des revirements de situation, il y en a eu plus d'un depuis septembre dernier. Pour moi, tout a commencé par l'annonce du « un jour sur deux » pour les élèves de 3e secondaire jusqu'à l'annonce du retour à temps plein, il y a environ un mois. Ce retour en classe à temps plein aura été le coup final de l'épuisement familial. Encore un changement de routine à vivre. 

On aura beau dire que les ados ont besoin de socialiser et c'est vrai! Et ils en ont tellement été privé au cours de la dernière année et demi que la socialisation est plus que nécessaire. Cependant, cet autre changement de routine aura simplement contribué à mettre encore plus en évidence « l'écoeurite aigue » de la pandémie. C'est du moins ce que j'ai observé chez moi (et je m'inclus là-dedans).

À partir de ce retour en classe à temps plein, les jeunes de mon entourage semblaient juste vouloir enfiler les journées les unes après les autres. La motivation n'y était plus. Ils s'étaient habitués à leur nouvelle routine. Cette semaine, on a beaucoup parlé du retour possible des travailleurs au bureau et du fait qu'il ne faut pas rappeler tout le monde à temps plein tout d'un coup. Pour moi, c'est un peu ce qu'on a fait vivre aux jeunes de 3e, 4e et 5e secondaire.

Étant en fin d'année scolaire, les enseignants avaient cessé de leur donner de la nouvelle matière. Tous en étaient à l'étape de la révision finale avant les examens de fin d'année. L'horaire était assez allégé, disons. Pis, c'était ben correct. Bref, ils ont eu l'impression de perdre du temps en classe, ce précieux temps dont ils veulent tellement disposer à leur guise. 

Je sais que la situation n'est pas été vécue de la même façon dans tous les milieux. Comme d'habitude, je ne fais que témoigner de ma réalité. Au fil des derniers mois, j'ai vu une équipe-école extraordinaire, qui s'est « revirée de bord » à plusieurs reprises, qui s'est adaptée, qui a été compréhensive avec les élèves et présente lorsqu'il le fallait. J'ai vu des jeunes qui ont été résilients (plus résignés parfois), qui ont appris à travailler en équipe à distance, qui ont gagné en autonomie, qui ont été débrouillards et créatifs. J'ai vu des parents jongler avec leurs enfants pendant des séances de vidéoconférence (plus ou moins officielles), rattraper des heures de travail en soirée, manquer de sommeil et de patience.

Maintenant, tout le monde a besoin d'une pause pour reprendre son souffle. Au printemps 2020, le Québec était sur pause. De septembre 2020 à juin 2021, le milieu scolaire a parcouru une véritable course à obstacle. Cela n'a pas été sans conséquence sur la santé mentale de tous. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout le monde aura besoin de l'été pour s'en remettre. Il n'y a pas eu de Gala Méritas à l'école cette année. Selon moi, tous les élèves, le personnel et les parents en méritaient un!

Et déjà, je pense à septembre. L'année scolaire reprendra à temps plein pour tous. J'espère qu'on ne reprendra pas tout simplement « comme si de rien n'était ». N'oublions pas que, depuis mars 2020, certains jeunes n'ont pas eu de véritable routine scolaire, surtout ceux de la fin du secondaire. Leur cerveau aura besoin d'un peu de remise en forme pour reprendre le rythme. Ils se sont aussi habitués à un enseignement plus actif où on les laissait un peu plus gérer leur horaire de travail et l'ordre dans lequel ils complétaient leurs travaux. 

Ne pensons pas tout de suite à septembre. Prenons le temps de célébrer la fin des classes. Félicitons-nous pour la dernière année. Prenons le temps de le dire à nos enfants. Puis, profitons de l'été pour relaxer, faire le vide, apprécier les petites choses de la vie alors qu'on retrouve un peu de liberté.



vendredi 30 avril 2021

Un épisode sur la langueur

 


Depuis quelques jours, j'ai l'impression d'être dans une sorte de « no man's land », entre deux mondes, en flottement. Et puis, j'ai vu passer, probablement comme plusieurs d'entre vous, cet article qui parlait du nouveau terme à la mode: la langueur.

C'est l'émotion dominante depuis le début de l'année. C'est « un état de fatigue, de lassitude, un manque de motivation et de concentration ». On vit dans l'attente que « ça finisse ». On n'ose plus faire de projets à moyen et long terme. On ne sait pas ce qui nous attend demain même si ce sera probablement la même chose qu'aujourd'hui. En fait, contrairement au dicton, les journées se suivent... et se ressemblent toutes.

Personnellement, c'est comme si j'étais sur une sorte de « pilote automatique ». J'ai arrêté de penser à demain tout simplement. Je me lève, je travaille, j'accompagne ma fille dans ses apprentissages à distance, je jase avec mon chum, j'appelle ma mère, je vais prendre une marche... C'est comme si j'avais oublié que la vie, ça pouvait être autre chose que ça. 

Ça pouvait aussi être de prendre une pause de l'ordinateur, aller marcher au bord du fleuve, aller passer un après-midi à magasiner à Place Laurier, aller voir la dernière exposition au Musée, manger au restaurant, prendre une bière dans une microbrasserie, (enfin) aller voir La déesse des mouches à feu au cinéma et quoi d'autres encore. Il y a tant de choses qui commencent à nous manquer, plus fort que d'habitude.

C'est comme si j'étais enfermée dans une sorte de monde parallèle où tout semble désormais irréel. Plus capable d'en sortir. Mais je n'arrête pas de me répéter qu'il faut garder le moral, que « ça achève ». Je dois me convaincre que « ça finira pour vrai un jour ».

Et là, je pèse sur « Pause ». La langueur m'a gagné depuis quelques jours mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de « beau » autour de moi. Depuis un an, je répète à tout le monde qu'il y a quelque chose de beau dans chaque journée. Ça devient peut-être plus difficile de le trouver, mais il est là quand même. 

Alors, je pèse sur « Pause ». Je prends un temps d'arrêt pour regarder derrière moi, jeter un regard sur ce que j'ai accompli au cours des derniers mois. Je prends le temps de réaliser qu'il y a bien du positif pour moi professionnellement et personnellement. Ces mois n'auront pas été vainc. 

Je suis retournée à l'Université. Ça faisait longtemps que je voulais m'inscrire à une nouvelle formation. J'ai trouvé le DESS en gestion des affaires numériques à l'Université Laval. J'ai fait la demande et j'ai été accepté (le contraire m'aurait surprise, mettons!). 

Je viens de terminer le cours sur les systèmes d'information. Je commence le cours sur les technologies futures en affaires. Un cours par session, c'est réaliste pour moi. Je le fais pour moi, parce que j'ai toujours aimé apprendre. Parce que j'ai un bacc en communication mais que le numérique fait partie de ma vie. Je le fais pour montrer à ma fille qu'on n'a jamais fini d'apprendre dans la vie. 

J'ai coordonné la réalisation d'un numéro spécial du magazine École branchée, destiné aux parents. Ce fût un retour à l'édition pour moi. Un véritable projet coup de coeur, centré sur le bien-être des familles en cette période trouble. Je l'ai voulu utile pour les parents. J'ai voulu qu'ils y trouvent une source de réconfort pour passer à travers la tempête. Des auteurs extraordinaires ont contribué à ce magazine. 

Je n'ai jamais perdu de vue ce message que je voulais transmettre tout au long de la production : « L'usage accru du numérique suscite bien des inquiétudes, mais offre certainement la possibilité de développer de nombreuses habiletés et compétences. L'enseignement à distance devient source de stress, mais représente aussi l'occasion de revenir à l'essentiel dans les relations enfants-enseignants, parents- enfants, parents-enseignants. »

Justement, pour moi, l'enseignement à distance m'a permis de « booster » ma relation avec ma fille. Oui, je ne suis pas autant productive quand elle est là. Mais, que ces moments passés avec elle me sont chers. Nos fous rires sont devenus mémorables. Notre complicité me rend fière. Et puis, ma présence l'aide grandement à garder sa motivation à l'école. Je fais le choix de la placer en priorité. Après un mois d'enseignement à distance, le moral de certains élèves doit être au plus bas. Ça, ça m'inquiète.

J'ai aussi coordonné la réalisation d'une première série de balado, avec l'équipe du service national du RÉCIT, domaine du développement de la personne (le RÉCTI DP, pour les intimes!). Le balado Les Temps modernes vise à prendre le temps de discuter sur des enjeux autour de l'univers du numérique (équilibre, temps d'écran, droit à la déconnexion, multitâche, jeux vidéo). Un autre sujet que j'ai grandement à coeur. L'éducation à la citoyenneté à l'ère du numérique devient un thème central dans notre société.

Ici encore, j'ai collaboré avec des gens extraordinaires et généreux qui ont accepté de participer aux épisodes. Je suis sortie de ma zone de confort en animant deux épisodes. J'ai apprivoisé le balado comme médium. Pour une fille de l'écrit comme moi, ce fût formateur.

Je regarde derrière et je vois d'autres « beaux », comme l'événement Initiatives numériques gouvernementales de la Semaine numériQC. Et comme l'équipe a travaillé fort pour rendre l'événement complet de la Semaine numériQC accessible en ligne!

Je regarde devant moi maintenant et je vois de l'espoir. Les projets emballants se poursuivent avec l'École branchée et le RÉCIT DP, avec d'autres à venir aussi. Je me répète que cette pandémie ne va pas tuer ma passion pour faire vivre le numérique, ma passion pour l'écriture, les communications. Elle ne va pas tuer le plaisir que j'ai à côtoyer des gens de tous les horizons, mon désir de contribuer à la société. 

Il faut que je combatte cette langueur parce que le « beau » est toujours là. Il faut que je m'arrête un peu plus souvent. 

Cette semaine, j'ai participé à plusieurs conférences dans le cadre du Sommet du numérique en éducation. Je retiens deux citations qui m'ont fait du bien.

« Le monde dit normal que nous connaissions était la somme de nos décisions du passé. Nous avons la chance aujourd'hui de créer une nouvelle normalité selon nos désirs et à notre image. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette opportunité. »

« Dans les cours de secourisme, on nous répète qu'il faut prendre soin de soi avant de prendre soin des autres (ex. mettre son masque à oxygène en premier en avion). Car si on est mal en point, on ne pourra pas aider les autres. C'est d'autant plus vrai en ce moment. »

Alors, je m'en vais relaxer et prenez soin de vous! 









lundi 12 avril 2021

Le déploiement d’une stratégie numérique en prévention du suicide


L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a le mandat de déployer une stratégie numérique en prévention du suicide pour le Québec. L’équipe de la Semaine numériQC en a discuté avec Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS.

 

Si la réalisation du projet de l’AQPS a quelque peu été influencée par la pandémie, le déploiement complet a quand même eu lieu le mois dernier. Le nouveau Service numérique québécois en prévention du suicide, disponible au www.suicide.ca, est un service gratuit.

 

Bilingue, accessible et confidentiel, il a pour but de prévenir le suicide au moyen des technologies numériques, en informant et en aidant les personnes vulnérables au suicide, les proches et les endeuillés par suicide. Plus concrètement, Suicide.ca propose un service d’intervention par clavardage, des informations pratiques et des outils pour prendre soin de sa santé mentale.


Semaine numériQC : Tout d'abord, j'imagine que la pandémie a fortement influencé la façon dont vous rejoignez les gens qui ont besoin de vos services?  Quels ont été vos plus grands défis depuis le début de la pandémie?


Jérôme Gaudreault : Du côté de l’AQPS, les principaux utilisateurs de nos services sont les intervenants qui agissent auprès des personnes vulnérables au suicide, notamment par le biais des formations que nous prodiguons. Le défi pour notre équipe a donc été d’effectuer un « virage numérique » rapide pour adapter et proposer nos contenus de formation en mode virtuel.


Semaine numériQC : La pandémie a permis de remettre la santé mentale au centre des préoccupations. Comment croyez-vous que cela influencera votre travail au cours des prochaines années?


Jérôme Gaudreault : C’est certain que la pandémie a permis de mettre la santé mentale au cœur des conversations. Pour nous, qui véhiculons depuis des années l’importance de parler du suicide, cela représente une belle ouverture.


Par contre, on ne saurait prédire l’avenir : difficile de savoir si la pandémie aura un effet sur la santé mentale des individus à plus long terme ou si cela demeurera une préoccupation pour une majorité de la population. Chose certaine, nous souhaitons que les conversations sur le suicide demeurent ouvertes et que la prévention reste à l’avant-plan.

 

Semaine numériQC : Le service numérique québécois en prévention du suicide était déjà prévu avant mars 2020. Comment le contexte de la pandémie a-t-il influencé sa mise en œuvre?


Jérôme Gaudreault : Bien que le Service numérique québécois en prévention du suicide ait été lancé à l’automne 2020 alors que la pandémie battait son plein, ce virage numérique était prévu depuis 2017 afin d’offrir une aide à portée de main, plus accessible et adaptée aux meilleures pratiques numériques possibles dans notre créneau.


En fait, l’arrivée de la pandémie a surtout représenté des défis supplémentaires : morcellement des équipes, télétravail, pause des embauches, etc. La pandémie nous a demandé un certain ajustement dans les délais de livraison du projet, afin de respecter les capacités d’adaptation de nos partenaires. Nous avons donc opté pour un démarrage en douceur, nous permettant ainsi d’ajuster nos pratiques et valider la fiabilité du système, jusqu’à un lancement complet du service 7j/7, 24h/24, qui se fera à la mi-avril.


Semaine numériQC : Qu'est-ce que ce service numérique vous permettra de faire de plus ou différemment pour rejoindre les gens qui ont besoin de vos services?


Jérôme Gaudreault : En fait, on peut dire qu’il s’agit d’une nouvelle porte d’entrée pour demander de l’aide, que ce soit pour soi-même, pour un proche pour qui l’on s’inquiète ou en tant que personne endeuillée par suicide. Cela permet de faciliter la demande d’aide pour des personnes qui auraient plus de difficulté à parler de leurs émotions de vice voix, ou qui ne peuvent échanger à voix haute dans leur environnement. Cela permet aussi d’assurer une accessibilité à des services d’aide, peu importe le lieu géographique.


Semaine numériQC : Quelles sont les conditions gagnantes d'une collaboration entre un organisme comme le vôtre et un partenaire technologique pour la mise en place d'un projet comme celui-ci qui se veut résolument humain, car il rejoint une clientèle vivant des situations de détresse?


Jérôme Gaudreault : Une condition gagnante essentielle est certainement une grande ouverture d’esprit de part et d’autre! Les réalités de chacun sont différentes, et il faut pouvoir trouver le juste milieu. À titre d’exemple, nous avons pu constater avec notre partenaire technologique que le rythme de travail pour nos deux organisations était très différent : pour nous qui travaillons en prévention du suicide, chaque mot, chaque décision doivent être pesés, alors que pour un partenaire technologique, un fonctionnement « agile » par itération avec une certaine marge d’erreur est tout à fait possible.


D’autre part, ce qui a sans contredit été un gage de succès pour le projet est le fait que notre partenaire s’est pleinement engagé envers la cause de la prévention du suicide, bien au-delà de la simple compréhension du mandat. Au final, cela nous a permis d’avoir un meilleur produit, parce que nous ne travaillions pas ensemble seulement comme client et fournisseur, mais bien comme partenaires profondément engagés dans la prévention du suicide.

 

Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS, a présenté, le 16 avril 2021, la conférence « Virage numérique dans un contexte OBNL : exigences internes et nécessaire collaboration avec les fournisseurs » dans le cadre de l’événement Initiatives numériques gouvernementales.

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Rédigé en tant que responsable de la programmation de l'événement Initiatives numériques gouvernementales de la Semaine numériQC.


 

 


dimanche 4 avril 2021

Les écoles ne sont pas fermées.

 

J'avais commencé à écrire un billet pour souligner la fin du 1 jour sur 2 à l'école. Je ne l'avais pas terminé, à peine commencer même. Je pense que, dans le fond de moi, quelque chose me disait que c'était prématuré, que le vent allait tourner dans l'autre sens.

Depuis le retour du congé des Fêtes, ça allait bien. On continuait notre routine. Ma fille s'était fait à l'idée que le « 1 jour sur 2 » allait continuer jusqu'à la fin de l'année scolaire. L'enseignement et les évaluations allaient bien, autant à distance qu'en présence. Je sais que je suis quand même privilégiée: milieu scolaire pro actif et progéniture qui réussit facilement et s'adapte à tout. 

Puis, il y a eu une lueur d'espoir. Même si ma fille me disait tout le temps: « c'est correct, je suis bien comme ça », quand je lui ai annoncé qu'elle allait retourner à l'école à temps plein avec tous les jeunes de 3e secondaire, j'ai vu son regard s'illuminer. 

Et à son retour, après la première journée avec tout le monde, elle m'a juste dit :« Ça fait du bien! ». J'ai senti que c'était comme une renaissance pour elle. 

En même temps, c'était une nouvelle routine à laquelle s'habituer. Il ne faut pas se le cacher, une journée en classe, c'est plus fatiguant qu'une journée d'école à la maison. Pour les jeunes, chaque période de transition est susceptible de créer une rupture. J'aurai aimé que les enseignants prennent le temps de demander: « Comment ça va? », « Qu'est-ce que ça vous fait de revenir à l'école à temps plein? », « Y a-t-il des choses que vous avez aimé de l'enseignement à distance qu'on devrait garder pour le reste de l'année? ». Honnêtement, je ne sais pas si ça a été fait, dans mon milieu ou dans les autres. 

Il y a longtemps qu'on devrait avoir compris que l'école, ce n'est pas juste courir pour supposément rattraper les retards et passer le programme, surtout depuis un an. L'école, c'est un lieu de vie et de bien-être, une bouffée d'air et l'espace de socialisation par excellence pour les jeunes. 

Quoi qu'il en soit, ce retour en classe à temps plein était synonyme d'espoir. Il y avait même le cheerleading qui était sur le point de recommencer, en groupe restreint, mais quand même. Je sais que le personnel de l'école travaillait fort pour rendre le tout possible. En plus, le printemps arrive, les journées allongent, on a rangé les vêtements d'hiver. Mes parents ont pris leur rendez-vous pour aller se faire vacciner. Ma fille s'est même trouvé un emploi dans un restaurant. La vie semblait plus douce.

Il y avait juste moi qui trouvait la maison bien vide, une journée sur deux, tellement habituée depuis 5 mois à avoir mon ado avec moi (Je sais, je suis un peu bizarre). 

Et puis, le ciel nous est encore tombé sur la tête. On s'est senti comme si on retournait à la case Départ d'un mauvais jeu de société. Paraît que c'est pour dix jours, mais... C'est un autre bouleversement pour les jeunes. Alors qu'ils suivront leurs cours en ligne cette semaine, ils ne pourront s'empêcher de se demander si ça va continuer comme ça dans les semaines à venir. Alors qu'ils sont dans le dernier droit de l'année scolaire, dans l'étape qui va compter le plus à la fin de l'année, ils ne seront pas pleinement concentrés.

Moi, je fais comme si tout allait bien. Je me dis que ce n'est pas grave si je dois rester à la maison, ne pas voir mes amis, limiter mes déplacements, etc. Je me dis que l'important, c'est que ma fille puisse avoir une vie un peu décente. Je ne commencerai surtout à pas à critiquer les annonces gouvernementales. 

Il y a juste une chose qui me dérange. De grâce, arrêtez de dire que les écoles ferment quand la situation devient critique. Les écoles ne ferment pas, elles basculent en enseignement à distance. Les écoles sont encore ouvertes. Les enseignants sont accessibles. L'enseignement se poursuit.

Tout est une question de mots et de perception. Ce n'est pas anodin. Fermeture, ça laisse croire qu'il n'y aura pas d'enseignement ou que c'est moins important. Ce n'est pas vrai. L'école continue. Le lien doit être maintenu et c'est essentiel pour les jeunes. L'éducation est une priorité.

Un an après le début de la pandémie, on n'a plus le droit de dire que les écoles ferment quand elles basculent vers l'enseignement à distance. C'est sûr que ce n'est pas pareil comme être physiquement en classe. Mais il ne devrait plus y avoir d'excuse. Tout devrait être en place pour poursuivre l'enseignement et maintenir le lien. Même pour un élève qui s'absente pour des raisons médicales, même lors d'une journée de tempête. Les écoles ne devraient jamais être fermées. Aux yeux des élèves, ça démontrerait toute l'importance qu'on accorde à l'éducation.

Je sais que je vois un peu la vie en rose en écrivant cela, mais disons que c'est mon monde idéal à moi.

Maintenant, les paris sont ouverts sur le retour en classe et sous quelles conditions. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Au jour le jour. C'est comme si j'avais pris l'habitude de ne plus rien planifier. On verra. Demain est un autre jour. Je sais qu'on trouvera le moyen de passer au travers de tout ça, seul, ensemble et  collectivement. 

Pour les parents qui se sentent un peu dépassés par les événements, j'ai produit un numéro spécial du magazine École branchée avec une fabuleuse équipe. Il est gratuit en format numérique. Avec ce magazine, je voulais surtout rappeler qu'il faut prendre soin de soi avant toute chose. 

En ce moment, le bien-être est plus important que le reste. 

On garde espoir! 


Crédit photo: Geoffroy Delobel, Unsplash



lundi 15 février 2021

Repenser nos milieux de vie : la ville de demain

 


Habiter notre territoire. Un concept qui suit l'histoire du Québec depuis la Nouvelle-France. Les seigneuries ont été créées pour « habiter le territoire ». Puis, il y a eu toutes sortes d'initiatives à travers les époques, jusqu'à la plus récente, lancée la semaine dernière, par la ministre des Affaires municipales: une conversation nationale pour mieux « habiter le territoire » (initiative que je salue en passant).

Il faut dire que malgré les siècles qui ont passé, nous ne sommes pas encore arrivés à vivre pleinement notre vaste territoire. Mais l'occasion est belle de le repenser en ce moment. Pourquoi? Parce que la pandémie crée un contexte social différent et hautement propice.

En novembre dernier, à l'invitation de K2 Géospatial, j'ai participé à un panel de discussion qui portait justement sur le thème de la ville de demain et de notre approche envers les milieux de vie. J'ai tardé à écrire un compte-rendu de cette expérience, mais au fil des mois qui ont passé, le sujet est devenu de plus en plus important à mon sens et il mérite d'être discuté et rediscuté.

Je ne reproduirai pas en détail les propos tenus lors du panel mais l'enregistrement est disponible en ligne pour les intéressés. Je tiens à remercier Jacques et Claudia pour l'invitation ainsi que Pascal pour l'animation, de même que les autres invités pour les échanges.

Dans un premier temps, il faut dire que la pandémie a mis énormément de pression sur les municipalités. Les villes de banlieue, parfois qualifiées de villes dortoirs, se sont retrouvées du jour au lendemain avec des citoyens qui y vivent toute la journée, qui y habitent réellement. Leurs infrastructures ont certainement été mises à l'épreuve, les services de proximité (restauration, essence, etc.) ne sont pas toujours vraiment à proximité (pas à distance de marche en tout cas). Comme les gens peuvent travailler de n'importe où maintenant et que la tendance se poursuivra même après la pandémie, elles devront certainement repenser leurs services à la population, l'aménagement de leur territoire en conséquence.

De même, un engouement pour les zones rurales se fait sentir. L'attrait des grands espaces était déjà en vogue. Aujourd'hui, on peut dire qu'il est à son apogée. Mais encore là, les défis sont nombreux pour les municipalités rurales. On l'a entendu à quelques reprises alors que certaines n'avaient pas de couverture internet convenable, ce qui nuit grandement à leur taux d'attraction.

À l'inverse, les centres-ville ont été désertés et pratiquement laissés à l'abandon. Les grandes villes devront elles aussi reconsidérer leur façon de développer leur territoire; l'emplacement des parcs et installations sportives par exemple. Le transport en commun se retrouve marginalisé. Qu'adviendra-t-il des immenses tours à bureaux?

« La pandémie a permis de constater à quel point les embouteillages, la pollution et le manque d’espaces verts peuvent être dommageables [pour les citadins]. Cette période offre l’occasion d’améliorer la vie en ville », lit-on dans un article publié sur La conversation. L'article relate un projet de revitalisation d'un des quartiers centraux de Barcelone. L'un des objectifs du projet est de garantir qu'aucun résident ne se trouve à plus de 200 mètres d'un espace vert.

Bref, « l'expérience ville » était importante, elle devient déterminante.

L'un des principaux sujets de discussion du panel concernait le numérique et les possibilités qu'il représente pour les villes peu importe leur taille. Comment les villes peuvent-elles créer un écosystème gagnant, autour du numérique, pour le bien commun? 

Vous avez sûrement déjà entendu l'expression « ville intelligente ». Personnellement, je préfère dire « territoire connecté » puisque cela m'apparaît plus englobant. Mais peu importe le nom qu'on lui donne, le phénomène était déjà enclenchée avant la pandémie et elle ne fera que s'accélérer, avec les possibilités du numérique présentes et à venir.

Au fil de la discussion, nous avons abordé des opportunités offertes par le numérique pour les municipalités : communication bonifiée avec les citoyens, accroissement de la participation citoyenne, services publics en ligne, services optimisés en temps réel, inclusion sociale, etc.

Le numérique ouvre la porte à un véritable dialogue entre les citoyens et les administrations publiques, à plus de transparence, à l'émergence de communautés de partage plus actives. L'un des objectifs dans l'utilisation accrue du numérique au sein des municipalités doit certainement être de rapprocher les citoyens des paliers décisionnels pour qu'ils puissent contribuer au développement de leur territoire et se l'approprier un peu plus. 

Des défis et enjeux se posent, bien sûr. À commencer par le développement des compétences numériques chez les citoyens. Oui, la presque totalité des citoyens est maintenant branchée à Internet et un rattrapage certain a été fait chez les plus âgés au cours de la dernière année. Mais branché ne veut pas nécessairement dire compétent. Éviter les fraudes en ligne, reconnaître les fausses nouvelles, utiliser de façon éthique les médias sociaux, etc. Il y a des apprentissages qui doivent pouvoir se faire. 

Présentement, la prise en charge du développement des compétences numériques relève de tous et de personne en même temps au Québec. Il n'y a pas de vision à ce sujet, excepté dans le milieu scolaire. Mais qu'en est-il de ceux qui ont quitté les bancs d'école? La ville de demain devrait pouvoir s'attarder à ce défi.

Un autre enjeu a été abordé au cours de la discussion et il représente en même temps un objectif à atteindre: briser les silos pour se transformer « pour vrai ». Ce n'est pas en se campant dans nos rôles traditionnels, en agissant chacun pour soi que l'on pourra exploiter au maximum le potentiel du numérique et créer des écosystèmes ouverts et innovants. 

Briser les silos, ça veut dire s'engager dans de véritables démarches de collaboration et d'écoute. Collaborer, ça veut dire construire avec les autres, pas seulement montrer à la fin pour approbation. Écouter, ça veut dire faire un effort pour comprendre l'autre, pas seulement sonder pour récolter des opinions. Se transformer « pour vrai », c'est revoir ses façons de faire et accepter de changer et de se placer en situation d'inconfort.

Puisque la pandémie nous force à faire les choses autrement, puisqu'un mouvement nouveau et très dynamique d'occupation du territoire se concrétise, le moment semble idéal pour s'inspirer les uns des autres, pour partager un peu plus les expériences vécues et porteuses de succès, pour s'engager dans des dialogues régionaux et territoriaux. Tout pourrait être remis sur la planche à dessin pour créer les milieux de vie de demain. 

Les enjeux du numérique sont avant tout relationnels et humains. Les technologies sont là. Il nous faut maintenant revoir notre posture pour tirer pleinement profit des possibilités et véritablement repenser notre relation avec le territoire, de façon durable cette fois.

Bernard Vachon, professeur retraité de l'UQAM et spécialiste en aménagement et en développement local et régional, écrivait récemment dans Le Devoir: « Nous entrons dans une étape charnière des relations entre les grandes villes et les régions. Le Québec est en voie de réoccuper ses régions, après des décennies d'abandon, par un processus de redistribution de ses forces démographie et économiques ». Cela semble ambitieux et fort comme affirmation, mais j'ose croire que c'est possible d'y arriver.


lundi 8 février 2021

1, 2, 3, 42... Plongez!


Ce matin, j'étais très fébrile. C'était le début de la première Piscine du campus 42 Québec. La première quoi?, diront ceux qui ne connaissent pas le concept de 42. Il s'agit de l'accueil de la première cohorte d'étudiants qui, pendant 26 jours consécutifs, doit réaliser des projets informatiques en vue d'être finalement admis « pour vrai » au programme de formation de 42. 

42, c'est un centre de formation unique en son genre, qui s'appuie sur un apprentissage autodidacte secondé par les pairs, qui a vu le jour à Paris et qui se déploie maintenant en réseau un peu partout à travers le monde

Pourquoi cette journée est si spéciale pour moi? Je veux vous expliquer. Car derrière cette première Piscine, cette ouverture officielle du campus 42 Québec, il y a toute une histoire. Une histoire d'humains qui ont cru très forts en ce projet et qui y ont déployé des efforts énormes pour le mener à bien.

Pour moi, cette aventure a débuté à l'automne 2017 alors que je venais d'être nommée directrice générale de l'organisme Québec numérique. Il y avait, dans les cartons, le projet de doter Québec d'un lieu de formation aux métiers du numérique, inspiré de 42. Malgré tous les autres projets qui étaient déjà route chez Québec numérique (WAQ, Semaine numériQC, etc.) et tous ceux qui étaient en émergence (100% numériQc, Culture/NumériQC, etc.), j'étais convaincue qu'il fallait mener ce projet à bien.

Parce que l'éducation doit être une priorité sociale. Parce que le monde du numérique a désespérément besoin de main d'oeuvre qualifié. Parce qu'il faut savoir penser en-dehors de la boîte pour créer de nouveau modèle. Parce que l'apprentissage, c'est quelque chose qui se vit pendant toute la vie, souvent en-dehors des murs des établissements d'enseignement. Parce que Québec a été le berceau de l'éducation en Amérique du Nord (c'est symbolique).

Le 16 novembre 2017, je me souviens d'une première rencontre (allô Carl Frédéric, Éric, Audrey et Maxime!), où nous avons échangé sur les formes et les prémisses qui devraient guider le projet, à quoi devrait ressembler ce lieu de formation. Puis, les mois ont passé et le temps manquait. Un matin de février, j'ai pris le téléphone (quand c'est vraiment important, on n'envoie pas un texto, on appelle!) et j'ai appelé Éric. Je lui ai dit: « Embarques-tu, on se fait un document fondateur et on avance. Il faut le faire ce projet». 

Et on l'a fait! 

Je ne décrirai pas la suite en détails mais... Le conseil d'administration a embarqué dans le projet. Des ponts ont été établis avec le 42, qui devait être une source d'inspiration au départ, puisqu'aucune franchise n'était autorisée. Des recherches de financement ont été faites. Le ministère de l'Éducation du Québec a accordé une somme de 75 000$ pour réaliser une étude d'opportunité. Des visites ont été réalisées au 42 Paris, dont l'une avec le maire de Québec. Nous avons même rencontré Nicolas Sadirac, qui est celui qui a pensé le modèle pédagogique de l'institution. Sophie Viger est arrivée à la tête de 42 Paris. Tout à coup, la porte s'est ouverte pour un réseau mondial de campus 42. Nous avons invité Sophie à Québec comme conférencière pour le WAQ. 

Puis, j'ai quitté Québec numérique, mais l'histoire ne s'est pas arrêtée. Dominic Goulet, le nouveau directeur général, a repris le flambeau et il a poursuivi les démarches. Il était maintenant décidé que Québec aurait SA franchise de 42. Certaines embûches se sont présentées sur le chemin, mais Dominic et l'équipe ont persévéré. Recherche de financement, recherche de partenaires, visite du ministre du Travail à 42, visite du ministre de la Transformation numérique aussi, recherche d'un local, etc.; les conditions gagnantes se mettaient en place. 

Et... il y a eu une pandémie mondiale... ça vous dit quelque chose?

Le calendrier a été bouleversé mais l'équipe a persévéré encore. Ce projet devait absolument voir le jour. On était si prêt du but.

Nous arrivons à ce matin. À l'invitation de Carl Frédéric (Merci tellement!), je suis entrée dans les locaux de 42 Québec. C'est indescriptible. Magique. J'avais peine à croire que c'était bel et bien réel. Il y avait là, les 40 premiers participants à la Piscine de 42 Québec. Des gars et des filles, motivés, qui ont répondu à l'appel et ont eu envie de s'investir dans une formation hors de l'ordinaire, une formation qui bouscule les façons de concevoir l'éducation. Des gars et des filles qui ne se reconnaissent peut-être pas dans le monde scolaire traditionnel et qui souhaitent néanmoins acquérir de nouvelles compétences en informatique. 

WOW! J'étais émue. Je le suis encore.

Je ne peux nommer tout le monde qui a cru au projet et qui l'a fait avancer, ne serait-ce que de quelques centimètres. Ces personnes se reconnaîtront et je vous salue tous. Je vous dis Merci d'être embarqué dans l'aventure, d'avoir permis la concrétisation de ce grand rêve pour Québec. Un rêve dont certains doutaient, mais on l'a fait. Tous ensemble!

Une page d'histoire s'est tournée ce matin, mais l'histoire ne fait que commencer. 42 Québec existe pour vrai maintenant, avec sa première cohorte. Une deuxième est déjà prévue en mars et ça continuera.

Dans chaque jour, il y a du beau. Aujourd'hui, c'était particulièrement beau!



La pandémie force l’accélération des projets numériques

 


La dernière année a certainement permis de faire la démonstration que les organisations publiques peuvent s’adapter, et même changer rapidement, lorsqu’elles y sont contraintes. Effectivement, même si la transformation numérique était déjà en marche, la pandémie de la COVID-19 a permis une accélération phénoménale des projets numériques. Celle-ci se traduit par des retombées positives pour les citoyens.

 

Consultations médicales à distance, enseignement en mode virtuel, comparutions judiciaires par vidéoconférence… des possibilités qui étaient bien réelles avant 2020, mais qui ont pris forme à vitesse grand V en cours d’année. « La pandémie a accéléré – dans certains cas, de plusieurs années, les avancées numériques des gouvernements », confirme d’ailleurs la firme Deloitte, dans un article intitulé Creating the government of the future, publié sur son site web le 25 novembre 2020. 

 

Il y a longtemps que les citoyens s’attendent à obtenir davantage de services numériques de la part des instances publiques, et surtout plus de services simples à utiliser et faciles d’accès. Depuis un an, ils ont été servis en matière de nouveautés. Les organisations publiques canadiennes et québécoises ont fait preuve d’initiative pour faire face aux contraintes imposées par la crise sanitaire et proposer des services adaptés.

 

Projet à échelle humaine

Souvent, dans les médias, ce sont les projets publics de plus grande envergure qui sont présentés. On n’a qu’à penser au projet d’identité numérique ou au Dossier santé numérique. Pourtant, une foule d’autres projets de plus petite envergure et ayant un effet immédiat dans le quotidien des citoyens se réalisent quotidiennement. 

 

L’événement Initiatives numériques gouvernementales, présenté dans le cadre de la Semaine numériQC, le 16 avril prochain, sera notamment l’occasion de faire connaître quelques projets qui ont rapidement été déployés afin de répondre aux besoins des citoyens dans le contexte actuel.

 

Par exemple, la Société d’habitation du Québec a été amené à mettre en place, dans un très court délai, deux mesures d’aide pour des citoyens directement touchés par la pandémie; un soutien financier pour les ménages en attente de leur résidence et un programme d’aide financière aux locataires pour le paiement de leur loyer. Dans une conférence, qui sera présentée pendant la journée du 16 avril, les deux architectes responsables de ces initiatives présenteront comment leurs équipes ont concrétisé en urgence et surtout avec succès les deux solutions.

 

Du côté de la Société du Plan Nord, l’implantation de la signature électronique pour ses ententes et contrats, conjuguée à l’attribution d’une signature numérique pour l’ensemble de ses employés, a été l’une des initiatives concrètes du printemps 2020. Celle-ci a permis la poursuite des activités de la société d’État de façon sécuritaire, alors que les déplacements étaient limités et que le télétravail était imposé. Brigitte Boulianne, la directrice générale de l’administration et du soutien à la gouvernance, et Karine Candré, la responsable de la transformation numérique viendront en témoigner.

 

Pour des changements pérennes

En 2020, en matière de transformation numérique, la pression exercée sur les organisations publiques, reconnues pour leur désir de stabilité et leur conservatisme, a été plus intense que jamais auparavant. « … Dans le contexte de la COVID, on se rend compte que quelle que soit la situation, la transformation digitale est effectivement le seul levier d’action viable à court terme », écrit d’ailleurs sur son blogue Frédéric Cavazza, directeur général de SYSK (Something You Should Know), un cabinet conseil et formation qui accompagne les moyennes et grandes entreprises dans l'accélération de leur transformation numérique.

 

Bien sûr, la pandémie n’est pas la seule « force » qui pousse les organisations publiques à s’imprégner de l’univers numérique. Alors que le secteur privé avançait déjà rapidement dans la transformation numérique, le secteur public devait inévitablement le rattraper, comme le souligne aussi Deloitte dans l’article mentionné ci-haut. 

 

L’année 2020 a été consacrée à la mise en place de plusieurs initiatives répondant directement à la crise. En 2021, il est temps de sortir de l’urgence pour poursuivre le changement organisationnel vers la concrétisation de la véritable transformation numérique gouvernementale. Il n’y aura pas de retour en arrière. 

 

L’événement Initiatives numériques gouvernementales vise à présenter des projets numériques réalisés par des équipes gouvernementales (municipales, provinciales ou fédérales) et qui ont un impact direct et positif dans la vie des citoyens. Au cours de la journée, six projets concrets seront présentés. Les participants auront aussi l’opportunité de participer à une classe de maître sur la transformation numérique gouvernementale. La programmation complète sera dévoilée dans les prochaines semaines.


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Rédigé en tant que responsable de la programmation de l'événement Initiatives numériques gouvernementales de la Semaine numériQC.