vendredi 21 juin 2024

Revue de presse - Annonce du 11 juin 2024 de Québec numérique

Pour mémoire, voici la revue de presse de l'annonce de la fermeture imminente de Québec numérique faite le 11 juin 2024.

Heure

Média

Journaliste

Lien vers l’entrevue

00:00

Journal de Québec


Catherine Bouchard

https://www.journaldequebec.com/2024/06/11/quebec-numerique-une-enquete-administrative-pousse-a-la-fermeture

07:35

Radio-Canada

Première heure

Pierre-Alexandre Bolduc

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/premiere-heure/episodes/749033/rattrapage-mardi-11-juin-2024/15

08:24

Lien Multimédia

-

https://lienmultimedia.com/spip.php?article101378

(article en PDF)

08:42

MAJ 10:45

Radio-Canada


Marie-Ève Trudel

Marie Maude Pontbriand

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2079765/quebec42-numerique-fin-programme

09:30

MAJ 16:44

Le Soleil

Annie Lafrance

https://www.lesoleil.com/affaires/2024/06/11/quebec-numerique-met-fin-a-ses-activites-54PTPRS7T5DIDM47SYV7NJCEBU/

10:33

MAJ 15:18

Journal de Québec

Journal de Montréal

Catherine Bouchard

https://www.journaldequebec.com/2024/06/11/fin-de-quebec-numerique-une-annonce-qui-fait-fortement-reagir

10:33
MAJ 15:18

TVA Nouvelles (web)

Catherine Bouchard

https://www.tvanouvelles.ca/2024/06/11/fin-de-quebec-numerique-une-annonce-qui-fait-fortement-reagir

11:43

MAJ 11:46

Le Soleil

Chronique Midi moins quart

Éric Moreault

https://www.lesoleil.com/actualites/2024/06/11/midi-moins-quart-COHWXLI7HZE5NDW5QGHTIP4LGM/

12:46

Mon Saint-Roch

Thomas Verret

https://monsaintroch.com/2024/quebec-numerique-fermeture/

11:45

Radio-Canada

Vidéojournal

Alexane Drolet

https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10100455/cdpq-recommande-un-tramway-un-3e-lien-toujours-possible-fin-quebec-numerique (02:19)

14:00

FM93

Trudeau-Landry

https://www.fm93.com/audio/631131/quebec-numerique-devra-fermer-ses-porter-faute-de-financement

14:29

Noovo

Denis Langlois

https://www.noovo.info/nouvelle/cest-la-fin-pour-quebec-numerique.html

15:00

Radio-Canada

Téléjournal

Félix Morissette-Beaulieu

https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-quebec/site/episodes/922439/episode-du-11-juin-2024 (19:15)

15:18

TVA Nouvelles

Catherine Bouchard

https://www.tvanouvelles.ca/2024/06/11/fin-de-quebec-numerique-une-annonce-qui-fait-fortement-reagir

15:41

ICI Première

C’est encore mieux l’après-midi

Guillaume Dumas

(Jonathan Parent)

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/c-est-encore-mieux-l-apres-midi/episodes/749255/rattrapage-mardi-11-juin-2024/5

15:53

WKND 91,9

Les retours



17:17

Les rencontres de l’heure

Francis Gosselin

Mario Dumont

https://omny.fm/shows/les-rencontres-de-heure/il-y-a-anguille-sous-roche-a-que-bec-nume-rique-di

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News DayFR

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https://news.dayfr.com/local/3924411.html

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News DayFR

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https://news.dayfr.com/local/3923440.html

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Isarta

La Rédaction

https://isarta.com/infos/quebec-numerique-annonce-sa-fermeture-imminente/

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CTVM

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https://ctvm.info/fermeture-imminente-de-quebec-numerique-un-coup-dur-pour-lecosysteme-numerique/

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Grenier aux nouvelles

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https://www.grenier.qc.ca/actualites/42562/quebec-numerique-met-fin-a-ses-activites

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MSN

Le Bêta-Testeur

https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/opinion-le-qu%C3%A9bec-s-en-va-t-il-dans-le-mur/ar-BB1o1OBA

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TourismExpress

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https://tourismexpress.com/nouvelles/est-ce-la-fin-pour-la-semaine-numerique-et-le-waq

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Reddit

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https://www.reddit.com/r/villequebec/comments/1ddha1x/42_quebec_ferme_ses_portes

12 juin 2024

04:30

Lien Multimédia

-

https://lienmultimedia.com/spip.php?article101397

(article en PDF)

07:40

WKND 91.9

Dalair le matin

https://app2.cision.com/#/articles/150001899012188?accessToken=97ca4d76-8e48-4848-993c-075e82d882e6

08:15

BLVD 102.1

Rej against le matin

https://www.blvd.fm/reecouter/24773-rej-against-le-matin-fermeture-de-quebec-numerique-martine-rioux-presidente-sur-la-situation

(fichier mp3)

13 juin 2024

13:19

Le Devoir

Alain McKenna

https://www.ledevoir.com/economie/814797/ministere-emploi-laisse-tomber-quebec-numerique

-

Isarta

La Rédaction

https://isarta.com/infos/les-nouvelles-de-lindustrie-quebecoise-des-communications-15-21-2-36-2-81/

14 juin 2024

-

MonCarnet

Bruno Guglielminetti

Stéphane Ricoul

https://moncarnet.blog/2024/06/13/mon-carnet-du-14-juin-2024/ (01:14:05)


Extrait direct : https://moncarnet.blog/2024/06/20/clap-de-fin-pour-quebec-numerique/

17 juin 2024

-

Isarta

Kevin Deniau

https://isarta.com/infos/martine-rioux-quebec-numerique-chaque-jour-qui-passe-est-une-journee-en-moins-pour-trouver-une-solution/

18 juin 2024

-

Qub

Alexandre Moranville-Ouellet

Denis Martel

https://www.qub.ca/radio/balado/alexandre-moranville-ouellet?audio=1098982516

19 juin 2024

00:58

La Presse

Karim Benessaieh

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2024-06-19/quebec-numerique-fermera-sans-savoir-pourquoi.php

16:05

Qub radio

Francis Gosselin

https://www.qub.ca/radio/video/gosselin-entrevue-martine-rioux-2024-juin-19-1278172411?playlistCarouselSlug=/tout-voir/qub-radio-a-decouvrir-9000018449

20 juin 2024

12:29

Les Affaires

Dominic Gagnon

https://www.lesaffaires.com/opinions/apres-le-ferreira-cafe-maintenant-quebec-numerique/

mardi 11 juin 2024

FERMETURE IMMINENTE DE QUÉBEC NUMÉRIQUE | UN COUP DUR POUR L’ÉCOSYSTÈME NUMÉRIQUE ET 220 ÉTUDIANTS·E·S SUR LE CARREAU

 Québec, le 11 juin 2024 – Québec numérique annonce, avec une profonde consternation, la fin imminente de ses activités, mettant ainsi en péril le parcours des 220 étudiants·e·s en programmation informatique dans son campus 42 Québec. Cette décision, effective à partir du 31 juillet 2024, résulte d’une situation financière devenue insurmontable, malgré les efforts continuels et les nombreuses démarches entreprises afin d’obtenir le financement prévu de 500 000 $ attendu depuis septembre 2023 de la part du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS).Non seulement les 500 000 $ prévus à l’entente ne sont jamais venus, mais le 1 M $ supplémentaire à venir, nécessaire à la réalisation du projet de 42 Québec, dans le contexte, pourrait ne jamais arriver.

Au cours des 9 derniers mois, Québec numérique a subi une pression financière croissante due au retard dans le versement des fonds de la part du ministère. Ce financement destiné à soutenir le projet 42 Québec a été retenu en raison de questionnements administratifs non résolus.

Malgré de multiples appels à l’aide et des propositions de solutions dans une totale collaboration et transparence de la part de l’organisme, aucune issue n’a été trouvée, laissant l’organisation dans une position maintenant intenable. Plutôt que de s’asseoir et de trouver une lecture commune des fichiers transmis, le Ministère a claqué la porte en se réfugiant derrière une enquête.

Face à cette absence de soutien financier, Québec numérique a dû pallier le versement manquant en puisant dans ses propres ressources pour éviter tout bris de service auprès des étudiants de 42 Québec. Des coupes budgétaires drastiques ont aussi été effectuées et des personnes ont perdu leur emploi. La situation financière est devenue insoutenable pour l’ensemble de Québec numérique et ses projets.

Cette situation bouleverse profondément l’organisation, qui a toujours agi avec rigueur dans la gestion de ses fonds publics d’autant plus qu’elle est dûment auditée annuellement par des spécialistes en comptabilité et qu’elle a toujours répondu aux attentes de ses bailleurs de fonds publics jusqu’à maintenant, y compris de la Commission des partenaires du marché du travail qui relève directement du MESS. En aucun cas, les sommes provenant du public n’ont servi à autre chose que 42 Québec et sa mission de former une main-d’œuvre qualifiée dans un secteur d’activité névralgique.

« La position inexplicable du ministère a démobilisé plusieurs partenaires et a semé le doute sur l’initiative, limitant l’implication de nombreux autres collaborateurs potentiels et contribuant ainsi à la mort de ce projet innovant. Nous avons exploré toutes les avenues possibles et pris des décisions difficiles, croyant que cela donnerait le temps à notre cri du cœur d’être entendu, mais sans succès. Notre main tendue avec la plus grande transparence n’a malheureusement pas résonné auprès du gouvernement qui a fait le choix de l’opacité. Triste situation pour 42 Québec dans lequel la communauté numérique s’est engagée durant les cinq dernières années, effaçant du revers de la main un investissement collectif de plus de 8 M$ dans ce projet. C’est sans parler de Québec numérique, l’organisation et ses accomplissements des 15 dernières années comme la Semaine numériQC et le Web à Québec (WAQ), deux événements phares qui ont fait la renommée de Québec dans l’écosystème numérique. »

Joé Bussière,
Co-fondateur et membre du conseil d’administration de Québec numérique

Soulignant tout juste ses trois ans, 42 Québec aura eu la chance d’accueillir plus de 700 candidat·e·s et profite d’un taux d’insertion professionnelle frôlant les 100 % dès la fin de leur premier stage. Il a attiré plus d’une vingtaine de fidèles partenaires qui ont cru au projet. La Semaine numériQC et le Web à Québec, dont la 13ᵉ édition vient de se terminer, ont réuni, à eux deux, des dizaines de milliers de participant·e·s et des centaines de partenaires de diverses industries, générant plus de 3 M$ de retombées économiques significatives pour la Capitale-Nationale, uniquement dans la dernière année. Enfin, plus de 500 entreprises ont été soutenues par l’équipe-conseil de l’organisation à travers différents programmes de soutien, dont le parcours 100 % NumériQC, mis sur pied en collaboration avec la Ville de Québec.

Bien que la fermeture semble inévitable, tous nos efforts sont actuellement concentrés à minimiser les impacts négatifs sur les initiatives en cours et à la recherche d’alternatives permettant aux étudiant·e·s de poursuivre leur formation. Ces 220 étudiant·e·s, qui n’ont pas toujours trouvé leur voie dans le système scolaire traditionnel, se sont engagés dans une alternative porteuse d’espoir pour leur développement professionnel et méritent qu’on se mobilise pour eux.

Si tout a été tenté pour éviter la déchirante décision de cesser les activités de l’organisme, il demeure difficile, voire inimaginable, de dire adieu à ces projets porteurs. Les initiatives innovantes propulsées par Québec numérique et déployées avec le soutien indéfectible de la communauté ont créé, au fil des ans, des synergies précieuses pour le tissu socio-économique de la Capitale-Nationale et des collaborations fortes à travers la francophonie.

UNE RÉFLEXION PROFONDE S’IMPOSE

« Les dédales administratifs dans lesquels ont été plongés Québec numérique au cours des derniers mois soulèvent une réflexion essentielle sur la capacité du gouvernement à soutenir l’innovation au Québec avec des critères qui n’ont pas évolué, d’autant plus dans la Capitale-Nationale, qui ne semble plus faire partie de ses priorités. Il est impératif d’ouvrir une discussion publique sur les moyens de créer de meilleurs ponts entre les processus administratifs et l’innovation, surtout à une époque où nous devons miser plus que jamais sur l’innovation sociale pour répondre aux défis de notre société. »

Martine Rioux,
Présidente du conseil d’administration de Québec numérique

Québec numérique souhaite que cette situation incite à revoir les mécanismes de soutien aux initiatives d’impact avec des retombées tangibles, mais qui n’entrent souvent pas dans le moule administratif. Il est crucial de leur fournir un appui qui prend en considération leur réalité. La fragilité des OBNL est une préoccupation partagée qu’il ne faut pas oublier. Les retards ou diminutions soudaines de financement peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour des projets essentiels à la communauté. Cette expérience démontre que sans ouverture ni collaboration adéquate, leur viabilité est définitivement compromise.

Rappelons que depuis 2011, Québec numérique a pour mission de dynamiser l’écosystème numérique. Grâce à ses projets phares et aux rencontres qu’il a provoquées, l’organisme a travaillé à créer une communauté de professionnel·le·s passionné·e·s en devenant un catalyseur d’apprentissage et de collaboration. Québec numérique remercie chaleureusement toutes les personnes (employé·e·s, bénévoles, collaborateurs·trices·, etc.) et organisations partenaires qui ont soutenu ses initiatives de près ou de loin et espère que cet héritage de créativité, de partage et de rassemblement continuera à enrichir et à inspirer la communauté.

– 30 –

mardi 4 juin 2024

Pour un Cadre national de qualifications au Québec


Le Conseil supérieur de l’éducation du Québec (CSÉ) a récemment publié un rapport intitulé « Un cadre national de qualification pour reconnaître, comparer et soutenir le développement des compétences au Québec ». Un excellent résumé est disponible ici sur le site du Collimateur – Veille pédagonumérique de l'Université du Québec à Montréal.


Le document met de l’avant l’importance de développer une vision globale de la formation continue au Québec. Ainsi, les compétences acquises en dehors de la formation initiale pourraient être mieux reconnues. Cela représente certainement la voie pour enfin valoriser l’apprentissage tout au long de la vie. 


Actuellement, le système de formation est très fragmenté. Il existe une multitude de programmes et de formations offerts dans tous les secteurs, par différents acteurs. Plusieurs activités de formation continue ne sont pas reconnues de manière officielle par le secteur académique ou le ministère de l’Éducation. Elles ne donnent donc pas toujours d’avantages tangibles à ceux qui les complètent. 


Ainsi, le développement de nouvelles compétences est souvent perçu comme une activité individuelle et non pas comme une possibilité de contribuer à l’amélioration des milieux de travail. La reconnaissance de ces compétences est aléatoire d’un milieu à un autre et parfois, elle est tout simplement inexistante. Les personnes qui complètent des programmes non reconnus n’ont même pas accès à certains types d’emploi, notamment dans la fonction publique. 


Dans ce rapport, le CSÉ amène l’idée de structurer et d’organiser le système de formation des adultes afin d’obtenir une meilleure connaissance de tous les types de formation continue existant au Québec. Cela permettrait de classer et de comparer les formations, facilitant la compréhension de la réelle valeur de chacune. 


Cela permettrait de leur accorder une forme de certification (peu importe le nom qu’on donnera à cette reconnaissance) que les personnes pourraient ensuite utiliser pour témoigner des compétences acquises (et qui sortirait de la reconnaissance des acquis tel qu’elle est pour le moment vécue au Québec). Bien que le plafond de papier s’effrite, il est encore solide dans certains milieux et demeurera nécessaire d’en d’autres.


En ce moment, hors du système traditionnel de formation, point de salut, je l’ai déjà mentionné à quelques reprises. Ai-je besoin encore de mentionner la pertinence de formation dans le secteur du numérique comme 42 Québec? Je pourrai même ajouter d'autres exemples comme l’incubateur numérique de CyberCap, le Wagon et Lighthouse Labs. Ces initiatives (gratuites ou payantes) démontrent que les parcours alternatifs peuvent non seulement exister, mais également donner des résultats positifs. 


Toutes ont en commun qu’elles ne donnent pas de diplôme officiel du ministère de l’Éducation, mais qu’elles ont une valeur reconnue par certains employeurs (mais pas tous) du domaine numérique. Toutes les personnes qui suivent ces formations mériteraient de faire reconnaître leurs compétences acquises au terme de celles-ci afin de faciliter leur insertion au marché du travail. Par exemple, en France, les finissants de 42 ont droit à une certification professionnelle reconnue (RCNP 36137 ou RCNP 36135). Les Québécois suivant la même formation n’ont droit à rien.


La mise en place d’un Cadre national de qualifications devient non seulement nécessaire, mais urgente pour faire face aux défis actuels de l’éducation et du marché du travail. Cela représenterait un premier pas, une ouverture (enfin!) vers l’acceptation de la diversité des parcours de formation et surtout de la diversité des apprenants. Actuellement, les personnes qui ne répondent pas aux attentes du système sont tout simplement mises de côté. Comme société, avons-nous le luxe de nous priver du potentiel de ces personnes? Un gouvernement peut-il encore dicter LA façon d’apprendre, LE chemin à suivre? 


De plus, même avec un premier diplôme officiel en poche, les personnes qui poursuivent des activités de formation continue ne voient pas toujours celles-ci reconnues lorsqu’elles sont réalisées en dehors du cadre académique traditionnel. Le système éducatif québécois n’a plus le monopole de la formation depuis longtemps, mais le gouvernement refuse toujours d’admettre que d’autres types de formation fonctionnent et permettent aux personnes qui les suivent de progresser dans le développement de leurs compétences.


Cela a déjà été mentionné sur la place publique à de nombreuses reprises. Pourtant, le gouvernement du Québec tarde toujours à ouvrir la porte à la reconnaissance des formations alternatives, alors même qu’elles répondent aux besoins actuels du marché du travail en accélérant le perfectionnement, la requalification, la mise à niveau des travailleurs; alors même qu’elles permettent une inclusion plus large des individus au marché du travail.


En adoptant un cadre national de qualifications, nous pourrions non seulement améliorer la transparence et la compréhension des formations offertes aux adultes, mais aussi favoriser une plus grande mobilité des travailleurs et des apprenants adultes. Cela permettrait à tous de naviguer plus aisément entre les différentes offres de formation, rendant la formation continue et la reconversion professionnelle plus accessibles et certainement plus attrayantes, puisqu’elle serait reconnue à sa juste valeur.


Le CSÉ propose de créer une nouvelle entité, avec une gouvernance multipartite, pour piloter le développement et la pérennité du cadre, de même que pour « intensifier la reconnaissance des acquis et des compétences à tous les niveaux ». Personnellement, je suis d’avis que l’expertise existe déjà au sein de la Commission des partenaires du marché de travail (CPMT) et de ses comités sectoriels de main-d’oeuvre (CSMO). La CPMT regroupe déjà des acteurs des secteurs académiques et de l’emploi, elle a déjà élaboré un cadre des compétences du futur, ses comités sectoriels offrent déjà de la formation continue ou sont au fait des besoins et de l’offre dans leur domaine d’activité. Cependant, il faudra que les membres de la CPMT accepte de faire table rase sur la tradition, qu’ils acceptent que l’innovation est devenue incontournable.


Il est temps que le Québec rejoigne les rangs des 150 pays qui ont déjà adopté ou sont en train de développer un cadre de qualifications. Nous devons cesser de discourir sur le sujet et se mettre en action pour valoriser véritablement les compétences et les acquis de chacun, peu importe le chemin emprunté pour les obtenir. En tant que société moderne qui désire faire face aux enjeux actuels, nous devons reconnaître toutes les voies d’apprentissage.


Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur sont les destinataires de l’avis publié par le Conseil supérieur de l’éducation. Entendront-ils le message? Je l’espère. J'espère surtout que l’apprentissage tout au long de la vie sera bientôt véritablement valorisé dans notre province. 


==


L'avis propose sept recommandations qui s’inscrivent sous trois grandes orientations: 
  1. Doter le Québec d’un outil structurant pour favoriser la comparaison et la lisibilité des qualifications.
  1. Mettre en place les conditions assurant l’adhésion, la validité, la pérennité et l’efficience du cadre national de qualification.
  1. Intensifier et élargir le déploiement de la reconnaissance des acquis et des compétences à tous les niveaux


Image : Générée sur Ideogram.ia

lundi 22 avril 2024

Les pratiques du passé...



La semaine dernière, j'ai écrit un éditorial à propos de l’incontournable présence du numérique en éducation et des amalgames concernant leur place des écrans dans la vie des jeunes, avec mes collègues et amies de l'École branchée, Stéphanie et Audrey. Certaines personnes m'ont fait remarquer que j'aurais plutôt dû parler des pratiques pédagogiques archaïques qui ont encore cours dans nos écoles. Ce commentaire est arrivé juste à point.


Justement, des pratiques dépassées se pointent dans ma vie par le biais de ma fille qui est étudiante dans un cégep de la rive-sud de Québec. Eh oui, encore moi avec mes péripéties en lien avec les études collégiales de ma progéniture. À entendre les paroles de certains enseignants qu’elle et ses amies me rapportent, je me demande bien dans quel siècle ceux-ci vivent.


Je ne comprends pas comment on peut se prétendre enseignant ou professeur en 2024 et entretenir des pratiques du passé, comme si le monde n’avait pas changé au cours des dernières décennies. Je ne comprends pas comment il est possible d’ignorer les pratiques efficaces, la différenciation pédagogique, la rétroaction constructive, en 2024. Je ne comprends pas pourquoi les directions des établissements d’enseignement permettent des pratiques aussi disparates d’un enseignant à l’autre. 


Est-ce moi où cela ne devrait pas être accepté qu’en 2024, on retrouve des enseignants qui disent des choses comme « Au moins la moitié d'entre vous ne passeront pas mon cours », « Vous n'auriez pas dû passer le cours précédent », « Il y a toujours un tamis qui doit se faire, mais certains professeurs vous la rendent trop facile », « Vous êtes jeunes et vous avez le temps de reprendre un cours deux ou trois fois pour parfaire vos connaissances ».


Est-ce moi où cela ne devrait pas être toléré qu’en 2024, on retrouve des enseignants qui dictent littéralement à des étudiants la façon dont ils doivent se comporter (et de façon peu élégante) : « Si vous ne mentionnez pas ceci dans votre texte, je vais vous couler », « Si vous oubliez de mentionner cela, je vais vous couler ». Aucune créativité, aucune liberté de pensée, au nom de rigueur intellectuel, tous doivent adopter le même moule.


Je croyais bien naïvement que ce type de commentaires qui frôle l'intimidation n’avait plus sa place dans les écoles en 2024. Il me semble qu'à l'heure de l'inclusion où on appelle à former plus de diplômés au nom de la réussite éducative, ce type de pratique devrait être complètement évacué. Où sont passées la bienveillance et la résilience dont on parle tant dans cette ère post-pandémique?


Accompagner les étudiants dans la découverte des subtilités du langage? Oui.

Ouvrir leurs horizons face à l’univers des possibles? Tout à fait.

Permettre le dialogue, l’écoute active, la collaboration et la rétroaction? Encore plus.

Favoriser la persévérance, stimuler la motivation? Toujours.


Les professeurs qui osent encore aujourd'hui faire ce genre de commentaires désobligeants, élitistes, snobinards, devraient se faire rabrouer. Ceux qui disent « dans mon temps, j’ai bûché alors, vous allez bûcher », à ceux qui disent « moi alors vous »…. Quelle étroitesse d'esprit! 


Le milieu scolaire devrait être un milieu de progrès et non d’immobilisme. Imaginez-vous qu'il y a encore des professeurs qui n'ont même pas de PowerPoint à afficher à l'écran « parce que vous n'aurez pas le choix d'écouter et de prendre des notes si vous voulez passer mon cours sinon tant pis pour vous ».


Aucune possibilité de revoir des notes pour se rafraîchir la mémoire. Aucune diversification dans les apprentissages pour ceux qui seraient plus visuels. Sans l'écoute et la mémorisation par cœur, tu couleras! C'est normal que certains jeunes vivent des échecs, mais pouvons-nous au moins leur donner des conditions favorables et des conditions gagnantes pour qu'ils cheminent vers la réussite?


Et pire encore, au moment où je termine la rédaction de ce billet, un ami me rapporte qu’une membre du personnel du cégep en question a demandé à quelques étudiants de ne plus se présenter à son cours, à quatre semaines de la fin de la session, parce qu’« elle ne souhaite plus leur enseigner ». Elle leur a clairement indiqué que s’ils se présentent aux prochains examens, elle leur attribuera automatiquement un échec. Ces jeunes ne sont pourtant pas en situation d’échec en ce moment. Depuis quand les enseignants peuvent faire de l'enseignement sélectif et prédire le succès ou l'échec d'un jeune? S'ils vont se plaindre à la direction, que pourra-t-elle véritablement faire? Aura-t-elle la volonté de faire quelque chose?


Je dois dire que ce type de pratique me laisse pour le moins perplexe, en colère même. Le fait qu’elle persiste encore dans nos écoles en 2024, c’est vraiment le signe que le système scolaire est dû pour un bon électrochoc. Après, on se demande pourquoi les jeunes sont de plus en plus anxieux et décrochent. Ce type de pratique n’est pas du tout en phase avec le monde dans lequel ils veulent vivre et se développer.


Décidément, je suis une mère au front pour un meilleur système d’éducation! 

samedi 13 avril 2024

L'éducation du futur


Quelle discussion pertinente et nécessaire avec Mélanie Labbé, de Cofomo Québec et de Mon Avenir TI, et Sophie Viger, de 42 The Network, dans le cadre de la Semaine numériQC. J'y prenais part en tant que rédactrice en chef des médias de L'École branchée.

De plus en plus de jeunes Québécois quittent le système scolaire traditionnel sans diplôme. L’arrivée de l’intelligence artificielle générative fait peur dans bien des milieux scolaires; les enseignants reviennent au papier et au crayon. Avec la révolution numérique en cours, les jeunes doivent pouvoir développer les compétences nécessaires pour intégrer le marché du travail de demain.

Or, nos écoles ne se transforment pas assez rapidement pour accrocher, motiver et engager les jeunes. Il devient de plus en plus urgent d’adopter de nouvelles pratiques d’enseignement et surtout de nouveaux modes d’évaluation. Au niveau primaire et secondaire, des parcours alternatifs ont vu le jour au fil des années. Au collégial et à l’université, les changements sont plus lents, des programmes sont dépassés et n’arrivent pas à se mettre à jour assez rapidement pour suivre l’évolution des changements technologiques.

Des modèles proposant des pédagogies innovantes existent (allô 42 Québec et le 42 The Network et CyberCap). Ils deviennent des alternatives intéressantes pour ceux qui ont le potentiel, mais ne se retrouvent pas dans le système scolaire traditionnel. Par contre, nous devons aussi pouvoir reconnaître les compétences acquises dans le cadre de ces formations hors normes. Les badges numériques ou d’autres formes d’attestation représentent-ils des avenues intéressantes?

Une chose est sûre, nous devons nous mettre en action pour offrir une diversité de parcours de formation aux jeunes, pour leur permettre de développer des compétences comme la créativité, le jugement critique, la collaboration et la résolution de problème. Nous devons aussi nous mettre en action pour reconnaître les apprentissages fait tout au long de la vie, de manière autodidacte. Les entreprises adapteront-elles leurs critères d’embauche dans un contexte où la pénurie de main-d'œuvre persistent? Elles ne peuvent se passer d’aucun talent disponible.

En résumé, je reprends les mots de Mathieu Naud, directeur de Noschool : « Réussir à faire "apprendre à apprendre" pour les jeunes d’aujourd’hui est devenu essentiel! Pourquoi? Le monde a déjà changé! Notre éducation basée sur la précédente révolution industrielle ne prend pas en compte la nouvelle révolution... numérique, celle-là »!